( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE D’EBLANGE (57)

Résumé de l’histoire de 

EBLANGE entre
la NIED et le BOVENBERG 

           

            Eblange est cité pour la première fois au VIIIe siècle sous la forme Obelunga, c’était lors de la donation formant les biens fonds initiaux de l’abbaye de Mettlach. Ce nom s’écrira par la suite Oblanga et Oblingen ce qui le fera confondre avec Hobling. Il dériverait comme tous les noms en -ing d’un nom d’homme germanique pouvant s’être appelé Oppilo. En 1950, la commune a choisi un blason associant la crosse abbatiale de Mettlach et l’agneau et les fleurs de lys rappelant le patron du village St Vendelin.

            Le village d’Eblange comme dit plus haut fit partie du domaine temporel de l’abbaye de Mettlach depuis la création de celle-ci dans le cadre du domaine de Valmunster comme cela apparaît sur un reliquaire datant de 1230 montrant l’offrande de Walamunst et de Obelingen. Le domaine de Valmunster était formé aussi de Holling, de Rémelfang et de Velving et le tout était un fief lorrain de la châtellenie de Boulay. L’ensemble permettait d’installer environ 45 familles de paysans ayant chacune une douzaine d’hectares. La propriété foncière restera à l’abbaye jusqu’à
la Révolution.

            Les comtes de Sarrebruck par leurs branches de Commercy puis de Nassau inféodèrent la haute justice. Un des comtes ayant eu un fils illégitime, celui-ci réclama une part d’héritage à la mort de son père et obtint des compensations dont Eblange, Holling et Rémelfang, sa fille épousa un Paviot qui fut anobli par le duc de Lorraine. Sa descendance garda le fief de haute justice jusqu’à
la Révolution et  passa par mariage par les familles de Lignéville et de Landreville.

            La population d’Eblange est très difficile à estimer avant
la Révolution nous avons deux éléments, lors d’un remembrement de 1683, on sait qu’il y avait 27 propriétaires soit environ 120 habitants et en 1789, le cahier de doléances nous apprend qu’il y avait 28 chefs de famille, donc une population sensiblement équivalente. En 1802, le premier vrai recensement révèle une population de 202 habitants puis celle-ci s’érodera inexorablement jusqu’en 1975 pour remonter la pente avec la création de plusieurs lotissements.

            Faisant partie du domaine de Valmunster où l’abbaye de Mettlach déléguait un de ses religieux pour remplir le rôle de curé, Eblange en était une annexe de la paroisse de Valmunster et n’eut de cesse de prouver que l’église mère était lointaine, que les chemins étaient mauvais, qu’Eblange avait été avant la guerre de Trente Ans une paroisse enfin qu’Eblange voulait  devenir paroisse et un long combat s’engagea avec l’abbaye de Mettlach qui voyait d’un mauvais œil la nécessité de partager les revenus ; finalement la communauté obtint gain de cause en 1751 et l’évêque nomma Jean Baptiste BECKER, ci devant vicaire résidant à Holling et originaire de Boulay comme premier curé. Les religieux firent appel de la décision auprès de l’archevêque de Trèves mais les habitants portèrent l’affaire au Saint Siège et ce n’est qu’en 1760 que le nouveau curé pu exercer sereinement son ministère.

            L’histoire de l’église est également intéressante. Il existait déjà une chapelle à Eblange en 1498 et une nouvelle église fut sans doute construite après mais en 1868, l’église était en très mauvais état et on décida de la reconstruire et pour se doter des moyens nécessaires la commune défrichât un bois de 3 hectares et loua le terrain pour l’exploitation agricole. En 1873, l’entreprise Maillard de Bockange enleva l’adjudication  et construisit la nouvelle église ; malheureusement aucun architecte n’avait tenu compte du sous-sol particulier (gypse) sur lequel l’édifice était érigé : dés 1906, les fissures commençaient à inquiéter et des travaux importants durent être faits en 1909 et 1910. Tout le monde à Eblange se souvient qu’en 1984 le dilemme se reposa au point de savoir si on rasait l’église ou si on la réparait ; finalement on opta pour une confortation-restauration qui comprenait la suppression du chœur et l’établissement de douze micro-pieux en béton allant jusqu’à 23 mètres de profondeur le tout solidarisé par les longrines et un radier de béton. Cela a permis de sauver l’église et de voir l’avenir sans trop de crainte.

