( 1 février, 2011 )

HISTOIRE DE HARGARTEN AUX MINES (57)

Moulin banal de Hargarten

Ancien moulin banal de Hargarten 

 

HARGARTEN AUX MINES

L’histoire écrite de Hargarten aux Mines commence en 1179 sous le nom de Hargada ou Hergada. En 1295, on parlait de Hargarten les Faux c’est-à-dire les chênes qui devaient être nombreux dans la région puisqu’ils avaient déjà donné leur nom à l’abbaye de St Martin de Glandières. Si tous les spécialistes s’accordent sur le suffixe garten, les uns rapprochent Har de Flachs signifiant le lin, d’autres voient dans Har, le verbe harken (râteler) et d’autres encore une déformation de Herren (les seigneurs). Avant le village, il y avait la forêt du Warndt qui recouvrait toute la région ; pourtant des trouvailles archéologiques montrent que le site était déjà occupé par des hommes préhistoriques et ensuite qu’un diverticule de la voie romaine traversait le secteur avec un castrum romain près du Katzenrech.

Le duché de Lorraine partagea le Warndt entre les seigneurs de Varsberg, de Boulay et diverses entités religieuses. Le pied terrier de la seigneurie de Boulay de 1580 définit que la propriété était partagée par moitié entre le duc de Lorraine et Faust de Dalem mais que le moulin banal n’appartenait qu’au duc. Celui-ci engagea pour garantir un emprunt sa moitié de Hargarten aux seigneurs de Dalem.

La guerre de Trente Ans (1618-1648) détruisit totalement le village qui fut reconstruit plus tard plus au Nord. Au XVIIIe siècle, la famille d’Haraucourt, seigneur de Dalem, n’ayant pas d’héritier mâle fit sortir une de ses filles du couvent pour qu’elle épouse le marquis de Bissy, un militaire qui lorsqu’il tomba en disgrâce vendit Hargarten à la famille de Choiseul-Beaupré. A la Révolution la propriétaire était Mme la comtesse de Betz, veuve de Choiseul.

C’était le marquis de Faulquemont et Dalem qui nommait le curé ce qui explique qu’il fut souvent originaire de Faulquemont. Les grosses dîmes étaient partagées par tiers pour le seigneur, pour l’abbé de Villers-Bettnach et pour le curé. L’église de Hargarten existait déjà en 1327 et il est probable que la statue de la Vierge assise portant l’Enfant Jésus est contemporaine de cette église. Elle est placée sous l’invocation de St Michel. La paroisse était souvent la mère église de Dalem. Elle ne fut reconstruite qu’en 1747.

En 1846, on décida une nouvelle reconstruction de l’église et en 1856 du clocher. En 1922, le toit menaçait de tomber et la charpente dut être refaite. Les orgues Dalstein-Haerpfer furent installées en 1888.

Les registres paroissiaux permettant de suivre la démographie ne débutent qu’en 1689, encore sont-ils incomplets. En 1610, on comptait 60 habitants et en 1707, 192, ce qui prouve une recolonisation rapide après la guerre de Trente Ans. Au cours du XIXe et XXe siècle, la population oscilla entre 800 et 1200 habitants. Ce furent d’abord les mines de plomb qui attirèrent de la population, puis le chemin de fer et par la suite l’exploitation des houillères de Creutzwald voisines.

Le maître d’école est signalé depuis 1707 mais nous n’avons que peu de traces de la maison d’école avant 1817, le régent faisant l’école le plus souvent chez lui. Une nouvelle école fut construite en 1848 et en 1853, l’ancienne école réhabilitée fut destinée aux filles et fut confiée à une sœur de Peltre. En 1954, une école moderne fut construite et en 1959, il y avait quatre classes plus une maternelle et des logements pour les enseignants.

En 1860, le ban couvrait 560 hectares dont 313 étaient cultivés, 80 étaient en prairie, 127 en forêts. Mais en dehors de l’agriculture, une spécialité de Hargarten était ses mines de plomb et de cuivre. Elles furent exploitées au milieu du XVIIIe, d’abord par M. Saur qui était soutenu financièrement par le curé Koune qui subit de lourdes pertes lors de la déconfiture de l’entrepreneur. Ce sont ces mines de plomb qui donnèrent à Hargarten son suffixe -aux Mines.

Trois moulins ont existé à Hargarten : le moulin d’en haut ou Obertsmühl, le moulin du Soleil ou Sonnenmühl et le Hellenmühl qui était proche de Hargarten mais sur le ban de Falck. On peut citer aussi dans la liste des activités une tuilerie qui en 1812 produisait 90.000 tuiles par an, la brasserie Fendler et l’huilerie Auer.

La chance de Hargarten pour se développer fut le chemin de fer. Construit en 1877, la communauté souhaita voir la gare se situer entre les deux tunnels mais bien qu’elle porta le nom de Hargarten celle-ci fut installée après le second tunnel vers Falck. Ce tunnel trouva une utilité particulière à la libération de la seconde guerre mondiale en abritant beaucoup de familles lors de l’avancée américaine.

Dans la cadre des Mardis de l’Histoire , la Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  a publiée une nouvelle édition de la monographie communale sur Hargarten (90 pages Prix de vente 20 euros frais d’envoi 6,9€) Chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 Freistroff.

 

 

( 30 octobre, 2010 )

HISTOIRE DE HOLLING

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Vierge à l’enfant en bois du XVIIIe

HOLLING

Sous l’Ancien Régime et un peu plus tard

On pense que les peuplades antiques colonisèrent en priorité les hauteurs et que Holling dans la vallée ne fut occupée qu’à la période franque.

