( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE NARBEFONTAINE (57)

NARBEFONTAINE 

Commune entre la voie romaine et l’autoroute 

            L’histoire de Narbéfontaine est liée depuis toujours à l’ancienne voie romaine qui conduisait de Metz à Mayence et qui, encore aujourd’hui, délimite le ban communal au Nord. C’est encore à cause de cette voie que fut fondé un hôpital pour voyageurs probablement à proximité d’un poste de surveillance, le camp romain important étant installé à Boucheporn. On a trouvé sur le ban de Narbéfontaine beaucoup de poteries et de monnaies de cette période et les traces d’un cimetière mérovingien. La première mention écrite du village date de 1181 sous la forme de Maulbertfontaine.

            Les premiers seigneurs connus étaient les sires de Varsberg mais dés 1222, les chevaliers teutoniques de Metz (c’est leur hôpital qui donna son nom à la porte des Allemands de Metz) prirent possession de la commune et en 1285, on sait qu’ils y dirigeaient un hôpital. Le village sera rattaché à partir de 1553 à la commanderie de Beckingen en Sarre et le resta jusqu’à la Révolution. Sur un plan de 1754, figure encore cet hôpital qui se trouvait derrière l’église actuelle. Les chevaliers teutoniques étaient, de plus, propriétaires fonciers de 356 jours de terres (soit près de 80 hectares) sans compter les 150 jours tombés en déshérence suite à la guerre de Trente Ans et qui reviendront donc au seigneur.

            Jusqu’à la révolution, Narbéfontaine fut une annexe de la paroisse de Boucheporn mais à partir de 1770, le village bénéficia d’un vicaire résident qui était rétribué par le curé de Boucheporn. Après le Concordat de 1802, Narbéfontaine devint annexe de Momerstroff mais en 1844, elle devint indépendante avec comme annexe le village de Brouck. L’église est l’héritière de la chapelle des chevaliers teutoniques et après des solutions à l’économie, la commune dut l’agrandir et construire un clocher en 1839 qui fut remplacé en 1914. La petite chapelle de Notre Dame des Douleurs, qui se trouve sous le clocher, édifiée après la 1ère Guerre Mondiale sert de Monument aux Morts.

            La communauté de Narbéfontaine a toujours été une communauté manquant de moyens financiers car le ban était réduit, le nombre d’habitants également et les biens de la commune pratiquement inexistants alors que les chevaliers teutoniques étaient propriétaires d’une grande partie du ban. Après la Révolution, les recensements permettent de constater que la population a culminé en 1851 à 250 habitants puis est redescendue récemment vers le chiffre de 100.

            Si le ban de Narbéfontaine est délimité par l’ancienne voie romaine, il est carrément coupé par l’autoroute A4 qui isole la ferme de Sainte Suzanne. Deux autres exploitations agricoles importantes ont des particularités, la ferme de Thury qui était la ferme des chevaliers teutoniques et se trouvait près de l’église a été reconstruite après la Seconde Guerre sur le territoire de Niedervisse, c’est-à-dire de l’autre coté de l’ancienne voie romaine alors que le Gaec des Trois bans a la particularité d’être installé à la jonction des bans de Narbéfontaine, Niedervisse et Momerstroff.

Un curé peu compréhensif : Lorsque le curé Heitzmann Henri arriva à Narbéfontaine, il trouva en poste Veber Philippe, instituteur, chantre, sacristain. Il avait 59 ans, était malade et avait encore 5 de ses 9 enfants à sa charge. Le litige s’installa lorsque que le curé voulut imposer l’usage du catéchisme allemand alors que l’instituteur voulait appliquer l’arrêté du 29 mars 1865 demandant d’utiliser le catéchisme français. Lors de la Toussaint 1867, alors que de nombreux offices étaient au programme, le curé interdit à l’instituteur de se faire seconder par ses fils et lors des Vêpres et il n’assura même pas sa partie de chants, forçant l’instituteur à démissionner de son poste de chantre. Le curé l’attaqua ensuite dans sa fonction d’instituteur empêchant les familles d’envoyer leurs enfants à l’école et écrivant à l’inspection pour se plaindre du travail d’enseignement. Le pauvre instituteur mourût en janvier 1868 mais son remplaçant fut son fils précédemment en place à Brouck. L’antagonisme perdura donc et le maire ayant apporté son soutien à l’instituteur, le curé Heitzmann quitta Narbéfontaine l’année suivante. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a établi un fascicule sur l’histoire de Narbéfontaine  de 37 pages A4. Prix de cession 9,25 € + frais d’envoi 4 €. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE CHEMERY LES DEUX (57)

CHEMERY LES DEUX 

La commune sur une belle colline ensoleillée 

            L’étymologie du nom Chémery est discutée puisqu’on trouve dans les documents les plus anciens Soneberich en 1130 et Schomberg en 1239, si le mot berg (la colline) est bien établi les discussions ne sont pas terminées pour définir si cette colline est belle ou si elle est ensoleillée. Mais là ne s’arrête pas la difficulté toponymique puisqu’il faut parler de Chémery les Deux. En effet jusqu’au XVIe siècle, il n’y avait qu’un Chémery autour de l’église qui dépendait des abbés de Freistroff qui l’avaient reçu de Wirich de Valcourt à sa fondation en 1130 et de ceux Bouzonville et de Villers-Bettnach. Mais en 1571, Didier de Colligny fonda Chémery la Neuve qu’il peupla surtout de colons d’origine ardennaise et qui sera dénommée alternativement Chémery la Romane ou Welschschonberg et actuellement Grand Chémery.

            Dés 1300, on signalait un château à Chémery qui s’élevait d’après les plans au niveau de la ferme Kuhn actuelle. C’est dans ce château à la fin du XVIIe siècle que le chevalier Perrin, abbé commendataire de l’abbaye de Freistroff, installa son logement pour ne pas avoir à restaurer le logement abbatial de l’abbaye suite à l’incendie qui l’avait détruite. On sait que ce château était doté de fossés et d’un pont-levis. Au XVIIIe siècle, il devint le presbytère et après la Révolution, une ferme.