 

Buchingen :

Ce hameau situé à la sortie d’Eblange en allant vers Bettange à gauche après le croisement d’Ottonville faisait en fait partie de la paroisse d’Ottonville. Cette localité fut complètement détruite pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648). En 1692, il était dit qu’il y restait une masure avec une grange. Actuellement le site de Buchingen est à nouveau occupé par des habitations et lors de ces constructions on a trouvé des traces de fondations anciennes.

 


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 FREISTROFF a édité un fascicule sur l’histoire de la commune d’Eblange de 78 pages A4. Prix de cession 18 € + frais d’envoi 5,40 €. Paiement par chèque libellé à l’ordre de
la SHAN.
 

 

 

 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE SCHWERDORFF (57)

Résumé de l’histoire de

SCHWERDORFF, Otzviller, Cottendorff, Grafloch et Bourg-Esch 

Village du bout de la France avec ses deux châteaux et ses quatre annexes. 

            Le village est cité pour la première fois en 956 sous le nom de Sveredorf qui pour H. Hiegel dériverait du nom d’un homme d’origine germanique avec le suffixe –dorf. Les armoiries communales modernes sont celles de la famille d’Esch.

            Une voie romaine secondaire quittait la voie reliant Metz à Trèves à la hauteur de Riciacum (Ritzing ?) et rejoignait Filstroff en passant prés de Schwerdorff. Cette voie desservait une série de forts défendant les frontières de l’Empire Romain, ligne Maginot avant l’heure. Des restes de ces forts ont été identifiés sur le ban ainsi que deux villas gallo-romaines.

            La seigneurie de Schwerdorff faisait partie du temporel de l’évêché de Metz jusqu’en 1609 pour passer ensuite sous l’autorité du duc de Lorraine. Successivement le fief passe à différentes familles : Cronenberg jusqu’en 1621, de Haen jusqu’en 1776 et enfin le marquis de Dampont, qui sera guillotiné avec son épouse en 1794 ; il dira en montant à l’échafaud qu’il ne regrettait la vie que pour le bien qui ne leur était plus donné de faire.

            La paroisse était constituée en plus de la commune actuelle des localités sarroises de Fürweiler, Oberesch, Mittelesch et Gerlfangen.

            De 1865 à 1886, le grand chantier fut la reconstruction de l’église tout en continuant à l’utiliser ; une première tranche de travaux s’attaque au chœur et au transept puis par la suite on réalisa la nef et le clocher. Elle est particulière à cause des boiseries qui couvrent l’ensemble de la nef et du chœur avec les épitaphes des seigneurs de Haen. L’église a aussi la particularité d’avoir une crypte qui s’ouvre sur la cour du presbytère. La paroisse qui fut le berceau de nombreux prêtres et religieuses ne présente pas moins de seize calvaires en différents endroits du ban.

            Le traité de Vienne en 1815 ampute Schwerdorff de ses annexes qui deviennent prussiennes jusqu’en 1829. En 1708, il y avait 72 habitants et on atteignit un maximum en 1836  avec prés de 800 habitants alors qu’en 1982, il n’en restait que 350. Le château de Schwerdorff vendu à la Révolution devint d’abord le presbytère  puis l’école.

