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( 11 juillet, 2020 )

MENSKIRCH (57) Monographie N°48

Bien qu’il faille se méfier des évidences, il semble bien que Menskirch tire son nom de Martinskirche. On retrouve dans les armoiries communales, l’église sous le manteau de St Martin avec des fleurs de lys pour rappeler que dès 1631, Menskirch était français, cédé au royaume de France pour faciliter la circulation des Français entre Metz et Sarrelouis.
Il y aurait eu un château à Menskirch, disparu sans laisser de traces, possession successive des Fénétrange, des Florange, des Ennery puis au XVe des Siersberg. Finalement les Eltz y eurent des biens qui se transmirent ensuite aux de Wendel.
AU XVIe siècle, le patronage était encore aux Puttelange mais à la fin de l’Ancien Régime, c’était les comtes de Hunolstein de Hombourg-Budange qui nommaient les curés. L’église qui a toujours desservie Dalstein a été reconstruite en 1751 sur la colline séparant les deux villages; le presbytère et le cimetière sont justes à coté. A l’intérieur une magnifique chaire à prêcher en bois sculpté serait une oeuvre des Guldner de Bérus.
La fusion napoléonnienne de 1811 entre Dalstein et Menskirch ne fut pas un succès puisque la mésentente fut permanente jusqu’à la scission en 1920; les conseillers de Dalstein observèrent une grève des conseils municipaux ce qui entraîna leur destitution mais ayant été réélus dans le même état d’esprit, il ne resta plus à l’administration qu’à prononcer la séparation des deux communes, ce qui se passa assez amiablement puisque chacune admettait que le divorce était indispensable.
Menskirch avait un moulin qui tourna jusqu’en 1932. La ligne Maginot apporta quelques bénéfices financiers liés à quelques expropriations mais aucun ouvrage n’est implanté sur la ban de Menskirch même si une casemate porte son nom alors qu’elle est sur le ban de Dalstein.
Pour finir, on notera l’existence du village disparu de Hanfgarten qui se trouvait entre Menskirch et Neudorf. Contrairement à certains villages victimes de la guerre de Trente Ans, on sait qu’en 1708, il payait encore 28 livres de subvention; il avait donc survécu au fléau. Il n’en reste aucune trace.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Hôtel communautaire 29a rue de Sarrelouis 57220-BOULAY poursuivant son effort pour que chaque commune de son secteur d’activité dispose d’une monographie communale a décidé de mettre à la disposition des amateurs les renseignements rassemblés sur l’histoire de Menskirch. Il s’agit de la monographie communale N°48 comptant 62 pages A4 qui coûte 15€ plus 5€ de frais d’envoi à payer par chèque à l’ordre de la SHAN.

( 9 mai, 2020 )

La seigneurie de Bérus par Jean Michel BENOIT

LA SEIGNEURIE DE BERUS

Probablement au début du XIIIème siècle, les ducs de Lorraine ont fait construire un château à Berus dont la mission est d’assurer la protection de leurs biens dans le « Niedgau ». Les seigneurs du lieu doivent sécuriser la route menant de Boulay à Wallerfangen et sont peut-être chargés de la sous-vouerie de l’abbaye de Bouzonville. Berus est évoqué pour la première fois en 1248, lorsque le duc Mathieu II donne la ville à son épouse Catherine de Limbourg, en échange de biens qu’elle possède à Sarreguemines. Au départ, quelques chevaliers portant le nom de Berus ont tenu ce fief ; ils blasonnaient « d’azur, trois lions d’argent couronnés, armés et lampassés d’or ». La ville de Berus a d’ailleurs repris en 1964 ses lions dans son blason en y ajoutant une muraille crénelée qui rappelle la forteresse moyenâgeuse.

Dès 1364, le duc de Lorraine a laissé le château et la ville de Berus à Burkhard, seigneur de Fénétrange et à sa femme Blantzflor de Valkenstein. Durant une courte période, de 1443 à 1664, Berus est un fief de Nassau Sarrebruck. Lorsque le fief n’est pas attribué, le duc nomme sur place un officier, un bailli, un prévôt ; Jean de Brandscheid dit Geburger, seigneur de Château-Rouge, Jacques d’Haraucourt, époux d’Oranne de Dalem, Jean de Schwartzenberg, sont quelques officiers du duc à Berus.

À partir de 1544, le fief passe à la puissante famille d’Isembourg : par échange avec le duc de Lorraine elle reçoit Berus contre Châtel-sur-Moselle, Bainville et Velacourt. Sous l’administration d’Anna d’Isembourg (1544-1581), la seigneurie connaît son apogée. Elle fait construire à Berus un nouveau château et restaure la porte Scharfeneck sur laquelle on peut voir aujourd’hui encore ses armes et les portraits de ses deux époux.