            L’église de Chémery a été reconstruite en 1751 sous le vocable de St Martin et la paroisse était unie à l’abbaye de Freistroff dont l’abbé avait la charge de curé et qui déléguait un de ses moines pour y assurer le ministère. En 1902, la paroisse de Chémery se dota d’un magnifique orgue Dalstein-Haerpfer malheureusement un curé inconscient sectionna les tuyaux de plomb reliant l’instrument au pupitre pour mettre à sa place un harmonium.

            Le moulin de Chémery existait déjà en 1270 et dépendait directement de l’abbaye de Freistroff qui le fit même parfois tenir par un frère convers. A la Révolution, il fut vendu à Jacques Hombourger pour 10.400 francs. Vers 1900, les meuniers étaient la famille Wilhelm et l’exploitation cessa le 20 juillet 1954.

            La population de Chémery était en 1708 de 55 habitants pour Chémery la Vieille et de 91 personnes pour Chémery la Neuve. Ensuite depuis la Révolution, des recensements officiels nous montrent qu’après un maximum de 771 habitants en 1836, la population est retombée à 317 en 1975 mais s’accroît puisqu’en 1982 elle était de 405.

            Hobling a une histoire indépendante de Chémery jusqu’en 1810 puis la Révolution en fit une commune indépendante en 1793. Au niveau paroissial, Hobling était rattaché à Ebersviller. La seigneurie était partagée entre les abbayes de Villers-Bettnach et  de Bouzonville. Celle de Freistroff s’y implanta pourtant dés 1338 en y rachetant des biens. En 1708, il y avait 55 habitants mais 37 chevaux et 63 vaches. Pour les autres activités, on peut noter qu’il y avait 2 huileries en 1844 et une carrière de pierre en 1839. Hobling a vu aussi la construction sur son ban du petit ouvrage A23 de la ligne Maginot qui était composé de 4 blocs occupés par 120 hommes du 162e R.I.F. Il a été en partie ferraillé en 1976. En 1934, la commune de Chémery avec les indemnités de la ligne Maginot acheta une forêt de 89 hectares à Trémery .

            L’actuelle ferme d’Ingling a également une histoire puisqu’elle est déjà citée en 1130 dans la dotation de l’abbaye de Freistroff et par la suite il y eut à Ingling un hameau doté d’une chapelle et entourant un château avec un ban particulier d’environ 42 hectares.

            Trois autres localités disparues sont connues à Chémery, Brisebach encore mentionné au XVIe siècle et aujourd’hui réduit à un lieu-dit au Nord d’Ingling, Vintring, ferme encore citée en 1824 et sise entre Hobling et Edling et la ferme Klop, édifiée au milieu du XIXe sur la route entre Hobling et Chémery.


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 FREISTROFF a établi un fascicule sur l’histoire de Chémery-les-Deux de 42 pages A4. Prix de cession 10,50 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE BIBICHE (57)

Résumé de l’histoire 

BIBICHE ou la vallée des castors 


HISTOIRE DE BIBICHE (57) dans Petites monographies BIBICHE-Eglise

        Avant l’histoire, la forêt couvrait la vallée et un petit ruisseau coulait  et servait d’habitat à des colonies de castors. Lors d’un premier défrichement, on créa dans la clairière un village qui s’appela le Bibersheim c’est-à-dire le village des castors. Une déformation du langage populaire en fit Bibiche. Nous étions alors au XIIe siècle.

            Les seigneurs de la vallée étaient les duc de Lorraine et les abbés de Villers-Bettnach qui se partageaient les droits à moitié en indivision. Les deux seigneurs organisèrent ensuite le défrichement d’abord d’une tranche de 350 arpents et ensuite d’une autre tranche de 300 arpents. A cette époque, il y avait quelques propriétés de l’abbaye de Freistroff et presque rien à l’abbaye Sainte Croix de Bouzonville.  Le défrichement du secteur continua par la suite d’abord en 1583 pour Neudorf et en 1585 pour Rodlach. Si on ignore l’origine des colons qui peuplèrent Bibiche qui étaient sans doute des locaux, on sait par contre que les colons de Neudorf et de Rodlach étaient surtout originaires de l’Argonne ou de Meuse. Ils étaient donc francophones dans une zone dialectophone aussi il fallut aménager l’environnement pour la justice et la religion.

Les habitants qui devaient payer leurs impôts à leurs seigneurs en étaient exonérés pendant les premières années le temps qu’une partie de la terre devienne productive et c’est sans doute aussi pour cette raison que la dîme et autres prélèvements sur le travail furent rapidement convertis en paiement de la septième gerbe c’est-à-dire une dîme renforcée mais comprenant l’ensemble des impôts autres que les impôts personnels.

            En 1789, chaque village de la communauté établit un cahier des doléances, Bibiche, Neudorf et Rodlach mais si leurs textes différent, ils sont écrit de la même main celle du maître d’école Antoine Staff qui servait de greffier alors que la présidence de la communauté fut dans les trois assemblée occupée par le curé Neubecker Jacques qui était tout acquis aux idées de la Révolution et qui fut un des premiers curés à jurer fidélité à la constitution sans aucune restriction comme le firent la plupart des curés de campagne de notre région. Comme il décéda en 1792, on ne peut savoir qu’elle carrière il aurait pu faire sur les traces de l’abbé Grégoire peut-être.

            L’église St Laurent de Bibiche a été presqu’entièrement reconstruite en 1881 et elle renferme de belles orgues Spamann de 1895.