L’histoire de Holling a été un long combat pour devenir autonome. La première mention écrite du village date de 1196 sous la forme Hulingen. Holling faisait partie du duché de Lorraine et le duc avait délégué la haute justice aux seigneurs de Freistroff et Château-Rouge, à la dame de Bérus et aux comtes de Nassau-Sarrebruck. La seigneurie foncière était très divisée : il y avait le ban St Pierre dépendant de l’abbaye de Mettlach qui exerçait ses droits à travers Valmunster, le ban Notre Dame sous la juridiction de l’abbaye de Freistroff, le ban de Ste Croix lié à l’abbaye de Bouzonville qui avait choisi un voué pour défendre ses biens en la personne du seigneur de Dalem qui de ce fait avait aussi une partie du territoire. A cela s’ajoutaient des propriétaires indépendants comme l’abbaye de Mouzon qui avait été dotée en 971 d’une partie de Brettnach qui débordait un peu sur Holling. Ces droits étaient exercés par le prieuré de Rozérieulles et furent transmis ensuite au séminaire Ste Anne de Metz. La communauté de Holling avait aussi une partie du territoire.

Si on se rappelle qu’à cette époque, le maire ne représentait pas les habitants mais son seigneur et qu’il y avait à Holling au moins quatre maires défendant des intérêts divergents on se rend compte de la complexité de la vie communale.

Dans ce contexte difficile, la haute justice de l’abbaye de Mettlach était inféodée aux comtes de Nassau-Sarrebruck par les ducs de Lorraine. Le comte Jean IV avait trois fils dont un bâtard. Avant sa mort, il attribua à ses deux fils respectivement la seigneurie de Holling et celle de Bénestroff et légitima le troisième qui poursuivait des études à Pont à Mousson. Lorsque ses deux frères moururent, il réclama en particulier Holling. Après une longue épopée juridique, Jacques Paviot, gendre du bâtard de Nassau, soutenu par le duc de Lorraine, obtint la haute justice sur Holling et Rémelfang. Il fit construire à Holling une maison seigneuriale qui existe encore.

Les derniers seigneurs de Holling furent les comtes de Ligniville puis de Landreville.

Après avoir obtenu une autonomie civile grâce aux prétentions du fils naturel de Nassau, Holling voulut devenir indépendant sur le plan religieux. En effet, Holling faisait partie de la paroisse de Valmunster avec Eblange, Rémelfang et Velving. Cette libération passa par plusieurs étapes, Holling commença par se voir accorder un vicaire pour desservir Holling et Rémelfang, par la suite ce vicaire devint résident et enfin Holling devint paroisse indépendante mais seulement après la Révolution.

Avant de pouvoir être paroisse, les habitants durent construire une église en 1762 pour 2810 livres.

La situation géographique de Holling dans une plaine inondable le rendait dépendant du chemin qui est devenu la départementale et qui permettait seul aux habitants d’être reliés à l’extérieur. Elle fut l’objet de leurs préoccupations et en 1832, Bouvier du Molart écrivait que les notabilités du département se désintéressaient du secteur parce qu’il n’était pas représenté au Conseil Général bien qu’il soit un des plus productifs.

L’étude de la toponymie des lieux dits montre une solide tradition francique puisqu’aucun nom n’est de consonance française ; la population post-révolutionnaire oscilla entre 480 habitants pour 1836 et 210 en 1954. La remontée est actuellement amorcée. L’érudition généalogique de M. Alfred Louis a permis une étude approfondie des patronymes, des métiers, des surnoms depuis le XVIe siècle.

Les idées de la Révolution furent accueillies avec intérêt à Holling jusqu’à ce qu’elle s’attaque à son vicaire qu’elle avait eu tant de mal à obtenir. La mort du roi fut mal ressentie et lorsque la levée en masse lui demanda d’envoyer quatre volontaires, personne ne se présenta ; il fallut tirer au sort. Par la suite, les réquisitions en argent, en vivres et en transports rencontrèrent une mauvaise volonté manifeste.

Le Second Empire fut une période de prospérité, la première guerre mondiale se passa assez loin mais lui permit de regagner le giron de la France tout en gardant la mentalité méfiante envers l’avenir d’une localité proche de la frontière.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN)  a édité une nouvelle version de la monographie communale de Holling mis en vente (106 pages 20 € +/- 6,4€ de frais d’envoi par chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 FREISTROFF).

 

( 13 août, 2010 )

HISTOIRE DE MEGANGE (57)

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MEGANGE RURANGE

La commune de Mégange avec son annexe Rurange a une histoire assez particulière puisque ces deux villages forment une même commune suite à un mariage forcé décidé le roi de France en 1833. Cette cohabitation sous le même toit, si elle est paisible actuellement, a été mal supportée en ses débuts. En effet, seul le conseil municipal est commun aux deux localités qui ont un ban séparé, des forêts particulières et sont de paroisses différentes.

L’histoire de Mégange est liée à celle de Guinkirchen qui a toujours été sa paroisse et longtemps sa commune. Les armoiries de Mégange qui servent pour l’ensemble de la commune sont celles de la famille de Mengen qui a probablement eu son berceau dans ce village. On cite Mégange dés 1131 comme une dépendance de la seigneurie de Vry. Puis Jean II de Mengen fut nommé prévôt de Guinkirchen ou de Guirlange en 1270 et la famille fit des dons à l’abbaye de Villers-Bettnach.

Par la suite Mégange servit souvent à ses seigneurs de caution lors d’emprunt qu’ils faisaient et ainsi le village changea souvent de seigneur. Mégange faisait partie des villages à flageolets c’est-à-dire qui devaient une redevance en flageolets au couvent de Fraulautern. On sait aussi qu’en 1580, il y avait 16 maisons dont 5 étaient en commun aux abbés de Bouzonville et de Villers-Bettnach alors que les onze autres faisant partie de la mairie de Guinkirchen et de la seigneurie de Boulay et cette partie suivit le sort de Guinkirchen jusqu’à la révolution.

Mégange a toujours été une annexe de la paroisse de Guinkirchen et elle participait aux frais d’entretien de l’église de ce lieu ; elle fit pourtant des efforts constants pour disposer d’une chapelle particulière : il y avait eut d’abord une chapelle privée à l’extérieur du village qui fut rasée et reconstruite dans le village vers 1860. L’autorisation épiscopale avait acceptée la construction d’un oratoire mais alors la vente du quart de réserve de la forêt communale fut acceptée ; devant les caisses communales remplies, les responsables virent beaucoup plus grand et lorsqu’il fallut justifier le paiement par le budget communal commencèrent les problèmes administratifs.