            Le château de Bourg Esch  est occupé dés le XIe siècle par la famille éponyme. Il passe ensuite par mariage à la famille de Kerpen puis aux Cronenberg, revient alors à la famille de Kerpen. En 1616, Charles de Berncastel achète le château qui sera revendu en 1671 aux de Haen qui la transmettront par héritage aux de Villers en 1755. Ce château a la particularité d’avoir hébergé en 1705 pendant la guerre de succession d’Espagne le duc de Malborough à la tête des troupes anglaises et héros de la chansonnette Malbrouck s’en va en guerre. La tradition dit aussi que c’est aux environs du château de Bourg-Esch qu’une troupe royaliste attendait Louis XVI lorsqu’il fut intercepté à Varennes. L’aspect actuel des bâtiments date de 1775 et 1778, en forme de U couvert de toits à la Mansart, ils ont trois niveaux. Il y a dans ce château une chapelle castrale dont toutes les parois sont peintes.

La vie de la paroisse de Schwerdorff ne fut pas un long fleuve tranquille du fait de ses annexes qui étaient parfois de l’autre coté de la frontière. Dés 1882, le village d’Oberesch est rattaché au diocèse de Trèves mais les habitants qui ont une tombe familiale à Schwerdorff continuent à y faire enterrer leurs morts jusqu’à ce que le conseil municipal interdise cette pratique en 1883. Fürweiler restera rattaché à Schwerdorff même après 1918 pour des raisons pratiques mais en 1910, le curé Nicolay avait entrepris de prononcer les textes latins à l’allemande alors qu’à la chorale, ceux de Fürweiler prononcent les U en OU et ceux de Schwerdorff persistent à prononcer U ce qui provoque des cris au café après la messe disant Maintenant vous êtes tout à fait prussiens, vous devez chanter comme nous le voulons, nous avons vaincu. C’est en 1920 que Fürweiller sera rattaché à la paroisse de Grosshemmersdorf. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied a publié un fascicule de 74 pages A4 sur l’histoire de Schwerdorff et de ses annexes. Prix de cession 18 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE BRETTNACH (57)

Résumé de l’histoire de 

BRETTNACH LA GALLO-ROMAINE 

HISTOIRE DE BRETTNACH (57) dans Monographies communales Brettnach-Rue-de-la-Fontaine-Maison-de-la-Dîme-2007-300x199
La maison de la dîme

            Bien avant qu’en 971, on écrive le nom de Bretenaco, le site avait eu une longue vie dont les traces ont été mises à jour par plusieurs trouvailles gallo-romaines. Il semble bien qu’à cette période il y avait une grande villa principale avec plusieurs exploitations agricoles et artisanales. Mais avant encore, le lieu fut occupé comme le prouve la hachette de pierre grise datée du néolithique (-5 à 10.000 avant J.C.) et les tumuli celtiques trouvés vers Velving.

Il est possible que cette implantation gallo-romaine ait donnée le nom de la localité, un propriétaire de la villa pouvant s’être nommé Britus ou Britonius.

            La période historique nous montre que Brettnach appartenant avant le Xe siècle à la maison de Lorraine puis partagé entre les deux branches d’Ardenne et d’Alsace qui cédèrent leurs droits respectivement à l’abbaye de Mouzon dans les Ardennes pour un tiers et à l’abbaye de Bouzonville pour les deux autres tiers. Cela se traduit dans les armoiries communales modernes qui se composent des croix de Bouzonville et des roses du prieuré de Rozerieulles. L’abbaye de Mouzon, éloignée, céda ses droits à son prieuré de Rozerieulles puis en 1703 au séminaire Ste Anne de Metz. Cette propriété exclusivement ecclésiastique a dispensé Brettnach d’avoir des seigneurs laïcs mais les religieux durent avoir recours aux services de seigneurs voués. La vouerie de l’abbaye de Bouzonville restait entre les mains du duc de Lorraine qui concéda ce droit au seigneur de Dalem.  Cette fonction était remplie pour le prieuré de Rozerieulles par le seigneur de Siersberg. La haute justice avait été déléguée par le duc de Lorraine aux seigneurs de Bérus. Si l’on excepte les deux maisons religieuses déjà citées, on trouve parmi les propriétaires extérieurs les chartreux de Rettel, les sœurs de Téterchen.