            Après la guerre de Trente Ans, en 1693,  on effectua un remembrement à Bibiche la Grande, on  constate alors que contrairement à beaucoup de villages de l’époque, il y a peu de laboureurs, 6 familles en tout, et que les parcelles moyennes sont assez nombreuses d’autre part on remarque aussi que si Bibiche était dialectophone beaucoup de noms de lieux dits étaient d’origine française. Peut-on rapprocher de ce lien avec la France, le nombre d’optants pour la nationalité française qui concerna 68 personnes après la guerre de 1870 et l’annexion ? Si cela reste hasardeux il y a peut-être une corrélation.

            Les trois annexes de Bibiche ont été créées à la fin du XVIe siècle par essartage de forêts. Pour Petit Bibiche on n’a pas retrouvé trace de la décision de création de ce village mais on pense que cela s’est passé en 1586. Ce hameau était au croisement de la route menant de Bouzonville à Bibiche et de celle qui partait vers Freistroff et ce n’est qu’après 1900 que la route de Bouzonville fut redressée évitant ainsi Petit Bibiche. Neudorf fut défriché en 1583 par des colons venant principalement de l’Argonne et donc francophones ; Lors de la création du village il fut établi que ses habitants dépendraient de la paroisse de Bibiche mais de la mairie de Dalstein. Rodlach fut créé en 1585 par une décision commune du duc de Lorraine et de l’abbé de Villers-Bettnach comme pour Neudorf et les colons venaient de la même région des Ardennes.

                                   Pourquoi la Révolution de 1789 ? 

A propos d’impôts, la pression fiscale fut un des éléments favorisant la Révolution en général et on constate qu’en 1706, la prévôté de Freistroff taxa pour l’impôt appelé la subvention, la communauté de Bibiche, Neudorf et Rodlach à 100 livres pour l’année alors que deux ans plus tard en 1708, la prévôté qui avait été déplacée à Bouzonville présenta une taxation de la même communauté de 492 livres soit une augmentation de 400%.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a publié un fascicule de 55 pages A4 sur l’histoire de Bibiche. Prix de cession  13,75€ + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE D’OBERDORFF (57)

Résumé de l’histoire de 

OBERDORFF la commune et ODENHOVEN la paroisse 

            Un tel binôme est fréquent dans notre région et il se retrouve sur les armoiries communales modernes où le chapé bleu rappelle la chape de St Martin patron de l’église et la crosse abbatiale de Rettel seigneur d’Odenhoven alors que les lions figurent la châtellenie lorraine de Bérus régissant Oberdorff. Le nom d’Oberdorff a très peu évolué et signifie le village supérieur rappelant selon certains un village détruit se trouvant sur la colline. Il est sur que le ban communal  a été habité très tôt comme le prouve les vestiges gallo-romains trouvés ainsi que l’enceinte quadrilatère qui pourrait dater de la protohistoire.

Oberdorff  et Odenhoven dépendaient de Bérus et donc de la Lorraine uniquement pour la haute justice alors que le foncier était propriété de l’abbaye de Rettel prés de Sierck qui avait confié la vouerie aux seigneurs de Dalem. Mais l’abbaye de Bouzonville, les seigneurs de Freistroff et de Château-Rouge y avaient aussi des biens.

            En 1712, un remembrement fut effectué pour rétablir les droits de chacun après la guerre de Trente Ans et il en résulta que les plus gros propriétaires étaient les Chartreux de Rettel ; on peut également constater le morcellement parcellaire puisque la taille moyenne d’une parcelle était d’environ 25 ares.

            La commune d’Oberdorff géra avec difficulté au milieu du XIXe siècle, la reconstruction de son école et dut supporter un procès long  contre l’entrepreneur qui était chargé de la construction entraînant un retard dans la mise à disposition de plusieurs années.

            La population était réduite à deux personnes en 1547 et à 48 en 1708. Ils étaient 137 en 1802 et actuellement la population dépasse les 370 habitants. Les villages voisins avaient surnommés les habitants les Kautenkopp ou les Kaulquappen c’est-à-dire les têtards ou les grogneurs.

            Comme toutes les communes situées devant la ligne Maginot, Oberdorff fut évacué dans
la Vienne en 1939 et cet exode a été raconté par des participants.

            Pour Odenhoven, on pense que l’origine du nom dérive du mot Hof, la ferme et du nom d’un germain appelé Audo ou Odo. Ce village a toujours fait partie des possessions lorraines au moins pour la haute justice mais les religieux de Rettel en avaient la propriété foncière depuis 1218.

            La paroisse d’Odenhoven dédiée à St Martin est d’origine très ancienne et elle concernait non seulement Oberdorff mais aussi Tromborn, Elig à Alzing et Château-Rouge jusqu’au XIXe siècle. Comme pour Valmunster avec l’abbaye de Mettlach, Odenhoven était le centre d’un bien où les Chartreux exerçaient non seulement le spirituel mais aussi le temporel depuis une maison qui pourrait bien être l’actuelle maison lorraine d’Oberdorff.

            L’église a sans doute été très endommagée pendant la guerre de Trente Ans et elle dut être reconstruite en 1728 puis à nouveau en 1786. Elle recèle deux autels latéraux en bois sculpté polychrome du XVIIIe siècle qui sont peut-être l’œuvre de la famille Guldner, sculpteurs baroques de Bérus. Le maître autel était similaire mais il a été remplacé vers 1900 par un autel en pierre. Il y avait aussi dans l’église des orgues Verschneider qui ont été démonté en 1940 par l’armée française et qui ne furent jamais remontées.

            Le cahier des doléances de 1789 est commun aux communautés d’Oberdorff et de Tromborn et s’il reprend les doléances classiques, on y trouve aussi une plainte particulière pour réclamer l’arrêt du déboisement de la forêt de la Houve de Merten par les maîtres de forges de Creutzwald pour protéger les droits des communautés villageoises usagères de cette forêt qui étaient menacés malgré les garanties obtenues officiellement du Roi.