De 1833 à 1870, les comptes rendus du conseil municipal étaient parsemés de plainte relative à l’union des deux villages prétextant que pourtant dans le secteur de plus petites villes qu’eux étaient indépendants. On écrivait même : « Nous sommes les seuls idiots incapables d’avoir les éléments d’une bonne administration (communale) ». Si au début, les maires demeurèrent à Mégange, une contestation s’éleva lorsqu’ils furent habitants de Rurange et que les habitants de Mégange durent se déplacer à Rurange. La population de la commune atteignit 340 personnes en 1851 pour retomber à 89 en 1975. Elle dépasse aujourd’hui les 150. Il est intéressant de noter qu’au XVIIIe et XIX e siècle, il y avait à Mégange de la vigne (7 hectares en 1820) et des vignerons.

Si la paroisse était à Guinkirchen, au XIXe, l’école était à Mégange et il y eut même à certaines époques deux instituteurs, un à Mégange et l’autre à Rurange.

L’épisode de la libération de 1944 fut particulier à Mégange puisque les soldats allemands qui devaient défendre la route montant de Burtoncourt vinrent chercher refuge dans l’abri où les habitants s’étaient protégés. La municipalité les remit désarmés aux troupes américaines.

L’histoire de Rurange commence en 1060 sous le nom de Rohenge et il fait partie du pays messin et de la seigneurie de Vry comme Mégange. Par la suite, il passe entre les mains de seigneur de Clervant et Courcelles-Chaussy à tendance protestante ce qui le différencie de Mégange et le rattache plutôt à Burtoncourt. A la Révolution, Rurange appartenait à la famille Le Duchat.

Le village a été autonome jusqu’en 1790 et devint annexe de Guinkirchen de 1813 à 1833, date de la création de la commune indépendante de Mégange avec Rurange comme annexe. Le village de Rurange avait en1742 quatre ménages juifs. Il a toujours souhaité avoir une école particulière mais c’est heurté à des difficultés financières qui ont empêché dans ce domaine une situation stable tant pour la maison d’école que pour les instituteurs. Un des problèmes de Rurange a été de trouver un débouché vers l’extérieur en défendant avec persistance la mise en état de la route de Burtoncourt à Gomelange ; pour des raisons d’économie, les habitants acceptèrent de se greffer sur la route de Bockange à Gomelange. Le village avait deux moulins celui de Rurange et celui de Gravatte vers Gomelange. Mégange n’avait qu’une petite forêt alors que les ressources forestières de Rurange étaient bien plus importantes.

La paroisse pour Rurange est depuis très longtemps Burtoncourt et sous l’Ancien Régime, les enfants allaient à l’école à Burtoncourt. Ceux qui n’avaient pas d’instruction parlaient le dialecte et se plaignaient de ne pouvoir comprendre les sermons du curé de Burtoncourt francophone.

Comme on le voit, la réunion des deux villages en une seule commune n’allait pas de soi mais le roi l’a faite.

La  Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  difuse une monographie de 50 pages sur l’histoire de Mégange et de Rurange  au prix de 18€ +5,4€ de frais d’envoi (chèque à l’ordre de SHAN).

 

 

( 13 août, 2010 )

HISTOIRE DE BOUCHEPORN (57)

Retable du XVIe Boucheporn

 

HISTOIRE DE BOUCHEPORN (Résumé)

Si l’autoroute A4 évite de justesse le village de Boucheporn, la voie romaine de Metz à Mayence le traversait bel et bien et lui a laissé un passé archéologique important. Il est probable que sans cette voie de passage, les ateliers de poteries n’auraient jamais eu le développement quasi industriel qu’ils eurent à l’époque gallo-romaine. Boucheporn exporta jusqu’en Angleterre des productions de potiers venant souvent du centre de la France. Lors de la construction de l’église, on mit à jour une mosaïque romaine et une statue de Minerve démontrant l’importance de l’étape.

La paroisse traduisit longtemps le statut de centre qu’avait Boucheporn en étant l’église mère des villages environnants dont Bisten en Lorraine, Zimming, Porcelette, Narbéfontaine, Niedervisse en partie et Obervisse. La dédicace de l’église à Saint Rémi est une preuve supplémentaire de l’ancienneté de la paroisse qui était déjà citée au VIIIe siècle. Progressivement ces paroisses obtinrent leur émancipation. La paroisse dépendait jusqu’en 1257 de l’abbaye Saint Martin de Glandières, puis de Hombourg-l’Evêque avant de passer en 1600 dans le temporel de l’abbaye de St Nabor.

L’église actuelle a été construite en 1770 aux frais des différentes composantes de la paroisse. Elle renferme actuellement encore un retable en pierre particulièrement intéressant et datant du XVIe qui représente le Christ et les 12 Apôtres et qui est probablement un souvenir de l’ancienne église. A coté de l’église, la façade de l’ancien ossuaire de 1846 a été conservée ainsi qu’une croix du choléra imposante bien qu’amputée. Le ban de Boucheporn présente encore un nombre important de calvaires du plus humble au plus conséquent.

L’histoire civile de Boucheporn n’est pas lorraine mais messine ou plutôt elle est liée à l’évêché de Metz qui reçut ce village avec le Warndt des mains de l’empereur Othon III en 999. Le village fut concédé à l’abbaye St Martin de Glandières qui céda le patronage à la collégiale de Hombourg lors de sa création tout en gardant la moitié des dîmes contre l’abbaye de St Nabor qui s’implanta progressivement.

L’histoire de Boucheporn fut marquée par les guerres. La guerre de Trente Ans ravagea le village au point qu’il fut reconstruit un peu à l’écart de son emplacement d’origine et il fallut attendre 1664 pour voir une recolonisation du village. Si la guerre de 1870 ne vit que le passage des troupes, la Première guerre mondiale fit neuf victimes au village et la Seconde guerre mondiale plaça Boucheporn au cœur de la Ligne Maginot entre les ouvrages du Mottenberg et du Kerfent. La population fut évacuée en 1939 à Gouex dans la Vienne. La démographie passa de 280 habitants en 1802 à 524 en 1982. Les enseignants étaient présents dés le XVIIe et l’école a été reconstruite après un incendie en 1908.

