( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE BERVILLER (57)

HISTOIRE DE BERVILLER (57) dans Petites monographies Berviller-Moulin-à-huile-de-HerrgottsKatherine.porte-2006-225x300Résumé de l’histoire de 

BERVILLER 

La première mention écrite de Berviller date de 1293 sous la forme de Berwure qui pourrait avoir comme origine un nom germanique comme Bero avec le suffixe villa transformé en -weiler par la suite. La commune s’est choisie des armoiries  portant  deux roses d’argent et une étoile de même, pour rappeler la famille d’Ahr qui possédait la seigneurie et y a ajouté la bêche de St Fiacre, patron de la paroisse. Au plus loin que nous puissions remonter, Berviller fit partie des fiefs du duché de Lorraine d’abord dans l’office de Bérus et par la suite dans la prévôté de Bouzonville. La propriété foncière était au seigneur de Metternich de Château-Rouge en 1611 et en 1681, cette seigneurie foncière était aux barons de Hausen et d’Ahr. Enfin lors de la Révolution, Nicolas de Lasalle, seigneur de Merten, se revendiquait aussi seigneur de Berviller.

Les droits sur la paroisse étaient initialement liés au couvent cistercien de Freistroff mais passèrent à partir de 1582 aux familles d’Ahr et d’Hausen qui percevaient l’ensemble des dîmes et des revenus  qu’elles partageaient avec le curé qui était nommé par elles. On sait qu’en 1686, donc à la suite de la guerre de Trente Ans, l’église était petite et en mauvais état, on disait même qu’elle avait été brûlée vers 1650 alors que le presbytère avait totalement disparu. L’église fut reconstruite en 1751 et elle fut à nouveau restaurée au XIXe siècle. Le clocher contient une petite cloche qui date de 1779, la Wedaglock qui a échappé à toutes les réquisitions. Le village présente aussi une petite chapelle votive datant de 1894 sur la route de Ste Oranne. Son origine est liée à un accident,  en effet Jean Kaas mourut malgré son transport à l’hôpital et les invocations à St Blaise : la veuve fit construire cette chapelle et la dédia à St Blaise. La paroisse de Berviller était souvent desservie par un curé voisin de Rémering ou de Merten.

La communauté de Berviller est déjà connue avant la guerre de Trente Ans et en 1547, on sait qu’il n’y avait que 5 personnes imposables alors qu’en 1602, ils étaient 13. Après la guerre de Trente Ans, lors de la reconstitution du pied terrier, ancêtre du cadastre, on comptait 42 propriétaires habitant le village et parmi les étrangers on relève des religieux comme ceux de Bouzonville ou l’église de Merten et divers seigneurs, les barons d’Eltz ou de Metternich, le marquis d’Harraucourt et les seigneurs de Varsberg. Les divers recensements modernes nous montrent que la population depuis 1802 partant de 428 personnes diminua régulièrement jusqu’en 1936 puis la croissance reprit pour atteindre actuellement plus de 450 personnes.

Parmi les activités des habitants, il est intéressant de citer une exploitation de minerai de fer, citée à partir de la Révolution. Il s’agissait d’exploitation à ciel ouvert par de petits puits permettant d’extraire du fer en dragées dont on récoltait environ 1.000 quintaux par an et qui était destiné à la fonte de moulage. Plus tard, une mine en galerie fut exploitée sous les communes de Berviller, Tromborn et Rémering ; une dizaine de galeries employaient 20 à 24 mineurs. Il y eut aussi à Berviller un tuilier et deux cloutiers. La commune comptait aussi deux moulins : le plus ancien celui de Felschling était le moulin banal pour les habitants de Berviller et fut reconstruit après la guerre de Trente Ans et dépendait de la seigneurie d’Ahr et d’Hausen. Le moulin Neuf ou Weissbachmühle ne date que du début du XIXe siècle et fut construit par Antoine Schidler. En 1812, la statistique industrielle de la Moselle parlait de trois moulins à Berviller mais il est probable qu’on comptait aussi un moulin à huile.

Les habitants de Berviller étaient affublés par leurs voisins du sobriquet de Essig Loch (les trous à vinaigre), la tradition avance deux hypothèses comme explication : la première disant que la petite vigne du Hanfreutz ne produisait qu’une piquette devenant vite vinaigre alors que d’autres avancent qu’à Berviller on faisait du vinaigre de poires qui étaient vendu aux villages environnants. 


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN)  Château St Sixte 57320 FREISTROFF a réalisé un fascicule sur l’histoire de Berviller de 32 pages A4. Prix de cession 8€ + frais de port 4 €. Chèque à l’ordre de la SHAN.  

Berviller et les Guldner 

            La famille Guldner qui a produit de nombreux sculpteurs depuis le XVIIe siècle, tire ses racines du village de Berviller. Au XVIIIe siècle, cinq frères travaillèrent en particulier pour l’abbaye prémontrée de Wadgassen et formèrent une école que l’on désigna alors sous le terme de Baroque de Bérus. Les endroits où peuvent encore se voir leurs œuvres sont surtout Bérus, Sarreguemines (église St Nicolas), Grosbliederstroff (église et chapelle) ainsi que Kemplich et Waldwisse. Mais non seulement ces Guldner furent cinq à travailler ensemble dans un atelier commun mais parmi leurs descendants on ne compte pas moins de 29 sculpteurs et la tradition se perpétue encore, des membres de cette famille exercent le métier de marbriers à Forbach. La famille a organisé sa première réunion de famille à Bérus le 27 mai dernier et à cette occasion, la SHAN a mis en souscription un fascicule d’inventaire des œuvres retrouvées avec de nombreuses photos. (20€ + 5,40€ de frais d’envoi) .