            Ainsi après une longue histoire, perdure la répartition des attributions entre Oberdorff qui administrativement est la commune depuis toujours alors que depuis aussi longtemps Odenhoven a la primauté religieuse.


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 Freistroff a édité un fascicule de 35 pages sur l’histoire de la commune d’Oberdorff. Prix de cession 15 € + frais d’envoi 4 €. Chèque à libeller à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE D’OTTONVILLE (57)

Résumé de l’histoire d’OTTONVILLE 

Enclave messine en Pays Lorrain 

            Toute l’histoire d’Ottonville et de Ricrange est résumée par une carte de Durival de 1756 montrant les deux villages entourés d’une frontière rouge qui les isole de la seigneurie de Boulay parce qu’ils dépendaient du chapitre cathédral de Metz. Bien sur, des liens s’étaient établis entre cette enclave et le puissant seigneur de Boulay qui en était devenu, de fait, le protecteur (seigneur-voué). La première citation du village d’Octonvilla se trouve dans le cartulaire du chapitre cathédral de Metz en 1128. La communauté se signala ensuite en 1321 en signant un accord de protection avec son puissant voisin, le seigneur de Boulay contre redevance, état qui subsistera jusqu’à la Révolution ; cet acte nous permet de connaître la liste des habitants des deux villages. Le village subit de plein fouet les affres de la guerre de Trente Ans (1618-1648) et le curé Champlon de l’époque a laissé une description apocalyptique des exactions perpétrées par les soldats suédois, croates et même lorrains et français ; le village de Guérange, qui était situé prés de la route de Téterchen, disparut complètement et les deux localités d’Ottonville et de Ricrange perdirent plus de 65% de leur population. 

            L’école d’Ottonville est attestée depuis 1679 et servait pour les deux villages mais Ricrange eut son école particulière de 1831 à 1967. La commune a gardé des cicatrices de la Seconde Guerre Mondiale avec certains ouvrages de la ligne Maginot comme le Bovenberg, la casemate du Langhep et celle qui se trouve dans le bois d’Ottonville. 

            Il y avait à Ottonville, deux moulins dont le moulin banal qui existait déjà en 1321 et les habitants avaient l’obligation d’utiliser les services de ce moulin pour moudre leurs grains sous peine d’amende. Le moulin bas était probablement une huilerie qui est déjà évoquée en 1580. 

            La paroisse d’Ottonville était composée d’Ottonville, de Ricrange, de Guérange, d’une maison à Eblange, d’une autre à Roupeldange ainsi que de quelques terres à Téterchen. Les curés d’Ottonville sont connus depuis 1521 et les paroissiens semblent avoir bien supportés leurs curés jusqu’après la Révolution. Mais lorsque l’administration n’exauça pas leur demande d’avoir l’abbé Lang comme curé, tout changea. L’abbé Paquin fut accusé d’être un joueur et un ivrogne, le suivant reçut une délégation d’Ottonville à Rémelfang qui le menaça s’il acceptait sa nomination à Ottonville, quant à l’abbé Streiff, venant de Coume, malgré ses 74 ans, sa conduite fut jugée inconvenante. L’abbé Burtard qui lui succéda resta dans la paroisse 64 ans  mais n’eut pas un ministère facile. Il construisit néanmoins deux églises au village, la première en 1826 qui fut remplacée par l’église actuelle en 1846. Ce bâtiment n’eut pas beaucoup de chance, en juillet 1862, la foudre abattit le clocher, en 1911, toujours la foudre en provoqua un incendie et le 25 novembre 1944, les soldats américains le démolirent parce qu’il servait de poste d’observations aux Allemands. Il n’a pas été reconstruit à l’identique comme le voulait les habitants c’est pourquoi Ottonville a actuellement un clocher très particulier et original pour la région. Il ne faut pas oublier non plus les magnifiques orgues qui datent de 1900 avec un nouveau buffet créé après la guerre. 

            Ricrange a aussi sa chapelle qui succède à une chapelle privée érigée en 1699. La chapelle actuelle date de 1780 mais n’a été consacrée à l’Immaculée Conception qu’en 1803. Elle a bénéficié d’une restauration complète en 1999. Un calvaire à droite de l’entrée présente une Vierge et les deux statues de St Sébastien et de St Roch avec son chien, ce qui laisse supposer qu’il s’agissait d’une croix érigée à l’occasion des épidémies de choléra du milieu du XIXe siècle. 

            Une dernière particularité de la commune d’Ottonville est qu’il  était interdit aux juifs de s’y installer sans doute parce qu’il s’agissait d’une propriété appartenant au chapitre de la cathédrale de Metz donc à l’Eglise catholique. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 Freistroff a édité un fascicule de 78 pages A4 sur l’histoire de la commune de Ottonville-Ricrange. Prix de cession 18 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque a libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE GOMELANGE (57)

Résumé de l’histoire de 

GOMELANGE GUIRLANGE COLMING 

 

 La première mention de Gomelange date de 1184 sous la forme Guelmelingen puis en 1209, Gamelinge qui viendrait du nom d’un germain nommé Gamal. La fondation du village est ancienne et remonte probablement à la période franque. En 1130, le seigneur de Walcourt fonda l’abbaye de Freistroff et lui donna Gomelange qu’il venait d’acheter à l’abbaye de St Pierremont prés de Briey qui elle-même l’avait probablement reçu lorsque que tous les puissants craignant la fin du monde en l’an 1000 faisaient des dons à l’Église pour gagner leur paradis. Par la suite, la propriété se partagea entre les religieux de Freistroff, de Bouzonville et de Villers-Bettnach, des bourgeois de Metz et le seigneur de Boulay dont la part fut transmise au duc de Lorraine ; ces derniers se servirent souvent de Gomelange comme caution pour garantir leurs emprunts. C’est pour cette raison qu’au XVe siècle, les seigneurs de Toulon (entre Nancy et Nomeny) étaient implantés à Gomelange et leurs armes furent retenues dans les armoiries modernes de la commune.