            La paroisse de Brettnach était unie à l’abbaye de Bouzonville dés 1210 mais en 1610, on parlait d’une petite maison qui avait été la maison curiale ce qui laisse supposer que la paroisse avait été supprimée et la communauté était rattachée à Vaudreching et ce ne fut qu’en 1751 que Brettnach retrouva son statut de paroisse indépendante. Une nouvelle église dédiée à St Pancrace comme la précédente fut érigée en 1779 pour être agrandie en 1828. Elle renferme de grandes orgues, installées par Dalstein-Haerpfer en 1874, avec un buffet néo-gothique.

            La communauté de Brettnach vécut difficilement la guerre de Trente Ans. Il y eut d’abord un combat en 1635 entre les Français et les Autrichiens entre Tromborn, Brettnach et Téterchen. Mais cela n’était qu’un épisode puisque on sait qu’en 1642, il restait 2 journaliers à Brettnach en octobre et un seul en décembre.

            La population de Brettnach était de 14 foyers en 1557 soit environ 90 habitants, en 1708 le curé déclarait 147 âmes dont 11 laboureurs. Après la révolution les recensements révèlent un maximum de 545 habitants en 1851 et un minimum de 353 en 1975.

            Dans les activités de Brettnach, à part l’agriculture, on peut noter  l’extraction du fer  dés 1756 et jusqu’en 1876 ; il y avait aussi des mines de plâtre. Citons aussi des activités textiles liées à la culture du chanvre et du lin mais, si en 1900 il restait 14 métiers à tisser, la plupart étaient en chômage. Une spécialité de Brettnach était les rouliers. Les attelages à chevaux partaient vers la Sarre, conduisaient le charbon vers Nancy et Metz et poussaient parfois les livraisons jusqu’à Strasbourg.

            Avant d’en terminer, rappelons pour l’histoire que la commune de Brettnach  fusionna avec celle de Bouzonville de 1974 à 1982.

UNE EPIDEMIE 

            L’annuaire de la Moselle pour l’an XII (1803-1804) nous rappelle qu’à l’époque la population comptait 348 habitants pour 78 maisons. Les épidémies étaient prises en charge par la République et cette année là, le citoyen Marchand fils fut envoyé à Brettnach pour une épidémie de fièvre catarrhale nerveuse et vermineuse qui avait déjà faire mourir 25 personnes. Suite à cette intervention du corps de santé, seuls 4 des 60 malades moururent.   

               
La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (S.H.A.N.)  a réalisé un fascicule de 93 pages sur l’histoire de Brettnach (Prix de cession 18 € + 5,4€ de frais d’envoi) . 

Commande avec chèque libellé à l’ordre de la SHAN : Château St Sixte 57320-FREISTROFF 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE HINCKANGE-BRECKLANGE (57)

Résumé de l’histoire de   HINCKANGE – BRECKLANGE 

            Cette commune comprend trois entités avec le château de Pétrange et la Nied et sa prairie humide a toujours séparée Brecklange de Hinckange.

            Hinkingamvillam, premier nom connu de Hinckange, a été relevé en 787 par Dom Calmet mais Hinkange apparaît dès 1281 et une signification possible serait le domaine d’un homme germanique appelé Hingo.

            Hinckange a été depuis la nuit des temps une possession ecclésiastique aux mains de l’abbaye de St Avold  sans problème jusqu’au XIVe siècle. Lorsque cette abbaye acheta le domaine de Furst à Valmont, elle engagea sa propriété d’Hinckange aux cisterciens de Villers-Bettnach qui, en 1594, obtinrent un jugement de propriété parce que St Avold n’avait pas remboursé  son prêt. En 1609, Villers-Bettnach engagea Hinckange à un chanoine messin contre un prêt. Le chanoine s’empressa de revendre le village à St Avold qui refusa par la suite de la rendre. Par la suite plusieurs seigneurs y avaient des droits : la prévôté au seigneur de Volmerange, à l’abbé de Longeville lès St Avold pour certaines justices et au duc de Lorraine puis au roi de France pour le droit de sauvegarde. Hinckange n’a jamais eu de seigneur laïc et les propriétaires du château de Pétrange n’ont jamais interféré dans la vie du village.