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE VALMUNSTER (57)

VALMUNSTER 

et sa chapelle du Xe siècle 

            L’histoire écrite de Valmunster débute vers 1142 mais c’est probablement peu après la fondation de l’abbaye de Mettlach à la fin du VIIe siècle que Gervinius et Gunza, parents du fondateur de l’abbaye, dotèrent celle-ci des territoires de Valmunster, Velving, Eblange, Rémelfang et Holling. Dés 950, ce lieu s’appelait Villa Walamonasterii et une des explications de ce nom peut découler de l’ancien allemand où wallen signifie aller en pèlerinage donc une église de pèlerinage ce qui pourrait être confirmé par la survivance en platt de l’appellation Wallmeschta.

            Initialement la paroisse rassemblait l’ensemble des localités existantes sur la donation du VIIe siècle et progressivement Eblange puis Holling et Rémelfang et enfin Velving obtinrent le titre de paroisse. Pendant longtemps chaque village dût conduire ses morts au cimetière de Valmunster par le Totenweg ou chemin des morts. L’ancienneté de l’église mère de Valmunster détermine aussi l’ancienneté de l’église dont certaines parties remontent au Xe siècle c’est-à-dire le style roman mais ce n’est qu’à partir de la guerre de Trente Ans (1634) que la paroisse fut rattachée à l’abbaye de Mettlach. Pendant cette guerre, elle a été un lieu de culte pour les Suédois protestants puis une écurie pour les chevaux. La chronologie des modifications a été, selon l’abbé Weyland, la suivante : le clocher roman aurait été construit au XIe siècle, le chœur gothique et les deux premières travées de la nef  au XIIe-XIIIe siècle et les deux dernières travées et la tribune vers 1537. Sur un cadastre de 1830, on constate qu’il y avait devant l’entrée actuelle ce qui pouvait être un chœur ou un porche qui a disparu. L’intérieur de l’église montre des arcs gothiques avec clés de voûte armoriés dont celle devant l’autel de St Joseph qui porte les initiales de Gabriel Weyland et la date de la fin de la restauration de 1978 dans laquelle ce dernier curé titulaire a investi une partie importante de ses ressources personnelles.

            Les curés de cette paroisse furent presqu’exclusivement des religieux de Mettlach mais parfois l’évêque de Metz réussit à imposer son candidat contre celui de l’abbé. Par la suite, l’abbaye de Mettlach mit en place plusieurs religieux pour gérer ses intérêts matériels. Un des anciens curés de Valmunster, le père Kleiner devint abbé de Mettlach mais ne supportant pas cette fonction, il vint se réfugier à Valmunster et dût être reconduit par la force à Mettlach provoquant un incident international entre la France et le Grand Electeur de Trèves pour violation de frontières.

            Valmunster  bénéficia au XIXe siècle d’une activité industrielle grâce à la découverte juste avant
la Révolution d’un gisement de charbon argileux qui n’aurait pas eut beaucoup d’importance s’il n’avait permis d’exploiter l’alun avec lequel on pouvait fabriquer du vitriol et des colorants comme l’azurite et le rouge d’Angleterre. L’entreprise industrielle fut conduite par la famille Bouvier du Molart dont l’ancêtre était lieutenant civil et criminel à la maîtrise des eaux et forêts de Bouzonville et dont le plus connu devint baron en 1814 après une carrière éminente au service de Napoléon. C’est cette famille qui construisit le château.

            Les villageois de Valmunster menèrent une longue procédure (1745-1785) contre l’abbé de Mettlach pour un pré d’une demie fauchée (6 ares) qu’ils disaient appartenir à la communauté et contre le curé pour un sentier qui leur permettait d’atteindre directement l’église et le cimetière ; c’est  pour cela que les habitants avaient ouvert un passage à travers le jardin du curé qui s’efforçait d’élever des palissades pour les en empêcher. Finalement la communauté fut déboutée au sujet du pré mais obtint du curé qu’il accepte le passage actuel, partant de la maison du pâtre qui est encore signalée par le puits prés de la route départementale et montant directement vers le plateau paroissial. 

La Société d’histoire de d’archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a repris l’ouvrage de l’abbé Weyland en le complétant ; le fascicule de 73 pages est vendu 18 euros + frais d’envoi 5,40 €. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE NARBEFONTAINE (57)

NARBEFONTAINE 

Commune entre la voie romaine et l’autoroute 

            L’histoire de Narbéfontaine est liée depuis toujours à l’ancienne voie romaine qui conduisait de Metz à Mayence et qui, encore aujourd’hui, délimite le ban communal au Nord. C’est encore à cause de cette voie que fut fondé un hôpital pour voyageurs probablement à proximité d’un poste de surveillance, le camp romain important étant installé à Boucheporn. On a trouvé sur le ban de Narbéfontaine beaucoup de poteries et de monnaies de cette période et les traces d’un cimetière mérovingien. La première mention écrite du village date de 1181 sous la forme de Maulbertfontaine.

            Les premiers seigneurs connus étaient les sires de Varsberg mais dés 1222, les chevaliers teutoniques de Metz (c’est leur hôpital qui donna son nom à la porte des Allemands de Metz) prirent possession de la commune et en 1285, on sait qu’ils y dirigeaient un hôpital. Le village sera rattaché à partir de 1553 à la commanderie de Beckingen en Sarre et le resta jusqu’à la Révolution. Sur un plan de 1754, figure encore cet hôpital qui se trouvait derrière l’église actuelle. Les chevaliers teutoniques étaient, de plus, propriétaires fonciers de 356 jours de terres (soit près de 80 hectares) sans compter les 150 jours tombés en déshérence suite à la guerre de Trente Ans et qui reviendront donc au seigneur.

            Jusqu’à la révolution, Narbéfontaine fut une annexe de la paroisse de Boucheporn mais à partir de 1770, le village bénéficia d’un vicaire résident qui était rétribué par le curé de Boucheporn. Après le Concordat de 1802, Narbéfontaine devint annexe de Momerstroff mais en 1844, elle devint indépendante avec comme annexe le village de Brouck. L’église est l’héritière de la chapelle des chevaliers teutoniques et après des solutions à l’économie, la commune dut l’agrandir et construire un clocher en 1839 qui fut remplacé en 1914. La petite chapelle de Notre Dame des Douleurs, qui se trouve sous le clocher, édifiée après la 1ère Guerre Mondiale sert de Monument aux Morts.