Le ban communal de Boucheporn donne naissance à deux rivières : la Rosselle et la Bisten. On peut citer aussi une particularité du village liée aux portes des maisons et des granges montrant une période de prospérité pendant l’Annexion.

A l’occasion de la soirée sur l’histoire de Boucheporn du mardi 18 janvier 2011, une monographie a été éditée par la SHAN : 64 pages A4 avec photos couleurs. Prix de vente 18€ plus 5,4€ pour frais d’envoi à régler par chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 FREISTROFF.

( 3 janvier, 2010 )

Histoire d’EBERSVILLER FERANGE ISING LABRUCK (57)

HISTOIRE D’EBERSVILLER

FERANGE ISING LABRUCK

 

La commune d’Ebersviller est constituée du village d’Ebersviller, de l’ensemble Férange, Ising, Labruck et de l’ancien moulin de la Kreschmuhle. On citait déjà le village en 960 sous le nom d’Everonisvilla signifiant la localité d’Eber ou d’Eburo et non Eber le sanglier comme supposé par les héraldistes modernes qui ont choisi le blason communal.

Ebersviller a surtout été possession de différentes abbayes comme celles de Villers-Bettnach, Rettel ou Bouzonville et même celle de St Pierre de Metz qui échangea ses biens à Ebersviller avec des biens à Arriance au bénéfice de Faust de Stromberg.

Progressivement les choses se sont compliquées : des bourgeois messins devenant propriétaires, le duc de Lorraine étant haut justicier et confiant un fief à la famille von Blumenau au XIVe siècle. La famille d’Eltz de Freistroff s’implanta alors petit à petit directement ou par l’intermédiaire de la seigneurie de Château-Rouge au cours du XVIIe et en 1660, le baron de Koenigsfeld, autre seigneur de Freistroff, avait aussi des biens à Ebersviller. En 1708, la haute justice était lorraine, le foncier était partagé entre les barons d’Eltz, de Metternich et de Zandt alors que les dîmes étaient aux chartreux de Rettel.

La paroisse existait déjà en 1221 et le droit de collation était attribué à l’abbaye de Wadgassen. A la Révolution, le curé Klein refusa le serment constitutionnel et émigra ; il fut remplacé par le curé Henry, fervent républicain, qui signait ses actes de naissance « officier public » et devint maire d’Ebersviller en 1793 ; accusé par la suite de conspiration, il fut condamné à mort et guillotiné à Paris. Il faut retenir aussi le curé Dominique DURANT (1851-1875) qui eut la lourde tâche d’assurer le suivi du projet de construction d’une nouvelle l’église sous trois maires successifs dont au moins deux étaient opposés à cette construction ainsi qu’à celle d’une école pour les filles.

L’église actuelle date de 1879 et remplaça une construction de 1736. Le projet rencontra beaucoup de difficultés pour être mis en place et par la suite la réalisation se révéla désastreuse à cause de multiples malfaçons entraînant des actions judiciaires contre l’entrepreneur et contre l’architecte. Ce fut le nouveau curé, l’abbé Kremer, qui avec un nouveau maire mena à bien l’ambitieux défi. Les grandes orgues datent de 1896 et sont l’œuvre de la manufacture Dalstein-Haerpfer de Boulay ; c’est un instrument exceptionnel de 25 jeux.

Au XIXe, le ban couvrait 1407 hectares dont 622 de terres labourables, 634 de forêts et 3,4 de vignes. Comme dans beaucoup de communes, un remembrement des terres fut effectué après la guerre de Trente Ans en 1691. Les forêts couvraient donc presque la moitié de la superficie communale ; on notera aussi la présence d’un vignoble notoire. Depuis la Révolution, la population d’Ebersviller évolue entre 1145 habitants et 472 en 1968. La reconstitution de familles du cercle généalogique a mis en évidence une activité importante dans la commune, entre 1750 et 1850, avec les enfants mis en nourrice par des particuliers ou par l’hôpital St Nicolas de Metz, ce fut presqu’une industrie.

Vu l’importance du village, on dut se pencher, au XIXe siècle, sur la séparation des sexes à l’école et comme pour l’église cette question donna lieu à une joute épique entre le maire, opposé à la dépense, et le curé défendant la morale et soutenu par l’Inspection académique.

Il faut aussi rappeler l’impact de la ligne Maginot sur la commune d’Ebersviller avec diverses implantations comme l’entrée du Michelberg, l’abri Bilmette, les casemates du Hubnerbusch, la casemate d’Ising et l’abri du bois de Férange sans oublier le camp installé à Férange.

 

Férange est connu depuis 1137 sous le nom de Viringen. Au XIIe siècle, l’abbaye de Bouzonville avait des possessions et la seigneurie de Boulay en 1580 déclarait que le duc de Lorraine y était le seul souverain grâce à la seigneurie de Sierck et qu’il partageait le foncier avec les seigneurs de Château-Rouge, de Bisbach et de Dullange en tant qu’héritiers des seigneurs de Volmerange. Il semble qu’anciennement Férange était partagé entre les abbayes de Rettel et de Mettlach dont la part revint ensuite à Boulay. En 1707, la population de Férange était de 83 personnes mais avec 46 enfants ce qui met en évidence cette période de relance après la guerre de Trente Ans et ses suites. Il y avait une école à Férange au moins depuis la Révolution et un moulin était déjà cité en 1317.

Ising était aussi une localité autonome connue depuis 1580, la seigneurie de Boulay déclarant alors que Sierck (le duc de Lorraine) y avait toutes les justices mais en 1707, le foncier était partagé entre le baron d’Eltz et M. Dostang alors que les dîmes allaient aux chartreux et à M. Koeller. En 1707, Ising comptait 52 habitants avec Labruck.

Le moulin de Kreschmuhle dont le nom signifie moulin à son, est cité à partir de 1808 et il fonctionna jusqu’à la seconde guerre mondiale comme moulin à farine pour devenir après une exploitation agricole, ravagée en 1984 par un incendie.