            La paroisse fut donnée à l’abbaye de St Avold dés 1332 pour permettre à cette abbaye de se reconstituer après des guerres incessantes qui l’avaient mises à mal. Mais la aussi la situation n’était pas simple et les dîmes étaient très partagées. L’église consacrée à Ste Lucie fut reconstruite en 1777 et 1778. Elle possède plusieurs biens intéressants : d’abord l’orgue classé dont le buffet a été récupéré à l’abbaye de Gorze et pour lequel on dut percer le plafond lors de l’installation. On a découvert aussi assez récemment des fresques sur les parties hautes de la nef et du chœur. Grâce au curé LOUIS qui était un peu ébéniste, l’église fut dotée de sculptures pour le maître autel et les statues en bois de St Louis, St Pierre, St Paul, Ste Lucie et St Clément et le Graouly. La commune d’Hinckange peut aussi s’enorgueillir d’avoir une croix du choléra élevée dans un petit oratoire qui la protège.

            La municipalité, au XIXe siècle, se préoccupa beaucoup de trouver des financements pour ses dépenses et entama une lutte stérile avec le préfet pour lui démontrer qu’une forêt était plus rentable en l’exploitant tous les 20 ans que tous les 25. Elle dut finalement céder et faire un emprunt pour construire son école. Sans rancune, lorsqu’elle dut donner un nom à ses rues, elle appela la rue qui longe la rivière Patural, le quai Mahler du nom du préfet d’alors.

            Brecklange a toujours été indépendante d’Hinckange jusqu’en 1812, date de son rattachement à Hinckange par un décret impérial signé par Napoléon à Smolensk en Russie. La première citation de Brecklange date de 874 sous le nom de Brancelingen. Contrairement à Hinckange, il y avait à Brecklange un seigneur habitant son château (actuelle maison Clément). Les seigneurs de Brecklange furent d’abord les d’Ozanne puis les de Blair.

Le duc de Lorraine était souverain à Brecklange, les bénédictins de Longeville y avaient les dîmes mais se plaignaient de ne pas percevoir suffisamment de revenus de ce village pour subvenir aux besoins d’entretien de la paroisse qui leur incombaient.

            Brecklange a toujours été une paroisse indépendante mais où faute de revenu il n’y eut souvent pas de curé ; Boulay, Volmerange  et Guinkirchen assurèrent fréquemment le service. L’actuelle chapelle était donc officiellement une église dédiée à St Laurent. Une autre chapelle rurale consacrée aux saints thaumaturges Benoît et Mesmin était un lieu de pèlerinage qui était connu jusque dans les Vosges du Sud.

            Le ban de Brecklange a une forme particulière puisqu’il touche celui de Macker par une bande séparant donc Boulay de Volmerange et le calvaire qui se trouve au bord de la route de Metz après la zone artisanale de Boulay se trouve sur le ban de Brecklange.