            La communauté de Narbéfontaine a toujours été une communauté manquant de moyens financiers car le ban était réduit, le nombre d’habitants également et les biens de la commune pratiquement inexistants alors que les chevaliers teutoniques étaient propriétaires d’une grande partie du ban. Après la Révolution, les recensements permettent de constater que la population a culminé en 1851 à 250 habitants puis est redescendue récemment vers le chiffre de 100.

            Si le ban de Narbéfontaine est délimité par l’ancienne voie romaine, il est carrément coupé par l’autoroute A4 qui isole la ferme de Sainte Suzanne. Deux autres exploitations agricoles importantes ont des particularités, la ferme de Thury qui était la ferme des chevaliers teutoniques et se trouvait près de l’église a été reconstruite après la Seconde Guerre sur le territoire de Niedervisse, c’est-à-dire de l’autre coté de l’ancienne voie romaine alors que le Gaec des Trois bans a la particularité d’être installé à la jonction des bans de Narbéfontaine, Niedervisse et Momerstroff.

Un curé peu compréhensif : Lorsque le curé Heitzmann Henri arriva à Narbéfontaine, il trouva en poste Veber Philippe, instituteur, chantre, sacristain. Il avait 59 ans, était malade et avait encore 5 de ses 9 enfants à sa charge. Le litige s’installa lorsque que le curé voulut imposer l’usage du catéchisme allemand alors que l’instituteur voulait appliquer l’arrêté du 29 mars 1865 demandant d’utiliser le catéchisme français. Lors de la Toussaint 1867, alors que de nombreux offices étaient au programme, le curé interdit à l’instituteur de se faire seconder par ses fils et lors des Vêpres et il n’assura même pas sa partie de chants, forçant l’instituteur à démissionner de son poste de chantre. Le curé l’attaqua ensuite dans sa fonction d’instituteur empêchant les familles d’envoyer leurs enfants à l’école et écrivant à l’inspection pour se plaindre du travail d’enseignement. Le pauvre instituteur mourût en janvier 1868 mais son remplaçant fut son fils précédemment en place à Brouck. L’antagonisme perdura donc et le maire ayant apporté son soutien à l’instituteur, le curé Heitzmann quitta Narbéfontaine l’année suivante. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a établi un fascicule sur l’histoire de Narbéfontaine  de 37 pages A4. Prix de cession 9,25 € + frais d’envoi 4 €. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE CHEMERY LES DEUX (57)

CHEMERY LES DEUX 

La commune sur une belle colline ensoleillée 

            L’étymologie du nom Chémery est discutée puisqu’on trouve dans les documents les plus anciens Soneberich en 1130 et Schomberg en 1239, si le mot berg (la colline) est bien établi les discussions ne sont pas terminées pour définir si cette colline est belle ou si elle est ensoleillée. Mais là ne s’arrête pas la difficulté toponymique puisqu’il faut parler de Chémery les Deux. En effet jusqu’au XVIe siècle, il n’y avait qu’un Chémery autour de l’église qui dépendait des abbés de Freistroff qui l’avaient reçu de Wirich de Valcourt à sa fondation en 1130 et de ceux Bouzonville et de Villers-Bettnach. Mais en 1571, Didier de Colligny fonda Chémery la Neuve qu’il peupla surtout de colons d’origine ardennaise et qui sera dénommée alternativement Chémery la Romane ou Welschschonberg et actuellement Grand Chémery.

            Dés 1300, on signalait un château à Chémery qui s’élevait d’après les plans au niveau de la ferme Kuhn actuelle. C’est dans ce château à la fin du XVIIe siècle que le chevalier Perrin, abbé commendataire de l’abbaye de Freistroff, installa son logement pour ne pas avoir à restaurer le logement abbatial de l’abbaye suite à l’incendie qui l’avait détruite. On sait que ce château était doté de fossés et d’un pont-levis. Au XVIIIe siècle, il devint le presbytère et après la Révolution, une ferme.

            L’église de Chémery a été reconstruite en 1751 sous le vocable de St Martin et la paroisse était unie à l’abbaye de Freistroff dont l’abbé avait la charge de curé et qui déléguait un de ses moines pour y assurer le ministère. En 1902, la paroisse de Chémery se dota d’un magnifique orgue Dalstein-Haerpfer malheureusement un curé inconscient sectionna les tuyaux de plomb reliant l’instrument au pupitre pour mettre à sa place un harmonium.

            Le moulin de Chémery existait déjà en 1270 et dépendait directement de l’abbaye de Freistroff qui le fit même parfois tenir par un frère convers. A la Révolution, il fut vendu à Jacques Hombourger pour 10.400 francs. Vers 1900, les meuniers étaient la famille Wilhelm et l’exploitation cessa le 20 juillet 1954.

            La population de Chémery était en 1708 de 55 habitants pour Chémery la Vieille et de 91 personnes pour Chémery la Neuve. Ensuite depuis la Révolution, des recensements officiels nous montrent qu’après un maximum de 771 habitants en 1836, la population est retombée à 317 en 1975 mais s’accroît puisqu’en 1982 elle était de 405.

            Hobling a une histoire indépendante de Chémery jusqu’en 1810 puis la Révolution en fit une commune indépendante en 1793. Au niveau paroissial, Hobling était rattaché à Ebersviller. La seigneurie était partagée entre les abbayes de Villers-Bettnach et  de Bouzonville. Celle de Freistroff s’y implanta pourtant dés 1338 en y rachetant des biens. En 1708, il y avait 55 habitants mais 37 chevaux et 63 vaches. Pour les autres activités, on peut noter qu’il y avait 2 huileries en 1844 et une carrière de pierre en 1839. Hobling a vu aussi la construction sur son ban du petit ouvrage A23 de la ligne Maginot qui était composé de 4 blocs occupés par 120 hommes du 162e R.I.F. Il a été en partie ferraillé en 1976. En 1934, la commune de Chémery avec les indemnités de la ligne Maginot acheta une forêt de 89 hectares à Trémery .