On connaît bien les droits de la dame de Berus grâce aux 12 records de justice qu’elle a fait établir en 1572. À cette époque la seigneurie se compose de 30 villages (22 sont en Moselle et 8 en Sarre) soit 423 feux, 17 paroisses, 4 censes : Valmunster (Abbaye de Mettlach), Odenhoven (Chartreuse de Rettel), Sermelingen (Couvent de Fraulautern) et Düren (Abbaye de Longeville). La dame de Berus a aussi des droits dans les forêts ou Houve de Forweiler, dans deux bois entre Felsberg et Limberg près de Vaudrevange et surtout dans la Houve de Merten. Elle peut y prendre son bois, bénéficie de la glandé et vaine pâture, des confiscations et amandes, des dîmes sur les défrichements et peut y chasser.

En tant que seigneur haut justicier, elle a le droit de connaître toutes les causes entre les sujets, de juger les crimes, de faire la police, d’avoir des prisons et des geôliers, des fourches patibulaires, piloris et échelles. A ces prérogatives, s’ajoutent des droits honorifiques, comme celui d’être salué du chapeau, de faire crier la fête patronale, de permettre les jeux et les danses, d’avoir son banc à part dans l’église. Lorsqu’un criminel est condamné à mort ou autrement, il faut installer la justice c’est-à-dire le gibet ou la roue. Elle est plantée au long du grand chemin auprès de Hettring là ou tous les criminels condamnés de la vie à la mort seront instifiés et exécutés. Comme ils sont les plus proches du lieu de l’exécution, les habitants des villages de Bibling et Merten sont obligés de faire les échelles, aussi charroyer les échelles et les roues à leurs frais auprès ladite justice ou gibet, les ôter et garder. Le seigneur haut justicier perçoit aussi les amandes et confiscations, il bénéficie de diverses corvées : réparations au château, murailles et portes de la ville, comme aux moulins de Bisten et Berviller. Les habitants lui doivent guet et garde au château, des corvées de bois, de fauchage dans ses champs. Les habitants possédant des biens de servitude à Bedersdorf sont obligés de porter des lettres jusque vers Sierck et Siersberg. Ceux de Bibling et Merten vont jusqu’à Boulay et Sarrebruck. Si le seigneur de Berus veut aller à la guerre, les villages de Bouzonville et Vaudreching, Brettnach, la cense de Valmunster et la cense d’Odenhoven sont tenus de fournir en tout quatre chariots de camps avec les valets et autres choses nécessaires.
Plusieurs foires se tiennent dans la seigneurie ; à Bouzonville on tient annuellement deux foires savoir le 3 mai, jour de l’Invention de la sainte Croix et le 14 septembre, jour de l’Exaltation de la sainte Croix ; à Vaudreching elle a lieu le 1er octobre, fête de saint Rémy, et à Valmunster le 24 juin, fête de saint Jean Baptiste. Ces quatre foires seront gardées et maintenues par les seigneurs de Berus, qui peuvent y recevoir et lever tous les droits civils et criminels avec confiscations et amendes.

Les habitants qui résident dans la seigneurie sont soumis à divers impôts : le gros cens ou Schafft, le Sestergeld ou droit de bichet, le Weggeld ou droit de passage, le Grebergeld ou droit de bêcher son jardin. Les abbayes, des villages et même des particuliers paient aussi le droit de sauvegarde, droit qui consiste à payer une redevance souvent en avoine, au duc ou au seigneur, à charge pour ce dernier de porter secours au payeur.

À la mort d’Anna d’Isembourg, la seigneurie revient à ses deux filles, Elisabeth et Erika où à leurs héritières. La part d’Elisabeth va passer à la famille de Hohenzollern et celle d’Erika à la famille de Metternich. Mais la gestion de la seigneurie par ces deux familles s’avère difficile ; elles disent que cette communauté ne porte pas seulement de grands dommages et préjudices aux seigneurs mais aussi aux sujets et gens en dépendant. Aussi dès le 14 octobre 1611 intervient un partage de la seigneurie.

La seigneurie souffre du manque de revenus durant la guerre de Trente Ans. Par suite d’endettement de certains héritiers, chaque moitié de la terre de Berus est mise en vente. Une moitié vient au comte d’Aspremont-Linden et à sa nièce, l’autre moitié est acquise par le comte de Soetern. De nouvelles ventes de parts dans la seigneurie vont faire réagir le duc de Lorraine. Il en profite pour exercer son droit de retrait féodal et réunit en 1700 les deux parties à son domaine. La Lorraine voulait renforcer sa position dans le secteur où la France est désormais très présente avec la création de Sarrelouis en 1680. L’histoire de la seigneurie de Berus se confond désormais avec celle de la Lorraine et se dilue lentement mais sûrement dans l’Histoire.

À l’occasion de cette conférence, la Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) mettra en vente un fascicule de 250 pages sur les recherches de M. JM. Benoit au prix de 30 euros + 6€ pour frais de port payable par chèque à l’ordre de la SHAN Hôtel Communautaire 29A rue de Sarrelouis 567220-BOULAY.

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