UN MAIRE INTRAITABLE 

            La construction de la nouvelle école d’Hinckange fut un véritable feuilleton. La municipalité commença par entreprendre le Préfet pour le convaincre qu’une forêt exploitée tous les 20 ans serait plus rentable que lors d’une exploitation tous les 25 ans. Elle voulait exploiter plusieurs coupes en une année pour créer le budget nécessaire aux travaux dont faisait partie la nouvelle école. Le Préfet et les Eaux et Forêts étant restés sur leurs positions, il fallut recourir à l’emprunt. Le maire était Jean Pierre CLÉMENT. Le Conseil Municipal adjugea les travaux de l’école à l’entreprise Pallez de Retonfey en 1861. La construction avança bon train puisque tout était presque terminé le 3 novembre de la même année, mais la maçonnerie avait été réalisée en dépit des règles de l’art, les chevrons de la charpente n’étaient pas de la bonne dimension, les menuiseries n’étaient pas conformes aux devis, la couverture était faite avec des tuiles « gélleuses, remplies de crevasses et d’éclats cassés » et de plus l’école n’était pas prête pour la rentrée. Pallez se renseigna pour connaître les moyens de gagner le maire à sa cause et il lui fut répondu que le meilleur moyen de le gagner c’est d’exécuter convenablement les travaux …. Les travaux furent achevés par l’entreprise Bourguignon de Chevillon. CLÉMENT Jean Pierre fut maire pendant plus d’une décade et il fit don à la municipalité de deux jardins.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  Château St Sixte  57320 Freistroff a publié un fascicule de plus de 100 pages sur l’histoire de la commune avec une recherche particulière sur Pétrange (prix 20€ + 6,90 € de frais d’envoi). Chèque libellé au nom de la SHAN. 

( 3 juin, 2009 )

Histoire de GUINKIRCHEN

Calvaire Burtin

 Calvaire Burtin déplacé et entièrement rénové par la municipalité en 2011

Résumé de l’Histoire de GUINKIRCHEN  et FLASGARTEN         

                       

Le village de Guinkirchen a été une possession partagée entre les bénédictins de Longeville lès Saint Avold et la châtellenie de Boulay ce qui se retrouve dans les armoiries communales composées d’une église avec un alérion lorrain et deux glands pour St Martin de Glandières. Le nom de Guinkirchen apparaît en 1148 sous la forme de Genkiriche ou Gankirche. Hiegel H. y voit un nom germanique qui pourrait être Ganna avec le suffixe kirche mais pour d’autres l’origine serait romaine dérivant du quinque cursus, cinquième étape d’une route Milan-Trèves entre Wiebelskirchen  (Varize) et Menskirch.

Pour étayer l’ancienneté de la création de la localité, on citera les trouvailles d’un autel romain et de pièces de monnaies de cette époque trouvées en 1888 mais introuvables depuis. Progressivement, à partir de 1199, les bénédictins de Longeville s’implantèrent à Guinkirchen puis au XIVe siècle,  les seigneurs de Boulay augmentèrent leur emprise sur le ban. Guinkirchen par la suite passa souvent entre diverses mains  lors d’engagement pour garantir des dettes ou des emprunts. Elle devint lorraine lors du rachat de Boulay. Le pied terrier de Boulay rappelle que le duc de Lorraine était le seigneur foncier pour les deux tiers et possédait en propre deux gagnages et deux breuils. Au XVIIe siècle, Guinkirchen redevint une garantie lors des difficultés financières du duc de Lorraine, puis de sa sœur Henriette qui finit par vendre avec possibilité de rachat les villages de Guinkirchen, Helstroff et Macker aux Schwarzenberg, seigneurs de Varize. La propriété de Guinkirchen resta alors liée à la seigneurie de Varize jusqu’à la Révolution.

La paroisse était déjà citée en 1199, dépendant pour le patronage du chapitre de Dieulouard et suite à un échange, elle passa au temporel de l’abbaye St Martin de Glandières. L’église était dédiée à St Maurice et la paroisse se composait de Mégange, Rurange, Flasgarten, Roupeldange et Bengen. L’abbé de St Martin percevait l’ensemble des dîmes mais en reversait un tiers au curé. Roupeldange obtiendra son autonomie au XVIIIe siècle après une longue procédure. Parmi les curés notons Jean Louis Dannecker qui exerça une grande influence sur le village à la veille de la Révolution puisqu’il réunissait au presbytère l’assemblée communale et qu’on lui en attribua même la présidence ; il était pour la révolution sociale mais refusa de prononcer le serment « diabolique » de fidélité à la Constitution. En 1792, des habitants des environs vinrent le chasser alors qu’il terminait sa messe, proposant même de le pendre ; effrayé, il émigra aussitôt.