            L’actuelle ferme d’Ingling a également une histoire puisqu’elle est déjà citée en 1130 dans la dotation de l’abbaye de Freistroff et par la suite il y eut à Ingling un hameau doté d’une chapelle et entourant un château avec un ban particulier d’environ 42 hectares.

            Trois autres localités disparues sont connues à Chémery, Brisebach encore mentionné au XVIe siècle et aujourd’hui réduit à un lieu-dit au Nord d’Ingling, Vintring, ferme encore citée en 1824 et sise entre Hobling et Edling et la ferme Klop, édifiée au milieu du XIXe sur la route entre Hobling et Chémery.


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 FREISTROFF a établi un fascicule sur l’histoire de Chémery-les-Deux de 42 pages A4. Prix de cession 10,50 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE BIBICHE (57)

Résumé de l’histoire 

BIBICHE ou la vallée des castors 


HISTOIRE DE BIBICHE (57) dans Petites monographies BIBICHE-Eglise

        Avant l’histoire, la forêt couvrait la vallée et un petit ruisseau coulait  et servait d’habitat à des colonies de castors. Lors d’un premier défrichement, on créa dans la clairière un village qui s’appela le Bibersheim c’est-à-dire le village des castors. Une déformation du langage populaire en fit Bibiche. Nous étions alors au XIIe siècle.

            Les seigneurs de la vallée étaient les duc de Lorraine et les abbés de Villers-Bettnach qui se partageaient les droits à moitié en indivision. Les deux seigneurs organisèrent ensuite le défrichement d’abord d’une tranche de 350 arpents et ensuite d’une autre tranche de 300 arpents. A cette époque, il y avait quelques propriétés de l’abbaye de Freistroff et presque rien à l’abbaye Sainte Croix de Bouzonville.  Le défrichement du secteur continua par la suite d’abord en 1583 pour Neudorf et en 1585 pour Rodlach. Si on ignore l’origine des colons qui peuplèrent Bibiche qui étaient sans doute des locaux, on sait par contre que les colons de Neudorf et de Rodlach étaient surtout originaires de l’Argonne ou de Meuse. Ils étaient donc francophones dans une zone dialectophone aussi il fallut aménager l’environnement pour la justice et la religion.

Les habitants qui devaient payer leurs impôts à leurs seigneurs en étaient exonérés pendant les premières années le temps qu’une partie de la terre devienne productive et c’est sans doute aussi pour cette raison que la dîme et autres prélèvements sur le travail furent rapidement convertis en paiement de la septième gerbe c’est-à-dire une dîme renforcée mais comprenant l’ensemble des impôts autres que les impôts personnels.

            En 1789, chaque village de la communauté établit un cahier des doléances, Bibiche, Neudorf et Rodlach mais si leurs textes différent, ils sont écrit de la même main celle du maître d’école Antoine Staff qui servait de greffier alors que la présidence de la communauté fut dans les trois assemblée occupée par le curé Neubecker Jacques qui était tout acquis aux idées de la Révolution et qui fut un des premiers curés à jurer fidélité à la constitution sans aucune restriction comme le firent la plupart des curés de campagne de notre région. Comme il décéda en 1792, on ne peut savoir qu’elle carrière il aurait pu faire sur les traces de l’abbé Grégoire peut-être.

            L’église St Laurent de Bibiche a été presqu’entièrement reconstruite en 1881 et elle renferme de belles orgues Spamann de 1895.

            Après la guerre de Trente Ans, en 1693,  on effectua un remembrement à Bibiche la Grande, on  constate alors que contrairement à beaucoup de villages de l’époque, il y a peu de laboureurs, 6 familles en tout, et que les parcelles moyennes sont assez nombreuses d’autre part on remarque aussi que si Bibiche était dialectophone beaucoup de noms de lieux dits étaient d’origine française. Peut-on rapprocher de ce lien avec la France, le nombre d’optants pour la nationalité française qui concerna 68 personnes après la guerre de 1870 et l’annexion ? Si cela reste hasardeux il y a peut-être une corrélation.

            Les trois annexes de Bibiche ont été créées à la fin du XVIe siècle par essartage de forêts. Pour Petit Bibiche on n’a pas retrouvé trace de la décision de création de ce village mais on pense que cela s’est passé en 1586. Ce hameau était au croisement de la route menant de Bouzonville à Bibiche et de celle qui partait vers Freistroff et ce n’est qu’après 1900 que la route de Bouzonville fut redressée évitant ainsi Petit Bibiche. Neudorf fut défriché en 1583 par des colons venant principalement de l’Argonne et donc francophones ; Lors de la création du village il fut établi que ses habitants dépendraient de la paroisse de Bibiche mais de la mairie de Dalstein. Rodlach fut créé en 1585 par une décision commune du duc de Lorraine et de l’abbé de Villers-Bettnach comme pour Neudorf et les colons venaient de la même région des Ardennes.

                                   Pourquoi la Révolution de 1789 ? 

A propos d’impôts, la pression fiscale fut un des éléments favorisant la Révolution en général et on constate qu’en 1706, la prévôté de Freistroff taxa pour l’impôt appelé la subvention, la communauté de Bibiche, Neudorf et Rodlach à 100 livres pour l’année alors que deux ans plus tard en 1708, la prévôté qui avait été déplacée à Bouzonville présenta une taxation de la même communauté de 492 livres soit une augmentation de 400%.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a publié un fascicule de 55 pages A4 sur l’histoire de Bibiche. Prix de cession  13,75€ + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE D’OBERDORFF (57)

Résumé de l’histoire de 

OBERDORFF la commune et ODENHOVEN la paroisse 

            Un tel binôme est fréquent dans notre région et il se retrouve sur les armoiries communales modernes où le chapé bleu rappelle la chape de St Martin patron de l’église et la crosse abbatiale de Rettel seigneur d’Odenhoven alors que les lions figurent la châtellenie lorraine de Bérus régissant Oberdorff. Le nom d’Oberdorff a très peu évolué et signifie le village supérieur rappelant selon certains un village détruit se trouvant sur la colline. Il est sur que le ban communal  a été habité très tôt comme le prouve les vestiges gallo-romains trouvés ainsi que l’enceinte quadrilatère qui pourrait dater de la protohistoire.