 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN Château St Sixte 57320-Freistroff)  a édité un fascicule sur Ebersviller, Férange, Ising et Labruck de 70 pages et vendu 18 euros (+ 5,4€ pour frais d’envoi).

Chèque libellé à l’ordre de la SHAN

 

( 30 septembre, 2009 )

HISTOIRE DE CONDE-NORTHEN, PONTIGNY & LOUTREMANGE

HISTOIRE DE CONDE-NORTHEN, PONTIGNY et LOUTREMANGE (Résumé)

            Si les communautés de Condé et de Northen ont eu partie liée au cours de l’histoire depuis des temps immémoriaux, Pontigny ne faisait que paroisse commune avec Condé et Loutremange a été communauté indépendante jusqu’à son association en 1979 avec la commune de Condé-Northen.

            Le site a été occupé depuis des temps très anciens puisqu’on y a retrouvé un bracelet à tampons du IIIe siècle avant J.C. et que le pont sur la Nied donnait passage à un importante voie romaine. On sait aussi que, entre Loutremange et Helstroff, il y avait une grande villa gallo-romaine.

            Condé doit sans doute son nom au confluent des deux Nied (du latin condate). On sait que dés le Xe siècle, Condé était lorraine mais l’influence messine devint importante dés le XVe siècle. Cela entraîna parfois des quiprHISTOIRE DE CONDE-NORTHEN, PONTIGNY & LOUTREMANGE dans Monographies communales clip_image002oquos étonnants, les soldats lorrains pillant Condé comme partie du pays messin. On sait qu’en 787, l’abbaye de St Avold confia la protection de sa propriété à Condé au comte Folmar de Metz.  L’abbaye de St Martin devant Metz détenait le patronage dés le XIIe et au XIIIe siècle, les seigneurs de Volmerange lui cédèrent leurs possessions à Condé et à Northen. En 1588, l’abbaye de St Martin périclita et ses biens furent dévolus à la Primatiale de Nancy. Peu après survint la catastrophe de la guerre de Trente Ans qui détruisit totalement le village qui entourait le cimetière dans lequel s’élevait l’église.

            La paroisse placée sous l’invocation de St Germain a été signalée dés 787 et l’église mère qui s’y trouvait desservait Condé, Northen, Pontigny et Volmerange qui devint autonome en 1750. La première église fut sans doute une construction des Templiers c’est-à-dire au XIIe ou XIIIe siècle. Bien que le village ait été détruit à la guerre de Trente Ans l’église fut probablement réparée mais son état et ses dimensions entraînèrent son interdit  au XVIIIe. Ce ne fut qu’au milieu du XIXe siècle que l’église actuelle fut construite retrouvant une place au milieu du village. Il subsiste des éléments de l’ancienne église comme l’armoire eucharistique, les fonts baptismaux et quelques pierres sculptées.

            La commune disposait d’un presbytère qui est actuellement la mairie alors qu’un nouveau presbytère fut acheté en 1959.

            Le moulin de Northen  appartenait à la Primatiale de Nancy et était banal pour Condé et Northen. Son installation avait la particularité de pouvoir continuer à travailler même pendant les périodes d’inondation contrairement aux autres moulins de la région. Il fonctionna jusqu’en 1922. Il y avait aussi à Condé une tannerie, une distillerie et une carrière de pierre. Le vignoble de Condé était important : 16 hectares en 1607 et en 1820 et 20 en 1844. La gare de Condé fut opérationnelle de 1876 à 1969.

            PONTIGNY vient de Pont à Nied, passage de la voie romaine sur la rivière. Le village fit d’abord partie de Raville qui le céda à l’abbaye de St Martin de Glandières. Elle vendit Pontigny au XIIIe siècle au sire de Neufchastel. Pourtant la famille Niedbruck existait depuis le XIe siècle et elle fut anoblie par Charles Quint. En 1583, la seigneurie passa à la famille de Custine qui la conserva jusqu’à la Révolution. Une maison forte s’élevait au Nord du pont pour le défendre et pour percevoir les péages. Pontigny faisait partie de la paroisse de Condé mais avait une chapelle castrale dédiée à St Sébastien entourée d’un cimetière. On trouve trace à Pontigny d’une tuilerie et d’une huilerie.

            LOUTREMANGE était un fief lorrain qui fut d’abord propriété de l’abbaye Ste Glossinde de Metz puis de celle de St Vincent au Xe siècle. Par la suite, le sort de Loutremange fut lié à celui de Varize le fief comprenant Varize, Loutremange et Les Etangs mais St Vincent y avait toujours ses possessions.

La chapelle de Loutremange est dédiée à St Nicolas ; elle se trouvait précédemment au milieu du village le long du ruisseau. Elle fut reconstruite à sa place actuelle en 1764. Les recensements nous montrent qu’en 1836, il y avait 187 habitants à Loutremange pour seulement 36 en 1982. La commune de Loutremange décida la fusion association avec la commune de Condé qui fut effective le 1 juin 1979.

 

L’arbre de la liberté de Northen

            Lors de la Révolution de 1848, Northen décida de planter un arbre de la liberté contre l’avis de Condé. Une fois planté, les habitants voulurent qu’il soit béni mais le curé avait refusé de participer à cette manifestation. Une procession se mit en route depuis Northen avec l’agent de police et son tambour, un musicien et 3 jeunes hommes armés de haches. Arrivés devant la cure, l’agent de police battit du tambour et pénétra dans la cure où il trouva un curé tout disposé à venir bénir l’arbre de la liberté. La procession repartit donc avec le curé au son du violon et le curé s’exécuta ouvrant des festivités arrosées qui se terminèrent tard dans la nuit.