            On trouve aussi dans les détenteurs en partie de Gomelange, le marquis de Haen qui y créera une bergerie donnant le nom de Schäfferei à un quartier du village.

            Gomelange dépendit avant
la Révolution des juridictions de Vaudrevange, de Freistroff et enfin de Bouzonville. On citait en 1232, à Gomelange, deux moulins et une église ce qui laisse à penser que le village avait une certaine importance. En 1618, le conseiller ducal notait que c’était le plus beau et le plus riche village de la région. En 1708, il y avait 210 habitants et 89 chevaux mais en 1742, on ne parlait plus que d’une centaine d’âmes. Les recensements post révolutionnaires mettent en évidence une grande prospérité puisqu’en 1836 il y avait 779 habitants alors qu’un siècle plus tard en 1946, ils ne sont plus que 336. Depuis la croissance de la démographie est faible mais continue. Le choléra frappa le village lors de l’épidémie de 1854 et fit 52 victimes en sept semaines.

            La seconde guerre mondiale affecta directement la commune d’abord par la construction de trois ouvrages sur son ban (Abri de Gomelange, ouvrage de Behrenbach et abri de Colming) sans compter le gros ouvrage d’Anzeling tout proche et ensuite en septembre 1939 lorsque la population fut évacuée à Civaux dans

la Vienne. Il y eut aussi le retour pour la période d’occupation et pour retrouver un village dont 21 maisons autour de l’église avaient été détruites pendant leur absence.

            On remarque un maître d’école à Gomelange dés 1678 et après
la Révolution il y eut une école de garçons et une école de filles tenue par des sœurs enseignantes de St Jean de Bassel. L’école actuelle a été construite en 1875-1876. Le lavoir qui sert actuellement d’agence postale a été érigé quant à lui en 1869.

            Les moulins de Gomelange et de Colming appartenaient à l’abbaye de Villers-Bettnach depuis 1264. L’exploitation du moulin de Gomelange cessa en 1940 après avoir été utilisée comme scierie. Il y avait encore un autre moulin sur le ban, prés de Rurange, qui s’appelait le moulin de Gravatte.

            La paroisse de Gomelange est très ancienne comme le laisse supposer sa dédicace à St Martin. On sait que déjà au XIIe siècle, il y avait une église qui fut cédée par l’abbé de St Nabor à celui de Villers-Bettnach. Mais pourtant au XVIIe siècle, la quasi-totalité des dîmes revenait à l’abbaye de Freistroff. L’église actuelle a été érigée en 1752 alors que les orgues datent de 1869.

 

            Colming a toujours été une annexe de la communauté de Gomelange et on citait cette localité dés 1209 sous le nom de Colvinges qui dériverait également d’un nom franc comme Cholbo ou Kolbo. Le moulin de Colming fut très anciennement donné à l’abbaye de Villers-Bettnach mais en 1708, toutes les justices appartenaient au marquis de Haen alors que les dîmes revenaient à l’abbaye de Bouzonville. Sur le plan religieux, Colming était rattaché à la paroisse de Bettange.

 

            Guirlange (Gerildinges au XIIe) était partagé entre les abbés de St Nabor, de Villers-Bettnach et les chevaliers teutoniques dont les armes figurent au blason de la commune. Le seigneur de Boulay y avait aussi certains droits. La petite commune de Guirlange a toujours peiné à assurer le traitement d’un enseignant et l’entretien d’une école bien qu’en 1836, elle ait compté jusqu’à 159 habitants. Il n’en reste actuellement qu’une trentaine.

            La paroisse de Guirlange a toujours été rattachée à celle de Bettange bien qu’un document du XIIe siècle parle d’une église. Une chapelle, bien entretenue, est dédiée à
la Vierge et aux Saints Quirin, Cyriaque, Féréolle et Firmin ; elle attire chaque année un pèlerinage très fréquenté.

 

           
La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied (SHAN) a édité un fascicule sur l’histoire de Gomelange et de ses annexes de 77 pages A4. Prix de cession 18 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque a libellé à l’ordre de
la SHAN.. 

 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE CHÂTEAU-ROUGE (57)

Résumé de l’histoire de 

CHATEAU-ROUGE &  RODENDORFF 

La facilité voudrait que ces deux noms aient des rapport avec la couleur rouge mais si on considère le premier nom connu pour la localité en 1179 qui était Ruchenestorf, on voit que ce n’est pas si simple, d’autant qu’au XIIIe siècle, on écrivait Rudendorff alors que Rodendorff n’est apparu qu’en 1341. H. Hiegel pense donc que ce nom pourrait venir du nom d’un chef germain pouvant se nommer Ruchin ou Rudo. Nonobstant cela il y a bien eu une famille noble appelée Rodendorff et c’est même les armes de cette famille qui a été retenue pour établir le blason moderne de la commune qui est de Gueules (rouge) à fasce échiquetée (bande médiane horizontale en damier) d’azur (bleu) et d’argent (blanc).

            C’est en 1158 qu’il est fait la première mention de Château-Rouge, seigneurie lorraine dépendant de Bérus, lorsque le duc de Lorraine céda les dîmes du village à l’abbaye de Bouzonville. En 1341, Aubertin de Rodendorff dont on ignore l’origine apposa son sceau sur un traité de paix entre ses beaux-frères Arnould et Thierry de Felsberg et l’évêque de Metz. Au XIVe siècle, la seigneurie passa par héritage entre les mains des Baldering, des Rapviller et des Craincourt. Ensuite au XVe, la famille de Brandscheid en fit l’acquisition et suite à divers mariages, elle fut partagée entre les familles d’Eltz et de Metternich qui la conservèrent jusqu’au XVIIIe. Ensuite la famille d’Eltz rassembla entre ses mains l’ensemble de la seigneurie ainsi que celle de Freistroff.