Oberdorff  et Odenhoven dépendaient de Bérus et donc de la Lorraine uniquement pour la haute justice alors que le foncier était propriété de l’abbaye de Rettel prés de Sierck qui avait confié la vouerie aux seigneurs de Dalem. Mais l’abbaye de Bouzonville, les seigneurs de Freistroff et de Château-Rouge y avaient aussi des biens.

            En 1712, un remembrement fut effectué pour rétablir les droits de chacun après la guerre de Trente Ans et il en résulta que les plus gros propriétaires étaient les Chartreux de Rettel ; on peut également constater le morcellement parcellaire puisque la taille moyenne d’une parcelle était d’environ 25 ares.

            La commune d’Oberdorff géra avec difficulté au milieu du XIXe siècle, la reconstruction de son école et dut supporter un procès long  contre l’entrepreneur qui était chargé de la construction entraînant un retard dans la mise à disposition de plusieurs années.

            La population était réduite à deux personnes en 1547 et à 48 en 1708. Ils étaient 137 en 1802 et actuellement la population dépasse les 370 habitants. Les villages voisins avaient surnommés les habitants les Kautenkopp ou les Kaulquappen c’est-à-dire les têtards ou les grogneurs.

            Comme toutes les communes situées devant la ligne Maginot, Oberdorff fut évacué dans
la Vienne en 1939 et cet exode a été raconté par des participants.

            Pour Odenhoven, on pense que l’origine du nom dérive du mot Hof, la ferme et du nom d’un germain appelé Audo ou Odo. Ce village a toujours fait partie des possessions lorraines au moins pour la haute justice mais les religieux de Rettel en avaient la propriété foncière depuis 1218.

            La paroisse d’Odenhoven dédiée à St Martin est d’origine très ancienne et elle concernait non seulement Oberdorff mais aussi Tromborn, Elig à Alzing et Château-Rouge jusqu’au XIXe siècle. Comme pour Valmunster avec l’abbaye de Mettlach, Odenhoven était le centre d’un bien où les Chartreux exerçaient non seulement le spirituel mais aussi le temporel depuis une maison qui pourrait bien être l’actuelle maison lorraine d’Oberdorff.

            L’église a sans doute été très endommagée pendant la guerre de Trente Ans et elle dut être reconstruite en 1728 puis à nouveau en 1786. Elle recèle deux autels latéraux en bois sculpté polychrome du XVIIIe siècle qui sont peut-être l’œuvre de la famille Guldner, sculpteurs baroques de Bérus. Le maître autel était similaire mais il a été remplacé vers 1900 par un autel en pierre. Il y avait aussi dans l’église des orgues Verschneider qui ont été démonté en 1940 par l’armée française et qui ne furent jamais remontées.

            Le cahier des doléances de 1789 est commun aux communautés d’Oberdorff et de Tromborn et s’il reprend les doléances classiques, on y trouve aussi une plainte particulière pour réclamer l’arrêt du déboisement de la forêt de la Houve de Merten par les maîtres de forges de Creutzwald pour protéger les droits des communautés villageoises usagères de cette forêt qui étaient menacés malgré les garanties obtenues officiellement du Roi.

            Ainsi après une longue histoire, perdure la répartition des attributions entre Oberdorff qui administrativement est la commune depuis toujours alors que depuis aussi longtemps Odenhoven a la primauté religieuse.


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 Freistroff a édité un fascicule de 35 pages sur l’histoire de la commune d’Oberdorff. Prix de cession 15 € + frais d’envoi 4 €. Chèque à libeller à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE HOLLING (57)

Résumé de l’histoire de 

HOLLING 

Histoire d’un village tiraillé entre les grandes abbayes locales 

Les armoiries modernes de la commune de Holling ne traduisent qu’imparfaitement l’histoire du village ; elles se résument à une tête de cerf, rappelant St Hubert patron de la paroisse, portant entre ses bois la croix ancrée de la seigneurie de Boulay dont dépendait Holling.

             Le nom de Holling fait sa première apparition dans des écrits de 1196 sous la forme de Hulingen qui sera transcrit au cours des temps en Olim en 1656 et  en Holling dès 1600. H. Hiegel pense qu’il s’agit d’une localité créée sous le contrôle d’un chef germanique nommé Hollo. Le village ne s’est installé que tardivement à son emplacement actuel, les premiers colonisateurs de la région ayant d’abord établi leurs implantation sur les plateaux voisins.

            Depuis le début de nos connaissances, il est établi que la propriété foncière était partagée entre les abbayes de Mettlach (110 hectares), de Freistroff (58 ha), de Bouzonville (elle partageait les droits sur des biens d’autres seigneurs) et l’abbaye de Mouzon bien implantée à Brettnach, et les seigneuries de Freistroff et Château-Rouge alors que le droit de vouerie revenait aux seigneurs de Dalem. La haute justice était partagée entre les seigneurs de Freistroff et Château-Rouge pour 18 maisons, la dame de Bérus pour 8 maisons et l’ensemble du ban et les comtes de Nassau-Sarrebrück pour Holling-Haut, Titting et le ban Saint Pierre de l’abbaye de Mettlach. Mais les ducs de Lorraine s’efforçaient progressivement de ramener sous leur coupe l’ensemble de la haute justice dans le cadre de l’office de Bérus.           