 

 

Condé-Northen-Rue-Principale-Actuelle-Grange-de-Condé-Coll.H.Schoun dans Monographies communales

    
La Grange de Condé autrefois
           
La  Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN Château St Sixte 57320-FREISTROFF) tient à la disposition des amateurs une monographie de 110 pages réalisant une synthèse des recherches de M. Henri SCHOUN sur Condé-Northen, Pontigny et Loutremange. Prix de cession 20 €  (plus frais d’envoi 7€) à régler par chèque à l’ordre de la SHAN

( 8 septembre, 2009 )

HISTOIRE de DENTING (57)

DENTING

Histoire d’un village rebelle

 

            Le village de Denting a la particularité d’avoir l’histoire d’une enclave dans le duché de Lorraine dépendant du comté de Créhange et donc de l’empereur romain germanique. Le cas était identique pour Momerstroff et la partie Sud de Niedervisse.

            A l’origine, la localité se situe autour de l’église de Welling qui fut sans doute une des premières paroisses du secteur, peut-être même antérieure à Varize et à Boulay. Progressivement les habitations s’installèrent dans la vallée du Kaltbach et l’église resta seule sur le plateau avec quelques maisons, si bien que lorsqu’il fallut rétablir l’église paroissiale qui avait beaucoup souffert du temps et des guerres, les habitants réclamèrent que leur chapelle soit érigée en église mère ce qui fut fait en 1717.

Les seigneurs de Denting avaient été tout d’abord de la famille de Fénétrange ; les droits passérent ensuite entre les mains de Jean de Varsberg qui, étant mort sans héritier en 1284, transmit ses biens à ses neveux dont l’ancêtre de la lignée de Créhange et celui des Dagstuhl qui gardèrent la seigneurie en partage jusqu’à la Révolution : deux tiers pour les Créhange et un tiers pour les Dagsthuhl. Par la suite, les mariages apportèrent les biens du comté de Créhange à la famille du comte de Wied-Runkel tandis que la part de Denting des Dagstuhl passait à la famille Sotern. La commission d’héraldique moderne a choisi de faire figurer dans le blason de la commune de Denting une partie Créhange et une partie Sotern.

Au XVIIIe siècle, l’ensemble des villages du comté de Créhange refusa de participer au tirage au sort pour la conscription avant que le comte ne justifie les ordres et les impôts réclamés. Le village de Denting fut particulièrement en pointe de la contestation et le conflit dura jusqu’à la Révolution avec occupation armée des villages rebelles sans obtenir qu’ils se rendent mais ils avaient la possibilité de mettre leurs personnes et leurs biens à l’abri en passant en Lorraine. Le comte essaya vainement de vendre son comté à la France pour sortir de sa situation enclavée territorialement. Il fallut attendre la Révolution pour que Denting devienne français. Denting prônait alors l’amitié avec les Français tout en réclamant la conservation de ses particularismes. Il n’y eut jamais de réponse à ses requêtes et la commune fut noyée dans la république. Pourtant les habitants défendirent âprement leurs droits de pratiquer la religion catholique d’abord en jouant sur l’extraterritorialité puis après l’annexion en résistant ouvertement aux lois antireligieuses protégeant un prêtre originaire du village, l’abbé Laglasse, en allant jusqu’au coup de feu lorsque cela était nécessaire.

L’église actuelle a été reconstruite en 1791 et avait été financée par les décimateurs le comte de Créhange et l’abbesse de Fraulautern qui s’étaient faits beaucoup prier pour en arriver là. La reconstruction fut totale mais  on conserva le clocher cylindrique de l’ancienne église jusqu’en 1890.

La commune de Denting abritait une communauté juive  d’environ 50 personnes. Ils avaient un cimetière à la sortie vers Coume mais la synagogue était celle de Niedervisse. Après la Révolution, les juifs quittèrent Denting pour la ville et le dernier partit en 1875 pour Boulay.

Un chapitre particulier de l’histoire de Denting est lié à la Seconde Guerre Mondiale. Le ban communal était traversé par l’assise de la ligne Maginot  qui se concrétisa sur le terrain par l’ouvrage  A 28, composé de 3 blocs de combat vers Ottonville. De l’autre coté du ban, vers Niedervisse, fut implanté, au Ban Saint Jean, un camp militaire. Après l’armistice, il abrita d’abord des prisonniers de guerre français puis en 1942, il fut transformé en camp de concentration pour les prisonniers soviétiques et en particulier ukrainiens. Les mauvais traitements et le manque de nourriture firent beaucoup de victimes mais leur nombre reste encore à préciser.

 La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (Chateau St Sixte 57320 FREISTROFF) dispose d’un fascicule de 75 pages sur l’hsitoire de Denting et de ses annexes au prix de 18€ (+ port)


 

 

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE VALMUNSTER (57)

VALMUNSTER 

et sa chapelle du Xe siècle 

            L’histoire écrite de Valmunster débute vers 1142 mais c’est probablement peu après la fondation de l’abbaye de Mettlach à la fin du VIIe siècle que Gervinius et Gunza, parents du fondateur de l’abbaye, dotèrent celle-ci des territoires de Valmunster, Velving, Eblange, Rémelfang et Holling. Dés 950, ce lieu s’appelait Villa Walamonasterii et une des explications de ce nom peut découler de l’ancien allemand où wallen signifie aller en pèlerinage donc une église de pèlerinage ce qui pourrait être confirmé par la survivance en platt de l’appellation Wallmeschta.

            Initialement la paroisse rassemblait l’ensemble des localités existantes sur la donation du VIIe siècle et progressivement Eblange puis Holling et Rémelfang et enfin Velving obtinrent le titre de paroisse. Pendant longtemps chaque village dût conduire ses morts au cimetière de Valmunster par le Totenweg ou chemin des morts. L’ancienneté de l’église mère de Valmunster détermine aussi l’ancienneté de l’église dont certaines parties remontent au Xe siècle c’est-à-dire le style roman mais ce n’est qu’à partir de la guerre de Trente Ans (1634) que la paroisse fut rattachée à l’abbaye de Mettlach. Pendant cette guerre, elle a été un lieu de culte pour les Suédois protestants puis une écurie pour les chevaux. La chronologie des modifications a été, selon l’abbé Weyland, la suivante : le clocher roman aurait été construit au XIe siècle, le chœur gothique et les deux premières travées de la nef  au XIIe-XIIIe siècle et les deux dernières travées et la tribune vers 1537. Sur un cadastre de 1830, on constate qu’il y avait devant l’entrée actuelle ce qui pouvait être un chœur ou un porche qui a disparu. L’intérieur de l’église montre des arcs gothiques avec clés de voûte armoriés dont celle devant l’autel de St Joseph qui porte les initiales de Gabriel Weyland et la date de la fin de la restauration de 1978 dans laquelle ce dernier curé titulaire a investi une partie importante de ses ressources personnelles.