Dés 1344, on signalait à Château-Rouge une maison forte qui fut remaniée au XVIe et au XVIIe siècle, ce qui fut corroboré par le docteur Régnier de Bouzonville au XIXe siècle lorsqu’il releva la date de 1596 sur la clé de voûte de la cave et celle de 1610 sur une pierre à l’angle nord du château. Cet édifice a actuellement complètement disparu et il ne reste que des dépendances qui, en 1681, étaient composées des fossés avec pont-levis, des étables, des jardins, d’un colombier et d’un moulin dont on retrouve encore le canal d’amenée d’eau. La seigneurie détenait directement deux maisons, environ 150 hectares de terres et 35 de prés ainsi que des vignes et des forêts.

La paroisse existait déjà en 1158 lorsque le duc de Lorraine attribua les dîmes à Bouzonville mais en 1560, une nouvelle convention changea la donne en attribuant la totalité de ces dîmes au curé du lieu. Par ailleurs le droit de patronage a, semble-t-il, toujours dépendu du seigneur. La liste des curés de Château-Rouge est bien connue depuis 1584 et la paroisse a eu plusieurs annexes dont Vœlfling depuis toujours et Oberdorff, Odenhoven et Tromborn par périodes.

L’église St Maurice était citée en 1698 et en 1746, son état catastrophique motiva l’interdiction d’usage décrétée par l’évêque. L’église fut reconstruite vers 1755.

La communauté de Château-Rouge était assez pauvre parce que la majorité des terres y était exploitée directement par les seigneurs et leurs fermiers. Si en 1610, on ne recensait que des paysans, il est remarquable de trouver dés 1680 des vignerons, dont les patronymes trahissaient l’origine française c’est-à-dire de la vallée de la Moselle, attirés par les seigneurs. En 1681, la vigne occupait 2 hectares et demi alors qu’en 1836 elle s’étendait sur 5 hectares 20 et en 1708 on dénombrait 5 laboureurs pour 8 vignerons.

Au titre des activités de la commune, signalons aussi la tuilerie qui était installée aux confins du ban prés de Sainte Marie et qui produisait jusqu’à 20.000 tuiles par an. Il y avait aussi une activité importante de carrières de pierres sur le versant du Berg et par ailleurs les seigneurs avaient installé un moulin banal en aval de leur château dont l’activité perdura jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Avant d’en terminer avec ce survol de l’histoire de Château-Rouge, notons deux événements similaires survenus au début de la guerre de 1870 et de la Seconde Guerre Mondiale. En juillet 1870, Pierre Mouty, douanier à Schreckling mais habitant à Château-Rouge, fut abattu à son poste par des Uhlans prussiens qui avaient fait une incursion en France. Cela se reproduisit en février 1940, lorsqu’un groupe de soldats français tomba dans une embuscade tendue par une reconnaissance allemande à la hauteur de la ferme Sainte Marie. Ces deux tristes événements sont commémorés par un monument au cimetière de Château-Rouge en souvenir du douanier Mouty et d’une stèle installée sur place à coté des établissements Starck en direction de Bouzonville.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des pays de la Nied  (SHAN) a édité un fascicule sur l’histoire de Château-Rouge de 50 pages A4. Prix de cession 15€ + frais d’envoi 5,40 €. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE D’EBLANGE (57)

Résumé de l’histoire de 

EBLANGE entre
la NIED et le BOVENBERG 

           

            Eblange est cité pour la première fois au VIIIe siècle sous la forme Obelunga, c’était lors de la donation formant les biens fonds initiaux de l’abbaye de Mettlach. Ce nom s’écrira par la suite Oblanga et Oblingen ce qui le fera confondre avec Hobling. Il dériverait comme tous les noms en -ing d’un nom d’homme germanique pouvant s’être appelé Oppilo. En 1950, la commune a choisi un blason associant la crosse abbatiale de Mettlach et l’agneau et les fleurs de lys rappelant le patron du village St Vendelin.

            Le village d’Eblange comme dit plus haut fit partie du domaine temporel de l’abbaye de Mettlach depuis la création de celle-ci dans le cadre du domaine de Valmunster comme cela apparaît sur un reliquaire datant de 1230 montrant l’offrande de Walamunst et de Obelingen. Le domaine de Valmunster était formé aussi de Holling, de Rémelfang et de Velving et le tout était un fief lorrain de la châtellenie de Boulay. L’ensemble permettait d’installer environ 45 familles de paysans ayant chacune une douzaine d’hectares. La propriété foncière restera à l’abbaye jusqu’à
la Révolution.

            Les comtes de Sarrebruck par leurs branches de Commercy puis de Nassau inféodèrent la haute justice. Un des comtes ayant eu un fils illégitime, celui-ci réclama une part d’héritage à la mort de son père et obtint des compensations dont Eblange, Holling et Rémelfang, sa fille épousa un Paviot qui fut anobli par le duc de Lorraine. Sa descendance garda le fief de haute justice jusqu’à
la Révolution et  passa par mariage par les familles de Lignéville et de Landreville.

            La population d’Eblange est très difficile à estimer avant
la Révolution nous avons deux éléments, lors d’un remembrement de 1683, on sait qu’il y avait 27 propriétaires soit environ 120 habitants et en 1789, le cahier de doléances nous apprend qu’il y avait 28 chefs de famille, donc une population sensiblement équivalente. En 1802, le premier vrai recensement révèle une population de 202 habitants puis celle-ci s’érodera inexorablement jusqu’en 1975 pour remonter la pente avec la création de plusieurs lotissements.