Guinkirchen a probablement eu une église gothique dont il reste une porte murée à la base de la tour vers l’église. L’église actuelle a été construite en 1779. Le clocher daterait du XIe siècle et il a été rehaussé  en 1847. L’église bénéficia d’un premier orgue Sauvage au milieu du XIXe et un nouvel orgue Dalstein-Haerpfer fut installé en 1906. Le village de Guinkirchen a la particularité d’être orné de nombreux calvaires dont deux, en plus de celui de Flasgarten, sont monumentaux et constitués de plusieurs statues.

La commune de Guinkirchen comptait en 1585 environ 200 personnes mais au début du XVIIIe siècle, ce chiffre n’avait pas été rattrapé après les troubles de la guerre de Trente Ans. Par la suite la population qui était de 281 habitants en 1802 grimpa jusqu’à 453 en 1875 pour retomber à 139 en 1999. Une première école a été localisée sur le chemin de Flasgarten, en face de l’église, puis une autre école fut installée au centre du village avant d’être remplacée par la mairie école moderne sur la route de Mégange.

Le moulin de Flasgarten qui n’est actuellement plus qu’une ruine a eu son importance jadis parce qu’il se trouvait sur un pont qui reliait Metz au pays de Nied.  Son nom pourrait venir de l’assemblage des noms germaniques Flasch (le lin) et Garten (le jardin) bien que la culture du lin dans le secteur ne soit pas confirmée. Il y avait alentour un village plus ancien que Guinkirchen dont la disparition remonte à la guerre de Trente Ans. La seigneurie dépendait de Boulay mais son importance résidait aussi dans son statut de « marche d’estaux » qui permettait, alors que l’ONU n’était pas encore inventée, aux seigneurs voisins de se rencontrer en terrain neutre pour d’éventuelles négociations. On cite le village de Flasgarten dans le terrier de Boulay en 1580 et le moulin existait déjà en 1229 et en 1580 les habitants de Guinkirchen devaient y porter leurs grains à moudre. Actuellement le moulin de Flasgarten mérite encore un détour en raison de son magnifique calvaire, érigé par la veuve d’un meunier en 1757.


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied  Château St Sixte 57320-FREISTROFF a édité un fascicule de 68 pages A4 sur l’histoire de Guinkirchen et Flasgarten. Prix de cession 18 € (+frais de port 5,40 €) . Chèque libellé au nom de la SHAN 

( 3 juin, 2009 )

HISTOIRE DE COUME (57)

Résumé de l’histoire de  COUME un village fier de son passé
HISTOIRE DE COUME (57) dans Monographies communales Coume-Rue-de-Verrières-ancienne-Coll.Schoendorf-300x196

L’histoire connue de Coume débuta simplement comme annexe de la paroisse de Behring et les premières mentions écrites ne remontent qu’au XIe siècle sous le nom de Cuine. Cuma, Kume, Cosme, Kummai, Chonne ou même Kuhmen en allemand font en général  que les étymologistes penchent pour un sens dérivé du celte Kumba, la vallée ou Cuma, mot du bas latin ayant la même signification. En plus de Behring, église mère qui fut probablement victime des destructions de la Guerre de Trente Ans, plusieurs sites révèlent une occupation gallo-romaine.

            Il semble bien que le premier détenteur de la seigneurie de Coume soit la prévôté de Fénétrange au XIIIe siècle avec un fief tenu par Pierre de Volmerange. Par la suite, Coume devint lorrain mais les abbayes de Bouzonville et de Wadgassen, le seigneur de Dalem, le seigneur de Boulay, le comte de Créhange ainsi que la commanderie teutonique de Metz eurent différents biens et droits à Coume. Le terrier de 1580 déclarait que le duc de Lorraine était seul souverain de Coume pour 5/6 contre le seigneur de Freistroff pour la dernière part. Le duc de Lorraine laissa en fief héréditaire ses biens à Berman de Puligny et ils passèrent par mariage  à la famille de Beccary-Lebrun qui construisit le « château » puis à celle du comte de Lambertrye, puissante famille qui possédait entre autres les châteaux lorrains de Cons la Granville et de Gerbéviller.