            La population du village progressa de six foyers fiscaux en 1547 (soit 27 habitants environ) pour atteindre entre 100 et 130 habitants avant la guerre de Trente Ans (début du XVIIe) et retomba à une trentaine à la fin de cette guerre. A la Révolution, on estime la population à 420 habitants.

            La communauté de Holling avait quelques annexes comme le village de Titting situé entre la route départementale et la Nied en face qu chemin des morts conduisant à l’église de Valmunster. Il y avait là une dizaine de maisons maximum qui dépendaient de la paroisse de Bettange. Une autre annexe se nommait Pfenningen et était située aux portes de Téterchen de l’autre côté de l’actuelle ligne de chemin de fer. Il faut noter aussi le moulin de Holling ou moulin des Vannes qui se trouve en réalité sur le ban de Freistroff.

            L’histoire paroissiale est également intéressante puisque Holling avec Eblange et Rémelfang constituait la paroisse de Valmunster. La lutte fut longue pour obtenir un vicaire résident et si l’église paroissiale a été construite en 1764 ce n’est que lors du concordat de 1802 que Holling devint paroisse indépendante.

            Comme nous l’avons dit plus haut, si la plus grande partie de la haute justice appartenait au duc de Lorraine qui l’exerçait par l’intermédiaire  de l’office de Bérus, cette haute justice sur la partie dépendant de Mettlach était inféodée aux comtes de Nassau-Sarrebrück.  A la fin du XVIe siècle, le comte de Sarrebrück, Jean IV eut un fils, Philipe, avec une servante et il le légitima avant de mourir. Etant devenu tabellion impérial  et demeurant à Nancy, Philippe céda ses prétentions sur Holling au seigneur de Henning mais en 1596, il se ravisa, revenant sur sa décision et entreprenant une longue procédure contre les héritiers légitimes. Le comte de Nassau-Sarrebrück accorda à Philipe une rente annuelle et héréditaire sur l’office de Holling contre une renonciation de Philippe sur ses prétentions mais il devint administrateur de la haute justice de la mairie de Holling. En 1602, le comte de Nassau-Sarrebrück vendit Holling  aux Créhange qui la cédèrent rapidement aux seigneurs de Freistroff. 

            Pendant les malheurs de la guerre de Trente Ans, le tabellion Philippe, de connivence avec le duc de Lorraine Charles IV, reniant ses engagements et ses serments, assigna le comte de Nassau-Sarrebrück en justice lui réclamant à nouveau ses droits sur Holling et la justice ducale lui donna raison dans ses prétentions. Du coup, les Warsberg réclamèrent aux Créhange le remboursement du prix et des dommages et intérêts, les Créhange se retournèrent contre les Nassau-Sarrebrück. Les démêlés judiciaires se poursuivirent jusqu’en 1660. Le retour de Charles IV en ses états favorisa l’implantation des descendants de Philippe le tabellion à Holling et Jacques de Paviot, époux de la petite fille du tabellion obtint la jouissance tranquille du fief et y construisit la maison seigneuriale qui est actuellement la maison de la famille Louis juste après les serres de l’entreprise Goby. Cette famille conserva Holling, Rémelfang et Eblange jusqu’à la Révolution. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN ) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a édité une monographie de plus de 100 pages écrite par M. Alfred LOUIS et disponible contre 18€ plus frais de port (6,90 €).  Chèque a libeller à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE D’OTTONVILLE (57)

Résumé de l’histoire d’OTTONVILLE 

Enclave messine en Pays Lorrain 

            Toute l’histoire d’Ottonville et de Ricrange est résumée par une carte de Durival de 1756 montrant les deux villages entourés d’une frontière rouge qui les isole de la seigneurie de Boulay parce qu’ils dépendaient du chapitre cathédral de Metz. Bien sur, des liens s’étaient établis entre cette enclave et le puissant seigneur de Boulay qui en était devenu, de fait, le protecteur (seigneur-voué). La première citation du village d’Octonvilla se trouve dans le cartulaire du chapitre cathédral de Metz en 1128. La communauté se signala ensuite en 1321 en signant un accord de protection avec son puissant voisin, le seigneur de Boulay contre redevance, état qui subsistera jusqu’à la Révolution ; cet acte nous permet de connaître la liste des habitants des deux villages. Le village subit de plein fouet les affres de la guerre de Trente Ans (1618-1648) et le curé Champlon de l’époque a laissé une description apocalyptique des exactions perpétrées par les soldats suédois, croates et même lorrains et français ; le village de Guérange, qui était situé prés de la route de Téterchen, disparut complètement et les deux localités d’Ottonville et de Ricrange perdirent plus de 65% de leur population. 

            L’école d’Ottonville est attestée depuis 1679 et servait pour les deux villages mais Ricrange eut son école particulière de 1831 à 1967. La commune a gardé des cicatrices de la Seconde Guerre Mondiale avec certains ouvrages de la ligne Maginot comme le Bovenberg, la casemate du Langhep et celle qui se trouve dans le bois d’Ottonville. 

            Il y avait à Ottonville, deux moulins dont le moulin banal qui existait déjà en 1321 et les habitants avaient l’obligation d’utiliser les services de ce moulin pour moudre leurs grains sous peine d’amende. Le moulin bas était probablement une huilerie qui est déjà évoquée en 1580. 

            La paroisse d’Ottonville était composée d’Ottonville, de Ricrange, de Guérange, d’une maison à Eblange, d’une autre à Roupeldange ainsi que de quelques terres à Téterchen. Les curés d’Ottonville sont connus depuis 1521 et les paroissiens semblent avoir bien supportés leurs curés jusqu’après la Révolution. Mais lorsque l’administration n’exauça pas leur demande d’avoir l’abbé Lang comme curé, tout changea. L’abbé Paquin fut accusé d’être un joueur et un ivrogne, le suivant reçut une délégation d’Ottonville à Rémelfang qui le menaça s’il acceptait sa nomination à Ottonville, quant à l’abbé Streiff, venant de Coume, malgré ses 74 ans, sa conduite fut jugée inconvenante. L’abbé Burtard qui lui succéda resta dans la paroisse 64 ans  mais n’eut pas un ministère facile. Il construisit néanmoins deux églises au village, la première en 1826 qui fut remplacée par l’église actuelle en 1846. Ce bâtiment n’eut pas beaucoup de chance, en juillet 1862, la foudre abattit le clocher, en 1911, toujours la foudre en provoqua un incendie et le 25 novembre 1944, les soldats américains le démolirent parce qu’il servait de poste d’observations aux Allemands. Il n’a pas été reconstruit à l’identique comme le voulait les habitants c’est pourquoi Ottonville a actuellement un clocher très particulier et original pour la région. Il ne faut pas oublier non plus les magnifiques orgues qui datent de 1900 avec un nouveau buffet créé après la guerre. 