            Les curés de cette paroisse furent presqu’exclusivement des religieux de Mettlach mais parfois l’évêque de Metz réussit à imposer son candidat contre celui de l’abbé. Par la suite, l’abbaye de Mettlach mit en place plusieurs religieux pour gérer ses intérêts matériels. Un des anciens curés de Valmunster, le père Kleiner devint abbé de Mettlach mais ne supportant pas cette fonction, il vint se réfugier à Valmunster et dût être reconduit par la force à Mettlach provoquant un incident international entre la France et le Grand Electeur de Trèves pour violation de frontières.

            Valmunster  bénéficia au XIXe siècle d’une activité industrielle grâce à la découverte juste avant
la Révolution d’un gisement de charbon argileux qui n’aurait pas eut beaucoup d’importance s’il n’avait permis d’exploiter l’alun avec lequel on pouvait fabriquer du vitriol et des colorants comme l’azurite et le rouge d’Angleterre. L’entreprise industrielle fut conduite par la famille Bouvier du Molart dont l’ancêtre était lieutenant civil et criminel à la maîtrise des eaux et forêts de Bouzonville et dont le plus connu devint baron en 1814 après une carrière éminente au service de Napoléon. C’est cette famille qui construisit le château.

            Les villageois de Valmunster menèrent une longue procédure (1745-1785) contre l’abbé de Mettlach pour un pré d’une demie fauchée (6 ares) qu’ils disaient appartenir à la communauté et contre le curé pour un sentier qui leur permettait d’atteindre directement l’église et le cimetière ; c’est  pour cela que les habitants avaient ouvert un passage à travers le jardin du curé qui s’efforçait d’élever des palissades pour les en empêcher. Finalement la communauté fut déboutée au sujet du pré mais obtint du curé qu’il accepte le passage actuel, partant de la maison du pâtre qui est encore signalée par le puits prés de la route départementale et montant directement vers le plateau paroissial. 

La Société d’histoire de d’archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a repris l’ouvrage de l’abbé Weyland en le complétant ; le fascicule de 73 pages est vendu 18 euros + frais d’envoi 5,40 €. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE HOLLING (57)

Résumé de l’histoire de 

HOLLING 

Histoire d’un village tiraillé entre les grandes abbayes locales 

Les armoiries modernes de la commune de Holling ne traduisent qu’imparfaitement l’histoire du village ; elles se résument à une tête de cerf, rappelant St Hubert patron de la paroisse, portant entre ses bois la croix ancrée de la seigneurie de Boulay dont dépendait Holling.

             Le nom de Holling fait sa première apparition dans des écrits de 1196 sous la forme de Hulingen qui sera transcrit au cours des temps en Olim en 1656 et  en Holling dès 1600. H. Hiegel pense qu’il s’agit d’une localité créée sous le contrôle d’un chef germanique nommé Hollo. Le village ne s’est installé que tardivement à son emplacement actuel, les premiers colonisateurs de la région ayant d’abord établi leurs implantation sur les plateaux voisins.

            Depuis le début de nos connaissances, il est établi que la propriété foncière était partagée entre les abbayes de Mettlach (110 hectares), de Freistroff (58 ha), de Bouzonville (elle partageait les droits sur des biens d’autres seigneurs) et l’abbaye de Mouzon bien implantée à Brettnach, et les seigneuries de Freistroff et Château-Rouge alors que le droit de vouerie revenait aux seigneurs de Dalem. La haute justice était partagée entre les seigneurs de Freistroff et Château-Rouge pour 18 maisons, la dame de Bérus pour 8 maisons et l’ensemble du ban et les comtes de Nassau-Sarrebrück pour Holling-Haut, Titting et le ban Saint Pierre de l’abbaye de Mettlach. Mais les ducs de Lorraine s’efforçaient progressivement de ramener sous leur coupe l’ensemble de la haute justice dans le cadre de l’office de Bérus.           

            La population du village progressa de six foyers fiscaux en 1547 (soit 27 habitants environ) pour atteindre entre 100 et 130 habitants avant la guerre de Trente Ans (début du XVIIe) et retomba à une trentaine à la fin de cette guerre. A la Révolution, on estime la population à 420 habitants.

            La communauté de Holling avait quelques annexes comme le village de Titting situé entre la route départementale et la Nied en face qu chemin des morts conduisant à l’église de Valmunster. Il y avait là une dizaine de maisons maximum qui dépendaient de la paroisse de Bettange. Une autre annexe se nommait Pfenningen et était située aux portes de Téterchen de l’autre côté de l’actuelle ligne de chemin de fer. Il faut noter aussi le moulin de Holling ou moulin des Vannes qui se trouve en réalité sur le ban de Freistroff.

            L’histoire paroissiale est également intéressante puisque Holling avec Eblange et Rémelfang constituait la paroisse de Valmunster. La lutte fut longue pour obtenir un vicaire résident et si l’église paroissiale a été construite en 1764 ce n’est que lors du concordat de 1802 que Holling devint paroisse indépendante.

            Comme nous l’avons dit plus haut, si la plus grande partie de la haute justice appartenait au duc de Lorraine qui l’exerçait par l’intermédiaire  de l’office de Bérus, cette haute justice sur la partie dépendant de Mettlach était inféodée aux comtes de Nassau-Sarrebrück.  A la fin du XVIe siècle, le comte de Sarrebrück, Jean IV eut un fils, Philipe, avec une servante et il le légitima avant de mourir. Etant devenu tabellion impérial  et demeurant à Nancy, Philippe céda ses prétentions sur Holling au seigneur de Henning mais en 1596, il se ravisa, revenant sur sa décision et entreprenant une longue procédure contre les héritiers légitimes. Le comte de Nassau-Sarrebrück accorda à Philipe une rente annuelle et héréditaire sur l’office de Holling contre une renonciation de Philippe sur ses prétentions mais il devint administrateur de la haute justice de la mairie de Holling. En 1602, le comte de Nassau-Sarrebrück vendit Holling  aux Créhange qui la cédèrent rapidement aux seigneurs de Freistroff. 