            Faisant partie du domaine de Valmunster où l’abbaye de Mettlach déléguait un de ses religieux pour remplir le rôle de curé, Eblange en était une annexe de la paroisse de Valmunster et n’eut de cesse de prouver que l’église mère était lointaine, que les chemins étaient mauvais, qu’Eblange avait été avant la guerre de Trente Ans une paroisse enfin qu’Eblange voulait  devenir paroisse et un long combat s’engagea avec l’abbaye de Mettlach qui voyait d’un mauvais œil la nécessité de partager les revenus ; finalement la communauté obtint gain de cause en 1751 et l’évêque nomma Jean Baptiste BECKER, ci devant vicaire résidant à Holling et originaire de Boulay comme premier curé. Les religieux firent appel de la décision auprès de l’archevêque de Trèves mais les habitants portèrent l’affaire au Saint Siège et ce n’est qu’en 1760 que le nouveau curé pu exercer sereinement son ministère.

            L’histoire de l’église est également intéressante. Il existait déjà une chapelle à Eblange en 1498 et une nouvelle église fut sans doute construite après mais en 1868, l’église était en très mauvais état et on décida de la reconstruire et pour se doter des moyens nécessaires la commune défrichât un bois de 3 hectares et loua le terrain pour l’exploitation agricole. En 1873, l’entreprise Maillard de Bockange enleva l’adjudication  et construisit la nouvelle église ; malheureusement aucun architecte n’avait tenu compte du sous-sol particulier (gypse) sur lequel l’édifice était érigé : dés 1906, les fissures commençaient à inquiéter et des travaux importants durent être faits en 1909 et 1910. Tout le monde à Eblange se souvient qu’en 1984 le dilemme se reposa au point de savoir si on rasait l’église ou si on la réparait ; finalement on opta pour une confortation-restauration qui comprenait la suppression du chœur et l’établissement de douze micro-pieux en béton allant jusqu’à 23 mètres de profondeur le tout solidarisé par les longrines et un radier de béton. Cela a permis de sauver l’église et de voir l’avenir sans trop de crainte.

 

Buchingen :

Ce hameau situé à la sortie d’Eblange en allant vers Bettange à gauche après le croisement d’Ottonville faisait en fait partie de la paroisse d’Ottonville. Cette localité fut complètement détruite pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648). En 1692, il était dit qu’il y restait une masure avec une grange. Actuellement le site de Buchingen est à nouveau occupé par des habitations et lors de ces constructions on a trouvé des traces de fondations anciennes.

 


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied (SHAN) Château St Sixte 57320 FREISTROFF a édité un fascicule sur l’histoire de la commune d’Eblange de 78 pages A4. Prix de cession 18 € + frais d’envoi 5,40 €. Paiement par chèque libellé à l’ordre de
la SHAN.
 

 

 

 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE SCHWERDORFF (57)

Résumé de l’histoire de

SCHWERDORFF, Otzviller, Cottendorff, Grafloch et Bourg-Esch 

Village du bout de la France avec ses deux châteaux et ses quatre annexes. 

            Le village est cité pour la première fois en 956 sous le nom de Sveredorf qui pour H. Hiegel dériverait du nom d’un homme d’origine germanique avec le suffixe –dorf. Les armoiries communales modernes sont celles de la famille d’Esch.

            Une voie romaine secondaire quittait la voie reliant Metz à Trèves à la hauteur de Riciacum (Ritzing ?) et rejoignait Filstroff en passant prés de Schwerdorff. Cette voie desservait une série de forts défendant les frontières de l’Empire Romain, ligne Maginot avant l’heure. Des restes de ces forts ont été identifiés sur le ban ainsi que deux villas gallo-romaines.

            La seigneurie de Schwerdorff faisait partie du temporel de l’évêché de Metz jusqu’en 1609 pour passer ensuite sous l’autorité du duc de Lorraine. Successivement le fief passe à différentes familles : Cronenberg jusqu’en 1621, de Haen jusqu’en 1776 et enfin le marquis de Dampont, qui sera guillotiné avec son épouse en 1794 ; il dira en montant à l’échafaud qu’il ne regrettait la vie que pour le bien qui ne leur était plus donné de faire.

            La paroisse était constituée en plus de la commune actuelle des localités sarroises de Fürweiler, Oberesch, Mittelesch et Gerlfangen.

            De 1865 à 1886, le grand chantier fut la reconstruction de l’église tout en continuant à l’utiliser ; une première tranche de travaux s’attaque au chœur et au transept puis par la suite on réalisa la nef et le clocher. Elle est particulière à cause des boiseries qui couvrent l’ensemble de la nef et du chœur avec les épitaphes des seigneurs de Haen. L’église a aussi la particularité d’avoir une crypte qui s’ouvre sur la cour du presbytère. La paroisse qui fut le berceau de nombreux prêtres et religieuses ne présente pas moins de seize calvaires en différents endroits du ban.

            Le traité de Vienne en 1815 ampute Schwerdorff de ses annexes qui deviennent prussiennes jusqu’en 1829. En 1708, il y avait 72 habitants et on atteignit un maximum en 1836  avec prés de 800 habitants alors qu’en 1982, il n’en restait que 350. Le château de Schwerdorff vendu à la Révolution devint d’abord le presbytère  puis l’école.

            Le château de Bourg Esch  est occupé dés le XIe siècle par la famille éponyme. Il passe ensuite par mariage à la famille de Kerpen puis aux Cronenberg, revient alors à la famille de Kerpen. En 1616, Charles de Berncastel achète le château qui sera revendu en 1671 aux de Haen qui la transmettront par héritage aux de Villers en 1755. Ce château a la particularité d’avoir hébergé en 1705 pendant la guerre de succession d’Espagne le duc de Malborough à la tête des troupes anglaises et héros de la chansonnette Malbrouck s’en va en guerre. La tradition dit aussi que c’est aux environs du château de Bourg-Esch qu’une troupe royaliste attendait Louis XVI lorsqu’il fut intercepté à Varennes. L’aspect actuel des bâtiments date de 1775 et 1778, en forme de U couvert de toits à la Mansart, ils ont trois niveaux. Il y a dans ce château une chapelle castrale dont toutes les parois sont peintes.