L’église mère qui se trouvait au début à Behring n’était plus mentionnée dans les pouillés de 1496 mais l’abbaye de Prémontrés de Wadgassen avait gardé le droit de nommer le curé, si bien que le plus souvent la paroisse fut dirigée par un religieux. Pourtant la réforme protestante ayant gagné la région de Wadgassen, le seigneur du lieu  supprima l’abbaye,  permettant à l’évêque de Metz de nommer des curés séculiers avec parfois union de la paroisse à celle de Téterchen. Les habitants de Coume laissèrent peu de traces de leur pragmatisme avant la Révolution. Pourtant on peut déjà être étonné par leur cahier de doléances en 1789 qui ne présente pas moins de 48 articles alors qu’une communauté moyenne n’en retenait qu’une vingtaine. Ensuite les curés post-concordataires eurent beaucoup de difficultés à exercer leur ministère : difficultés avec les enseignants, difficultés avec les jeunes qui n’acceptaient pas la reprise en main des mœurs et qui allèrent jusqu’à caillasser la voiture du curé, difficultés avec certains maires. Pourtant malgré tous ces problèmes avec les représentants catholiques, Coume voulut une belle église répondant au souhait des habitants afin que le village soit doté d’une église qui soit l’objet de l’admiration publique. Elle fut construite en 1868-1869.

Le village peut aussi s’enorgueillir d’un calvaire dédié aux 14 saints auxiliaires et d’un ensemble consacré à la grotte de Lourdes servant de monument aux morts dans un petit parc jouxtant le cimetière.

La communauté de Coume consacrait son activité à l’agriculture, les autres habitants étant, soit des manœuvres, soit des artisans permettant à Coume d’être autarcique comme la plupart des villages mosellans. La municipalité dut aussi consacrer de nombreux efforts pour disposer d’une et même de plusieurs écoles convenables. En effet, la commune racheta à un privé l’ancien presbytère en 1837 et installa l’école dans les dépendances de celui-ci mais en 1855, il fallut se résoudre à construire une école neuve avec école de Garçons, école de Filles et asile (école maternelle) ainsi que des logements pour l’instituteur et la Sœur enseignante. Seul un ancien maire vota contre cette dépense et se fit apostropher par le maire de 1855 en ces termes : « Ce n’est pas l’habitude des maires de l’Empire d’agir comme les maires de la République ou les Révolutionnaires »

La population du village était d’environ 146 personnes en 1585, de 180 en 1708 et de 580 en 1790. Par la suite les recensements officiels relevaient 457 habitants en 1802, ils présentèrent un maximum en 1851 à 844 habitants  pour retomber légèrement au dessous de 600 à partir de 1900.

La commune de Coume garde traces de nombreuses annexes : certaines ont disparu comme Behring (environ au croisement du chemin de Roupelstouden), Blitting (vers Guerting en dessous du bois de Coume),
La Helle (au bord du Vegerbach vers Hargarten), le Neumuhle et d’autres existent encore comme les fermes du Grand et du Petit Roupelstouden, St Victor ou Esch et le Altmuhle.

Enfin le ban de Coume a beaucoup servi pour l’implantation des ouvrages de la ligne Maginot sur quatre ouvrages différents.

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La SHAN  Château St Sixte 57320-FREISTROFF a publié un fascicule de 75 pages A4 sur l’histoire de Coume dont le prix de vente est de 18 € plus 5,4 € de frais d’envoi (Chèque libellé à l’ordre de la SHAN). 

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