            Ricrange a aussi sa chapelle qui succède à une chapelle privée érigée en 1699. La chapelle actuelle date de 1780 mais n’a été consacrée à l’Immaculée Conception qu’en 1803. Elle a bénéficié d’une restauration complète en 1999. Un calvaire à droite de l’entrée présente une Vierge et les deux statues de St Sébastien et de St Roch avec son chien, ce qui laisse supposer qu’il s’agissait d’une croix érigée à l’occasion des épidémies de choléra du milieu du XIXe siècle. 

            Une dernière particularité de la commune d’Ottonville est qu’il  était interdit aux juifs de s’y installer sans doute parce qu’il s’agissait d’une propriété appartenant au chapitre de la cathédrale de Metz donc à l’Eglise catholique. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 Freistroff a édité un fascicule de 78 pages A4 sur l’histoire de la commune de Ottonville-Ricrange. Prix de cession 18 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque a libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE GOMELANGE (57)

Résumé de l’histoire de 

GOMELANGE GUIRLANGE COLMING 

 

 La première mention de Gomelange date de 1184 sous la forme Guelmelingen puis en 1209, Gamelinge qui viendrait du nom d’un germain nommé Gamal. La fondation du village est ancienne et remonte probablement à la période franque. En 1130, le seigneur de Walcourt fonda l’abbaye de Freistroff et lui donna Gomelange qu’il venait d’acheter à l’abbaye de St Pierremont prés de Briey qui elle-même l’avait probablement reçu lorsque que tous les puissants craignant la fin du monde en l’an 1000 faisaient des dons à l’Église pour gagner leur paradis. Par la suite, la propriété se partagea entre les religieux de Freistroff, de Bouzonville et de Villers-Bettnach, des bourgeois de Metz et le seigneur de Boulay dont la part fut transmise au duc de Lorraine ; ces derniers se servirent souvent de Gomelange comme caution pour garantir leurs emprunts. C’est pour cette raison qu’au XVe siècle, les seigneurs de Toulon (entre Nancy et Nomeny) étaient implantés à Gomelange et leurs armes furent retenues dans les armoiries modernes de la commune.

            On trouve aussi dans les détenteurs en partie de Gomelange, le marquis de Haen qui y créera une bergerie donnant le nom de Schäfferei à un quartier du village.

            Gomelange dépendit avant
la Révolution des juridictions de Vaudrevange, de Freistroff et enfin de Bouzonville. On citait en 1232, à Gomelange, deux moulins et une église ce qui laisse à penser que le village avait une certaine importance. En 1618, le conseiller ducal notait que c’était le plus beau et le plus riche village de la région. En 1708, il y avait 210 habitants et 89 chevaux mais en 1742, on ne parlait plus que d’une centaine d’âmes. Les recensements post révolutionnaires mettent en évidence une grande prospérité puisqu’en 1836 il y avait 779 habitants alors qu’un siècle plus tard en 1946, ils ne sont plus que 336. Depuis la croissance de la démographie est faible mais continue. Le choléra frappa le village lors de l’épidémie de 1854 et fit 52 victimes en sept semaines.

            La seconde guerre mondiale affecta directement la commune d’abord par la construction de trois ouvrages sur son ban (Abri de Gomelange, ouvrage de Behrenbach et abri de Colming) sans compter le gros ouvrage d’Anzeling tout proche et ensuite en septembre 1939 lorsque la population fut évacuée à Civaux dans

la Vienne. Il y eut aussi le retour pour la période d’occupation et pour retrouver un village dont 21 maisons autour de l’église avaient été détruites pendant leur absence.

            On remarque un maître d’école à Gomelange dés 1678 et après
la Révolution il y eut une école de garçons et une école de filles tenue par des sœurs enseignantes de St Jean de Bassel. L’école actuelle a été construite en 1875-1876. Le lavoir qui sert actuellement d’agence postale a été érigé quant à lui en 1869.

            Les moulins de Gomelange et de Colming appartenaient à l’abbaye de Villers-Bettnach depuis 1264. L’exploitation du moulin de Gomelange cessa en 1940 après avoir été utilisée comme scierie. Il y avait encore un autre moulin sur le ban, prés de Rurange, qui s’appelait le moulin de Gravatte.

            La paroisse de Gomelange est très ancienne comme le laisse supposer sa dédicace à St Martin. On sait que déjà au XIIe siècle, il y avait une église qui fut cédée par l’abbé de St Nabor à celui de Villers-Bettnach. Mais pourtant au XVIIe siècle, la quasi-totalité des dîmes revenait à l’abbaye de Freistroff. L’église actuelle a été érigée en 1752 alors que les orgues datent de 1869.

 

            Colming a toujours été une annexe de la communauté de Gomelange et on citait cette localité dés 1209 sous le nom de Colvinges qui dériverait également d’un nom franc comme Cholbo ou Kolbo. Le moulin de Colming fut très anciennement donné à l’abbaye de Villers-Bettnach mais en 1708, toutes les justices appartenaient au marquis de Haen alors que les dîmes revenaient à l’abbaye de Bouzonville. Sur le plan religieux, Colming était rattaché à la paroisse de Bettange.