            Pendant les malheurs de la guerre de Trente Ans, le tabellion Philippe, de connivence avec le duc de Lorraine Charles IV, reniant ses engagements et ses serments, assigna le comte de Nassau-Sarrebrück en justice lui réclamant à nouveau ses droits sur Holling et la justice ducale lui donna raison dans ses prétentions. Du coup, les Warsberg réclamèrent aux Créhange le remboursement du prix et des dommages et intérêts, les Créhange se retournèrent contre les Nassau-Sarrebrück. Les démêlés judiciaires se poursuivirent jusqu’en 1660. Le retour de Charles IV en ses états favorisa l’implantation des descendants de Philippe le tabellion à Holling et Jacques de Paviot, époux de la petite fille du tabellion obtint la jouissance tranquille du fief et y construisit la maison seigneuriale qui est actuellement la maison de la famille Louis juste après les serres de l’entreprise Goby. Cette famille conserva Holling, Rémelfang et Eblange jusqu’à la Révolution. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN ) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a édité une monographie de plus de 100 pages écrite par M. Alfred LOUIS et disponible contre 18€ plus frais de port (6,90 €).  Chèque a libeller à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE D’OTTONVILLE (57)

Résumé de l’histoire d’OTTONVILLE 

Enclave messine en Pays Lorrain 

            Toute l’histoire d’Ottonville et de Ricrange est résumée par une carte de Durival de 1756 montrant les deux villages entourés d’une frontière rouge qui les isole de la seigneurie de Boulay parce qu’ils dépendaient du chapitre cathédral de Metz. Bien sur, des liens s’étaient établis entre cette enclave et le puissant seigneur de Boulay qui en était devenu, de fait, le protecteur (seigneur-voué). La première citation du village d’Octonvilla se trouve dans le cartulaire du chapitre cathédral de Metz en 1128. La communauté se signala ensuite en 1321 en signant un accord de protection avec son puissant voisin, le seigneur de Boulay contre redevance, état qui subsistera jusqu’à la Révolution ; cet acte nous permet de connaître la liste des habitants des deux villages. Le village subit de plein fouet les affres de la guerre de Trente Ans (1618-1648) et le curé Champlon de l’époque a laissé une description apocalyptique des exactions perpétrées par les soldats suédois, croates et même lorrains et français ; le village de Guérange, qui était situé prés de la route de Téterchen, disparut complètement et les deux localités d’Ottonville et de Ricrange perdirent plus de 65% de leur population. 

            L’école d’Ottonville est attestée depuis 1679 et servait pour les deux villages mais Ricrange eut son école particulière de 1831 à 1967. La commune a gardé des cicatrices de la Seconde Guerre Mondiale avec certains ouvrages de la ligne Maginot comme le Bovenberg, la casemate du Langhep et celle qui se trouve dans le bois d’Ottonville. 

            Il y avait à Ottonville, deux moulins dont le moulin banal qui existait déjà en 1321 et les habitants avaient l’obligation d’utiliser les services de ce moulin pour moudre leurs grains sous peine d’amende. Le moulin bas était probablement une huilerie qui est déjà évoquée en 1580. 

            La paroisse d’Ottonville était composée d’Ottonville, de Ricrange, de Guérange, d’une maison à Eblange, d’une autre à Roupeldange ainsi que de quelques terres à Téterchen. Les curés d’Ottonville sont connus depuis 1521 et les paroissiens semblent avoir bien supportés leurs curés jusqu’après la Révolution. Mais lorsque l’administration n’exauça pas leur demande d’avoir l’abbé Lang comme curé, tout changea. L’abbé Paquin fut accusé d’être un joueur et un ivrogne, le suivant reçut une délégation d’Ottonville à Rémelfang qui le menaça s’il acceptait sa nomination à Ottonville, quant à l’abbé Streiff, venant de Coume, malgré ses 74 ans, sa conduite fut jugée inconvenante. L’abbé Burtard qui lui succéda resta dans la paroisse 64 ans  mais n’eut pas un ministère facile. Il construisit néanmoins deux églises au village, la première en 1826 qui fut remplacée par l’église actuelle en 1846. Ce bâtiment n’eut pas beaucoup de chance, en juillet 1862, la foudre abattit le clocher, en 1911, toujours la foudre en provoqua un incendie et le 25 novembre 1944, les soldats américains le démolirent parce qu’il servait de poste d’observations aux Allemands. Il n’a pas été reconstruit à l’identique comme le voulait les habitants c’est pourquoi Ottonville a actuellement un clocher très particulier et original pour la région. Il ne faut pas oublier non plus les magnifiques orgues qui datent de 1900 avec un nouveau buffet créé après la guerre. 

            Ricrange a aussi sa chapelle qui succède à une chapelle privée érigée en 1699. La chapelle actuelle date de 1780 mais n’a été consacrée à l’Immaculée Conception qu’en 1803. Elle a bénéficié d’une restauration complète en 1999. Un calvaire à droite de l’entrée présente une Vierge et les deux statues de St Sébastien et de St Roch avec son chien, ce qui laisse supposer qu’il s’agissait d’une croix érigée à l’occasion des épidémies de choléra du milieu du XIXe siècle. 

            Une dernière particularité de la commune d’Ottonville est qu’il  était interdit aux juifs de s’y installer sans doute parce qu’il s’agissait d’une propriété appartenant au chapitre de la cathédrale de Metz donc à l’Eglise catholique. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 Freistroff a édité un fascicule de 78 pages A4 sur l’histoire de la commune de Ottonville-Ricrange. Prix de cession 18 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque a libellé à l’ordre de la SHAN. 

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