 

            Guirlange (Gerildinges au XIIe) était partagé entre les abbés de St Nabor, de Villers-Bettnach et les chevaliers teutoniques dont les armes figurent au blason de la commune. Le seigneur de Boulay y avait aussi certains droits. La petite commune de Guirlange a toujours peiné à assurer le traitement d’un enseignant et l’entretien d’une école bien qu’en 1836, elle ait compté jusqu’à 159 habitants. Il n’en reste actuellement qu’une trentaine.

            La paroisse de Guirlange a toujours été rattachée à celle de Bettange bien qu’un document du XIIe siècle parle d’une église. Une chapelle, bien entretenue, est dédiée à
la Vierge et aux Saints Quirin, Cyriaque, Féréolle et Firmin ; elle attire chaque année un pèlerinage très fréquenté.

 

           
La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied (SHAN) a édité un fascicule sur l’histoire de Gomelange et de ses annexes de 77 pages A4. Prix de cession 18 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque a libellé à l’ordre de
la SHAN.. 

 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE CHÂTEAU-ROUGE (57)

Résumé de l’histoire de 

CHATEAU-ROUGE &  RODENDORFF 

La facilité voudrait que ces deux noms aient des rapport avec la couleur rouge mais si on considère le premier nom connu pour la localité en 1179 qui était Ruchenestorf, on voit que ce n’est pas si simple, d’autant qu’au XIIIe siècle, on écrivait Rudendorff alors que Rodendorff n’est apparu qu’en 1341. H. Hiegel pense donc que ce nom pourrait venir du nom d’un chef germain pouvant se nommer Ruchin ou Rudo. Nonobstant cela il y a bien eu une famille noble appelée Rodendorff et c’est même les armes de cette famille qui a été retenue pour établir le blason moderne de la commune qui est de Gueules (rouge) à fasce échiquetée (bande médiane horizontale en damier) d’azur (bleu) et d’argent (blanc).

            C’est en 1158 qu’il est fait la première mention de Château-Rouge, seigneurie lorraine dépendant de Bérus, lorsque le duc de Lorraine céda les dîmes du village à l’abbaye de Bouzonville. En 1341, Aubertin de Rodendorff dont on ignore l’origine apposa son sceau sur un traité de paix entre ses beaux-frères Arnould et Thierry de Felsberg et l’évêque de Metz. Au XIVe siècle, la seigneurie passa par héritage entre les mains des Baldering, des Rapviller et des Craincourt. Ensuite au XVe, la famille de Brandscheid en fit l’acquisition et suite à divers mariages, elle fut partagée entre les familles d’Eltz et de Metternich qui la conservèrent jusqu’au XVIIIe. Ensuite la famille d’Eltz rassembla entre ses mains l’ensemble de la seigneurie ainsi que celle de Freistroff.

Dés 1344, on signalait à Château-Rouge une maison forte qui fut remaniée au XVIe et au XVIIe siècle, ce qui fut corroboré par le docteur Régnier de Bouzonville au XIXe siècle lorsqu’il releva la date de 1596 sur la clé de voûte de la cave et celle de 1610 sur une pierre à l’angle nord du château. Cet édifice a actuellement complètement disparu et il ne reste que des dépendances qui, en 1681, étaient composées des fossés avec pont-levis, des étables, des jardins, d’un colombier et d’un moulin dont on retrouve encore le canal d’amenée d’eau. La seigneurie détenait directement deux maisons, environ 150 hectares de terres et 35 de prés ainsi que des vignes et des forêts.

La paroisse existait déjà en 1158 lorsque le duc de Lorraine attribua les dîmes à Bouzonville mais en 1560, une nouvelle convention changea la donne en attribuant la totalité de ces dîmes au curé du lieu. Par ailleurs le droit de patronage a, semble-t-il, toujours dépendu du seigneur. La liste des curés de Château-Rouge est bien connue depuis 1584 et la paroisse a eu plusieurs annexes dont Vœlfling depuis toujours et Oberdorff, Odenhoven et Tromborn par périodes.

L’église St Maurice était citée en 1698 et en 1746, son état catastrophique motiva l’interdiction d’usage décrétée par l’évêque. L’église fut reconstruite vers 1755.

La communauté de Château-Rouge était assez pauvre parce que la majorité des terres y était exploitée directement par les seigneurs et leurs fermiers. Si en 1610, on ne recensait que des paysans, il est remarquable de trouver dés 1680 des vignerons, dont les patronymes trahissaient l’origine française c’est-à-dire de la vallée de la Moselle, attirés par les seigneurs. En 1681, la vigne occupait 2 hectares et demi alors qu’en 1836 elle s’étendait sur 5 hectares 20 et en 1708 on dénombrait 5 laboureurs pour 8 vignerons.

Au titre des activités de la commune, signalons aussi la tuilerie qui était installée aux confins du ban prés de Sainte Marie et qui produisait jusqu’à 20.000 tuiles par an. Il y avait aussi une activité importante de carrières de pierres sur le versant du Berg et par ailleurs les seigneurs avaient installé un moulin banal en aval de leur château dont l’activité perdura jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Avant d’en terminer avec ce survol de l’histoire de Château-Rouge, notons deux événements similaires survenus au début de la guerre de 1870 et de la Seconde Guerre Mondiale. En juillet 1870, Pierre Mouty, douanier à Schreckling mais habitant à Château-Rouge, fut abattu à son poste par des Uhlans prussiens qui avaient fait une incursion en France. Cela se reproduisit en février 1940, lorsqu’un groupe de soldats français tomba dans une embuscade tendue par une reconnaissance allemande à la hauteur de la ferme Sainte Marie. Ces deux tristes événements sont commémorés par un monument au cimetière de Château-Rouge en souvenir du douanier Mouty et d’une stèle installée sur place à coté des établissements Starck en direction de Bouzonville.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des pays de la Nied  (SHAN) a édité un fascicule sur l’histoire de Château-Rouge de 50 pages A4. Prix de cession 15€ + frais d’envoi 5,40 €. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

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