La vie de la paroisse de Schwerdorff ne fut pas un long fleuve tranquille du fait de ses annexes qui étaient parfois de l’autre coté de la frontière. Dés 1882, le village d’Oberesch est rattaché au diocèse de Trèves mais les habitants qui ont une tombe familiale à Schwerdorff continuent à y faire enterrer leurs morts jusqu’à ce que le conseil municipal interdise cette pratique en 1883. Fürweiler restera rattaché à Schwerdorff même après 1918 pour des raisons pratiques mais en 1910, le curé Nicolay avait entrepris de prononcer les textes latins à l’allemande alors qu’à la chorale, ceux de Fürweiler prononcent les U en OU et ceux de Schwerdorff persistent à prononcer U ce qui provoque des cris au café après la messe disant Maintenant vous êtes tout à fait prussiens, vous devez chanter comme nous le voulons, nous avons vaincu. C’est en 1920 que Fürweiller sera rattaché à la paroisse de Grosshemmersdorf. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied a publié un fascicule de 74 pages A4 sur l’histoire de Schwerdorff et de ses annexes. Prix de cession 18 € + 5,40 € de frais d’envoi. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE BRETTNACH (57)

Résumé de l’histoire de 

BRETTNACH LA GALLO-ROMAINE 

HISTOIRE DE BRETTNACH (57) dans Monographies communales Brettnach-Rue-de-la-Fontaine-Maison-de-la-Dîme-2007-300x199
La maison de la dîme

            Bien avant qu’en 971, on écrive le nom de Bretenaco, le site avait eu une longue vie dont les traces ont été mises à jour par plusieurs trouvailles gallo-romaines. Il semble bien qu’à cette période il y avait une grande villa principale avec plusieurs exploitations agricoles et artisanales. Mais avant encore, le lieu fut occupé comme le prouve la hachette de pierre grise datée du néolithique (-5 à 10.000 avant J.C.) et les tumuli celtiques trouvés vers Velving.

Il est possible que cette implantation gallo-romaine ait donnée le nom de la localité, un propriétaire de la villa pouvant s’être nommé Britus ou Britonius.

            La période historique nous montre que Brettnach appartenant avant le Xe siècle à la maison de Lorraine puis partagé entre les deux branches d’Ardenne et d’Alsace qui cédèrent leurs droits respectivement à l’abbaye de Mouzon dans les Ardennes pour un tiers et à l’abbaye de Bouzonville pour les deux autres tiers. Cela se traduit dans les armoiries communales modernes qui se composent des croix de Bouzonville et des roses du prieuré de Rozerieulles. L’abbaye de Mouzon, éloignée, céda ses droits à son prieuré de Rozerieulles puis en 1703 au séminaire Ste Anne de Metz. Cette propriété exclusivement ecclésiastique a dispensé Brettnach d’avoir des seigneurs laïcs mais les religieux durent avoir recours aux services de seigneurs voués. La vouerie de l’abbaye de Bouzonville restait entre les mains du duc de Lorraine qui concéda ce droit au seigneur de Dalem.  Cette fonction était remplie pour le prieuré de Rozerieulles par le seigneur de Siersberg. La haute justice avait été déléguée par le duc de Lorraine aux seigneurs de Bérus. Si l’on excepte les deux maisons religieuses déjà citées, on trouve parmi les propriétaires extérieurs les chartreux de Rettel, les sœurs de Téterchen.

            La paroisse de Brettnach était unie à l’abbaye de Bouzonville dés 1210 mais en 1610, on parlait d’une petite maison qui avait été la maison curiale ce qui laisse supposer que la paroisse avait été supprimée et la communauté était rattachée à Vaudreching et ce ne fut qu’en 1751 que Brettnach retrouva son statut de paroisse indépendante. Une nouvelle église dédiée à St Pancrace comme la précédente fut érigée en 1779 pour être agrandie en 1828. Elle renferme de grandes orgues, installées par Dalstein-Haerpfer en 1874, avec un buffet néo-gothique.

            La communauté de Brettnach vécut difficilement la guerre de Trente Ans. Il y eut d’abord un combat en 1635 entre les Français et les Autrichiens entre Tromborn, Brettnach et Téterchen. Mais cela n’était qu’un épisode puisque on sait qu’en 1642, il restait 2 journaliers à Brettnach en octobre et un seul en décembre.

            La population de Brettnach était de 14 foyers en 1557 soit environ 90 habitants, en 1708 le curé déclarait 147 âmes dont 11 laboureurs. Après la révolution les recensements révèlent un maximum de 545 habitants en 1851 et un minimum de 353 en 1975.

            Dans les activités de Brettnach, à part l’agriculture, on peut noter  l’extraction du fer  dés 1756 et jusqu’en 1876 ; il y avait aussi des mines de plâtre. Citons aussi des activités textiles liées à la culture du chanvre et du lin mais, si en 1900 il restait 14 métiers à tisser, la plupart étaient en chômage. Une spécialité de Brettnach était les rouliers. Les attelages à chevaux partaient vers la Sarre, conduisaient le charbon vers Nancy et Metz et poussaient parfois les livraisons jusqu’à Strasbourg.

            Avant d’en terminer, rappelons pour l’histoire que la commune de Brettnach  fusionna avec celle de Bouzonville de 1974 à 1982.

UNE EPIDEMIE 

            L’annuaire de la Moselle pour l’an XII (1803-1804) nous rappelle qu’à l’époque la population comptait 348 habitants pour 78 maisons. Les épidémies étaient prises en charge par la République et cette année là, le citoyen Marchand fils fut envoyé à Brettnach pour une épidémie de fièvre catarrhale nerveuse et vermineuse qui avait déjà faire mourir 25 personnes. Suite à cette intervention du corps de santé, seuls 4 des 60 malades moururent.   

               
La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (S.H.A.N.)  a réalisé un fascicule de 93 pages sur l’histoire de Brettnach (Prix de cession 18 € + 5,4€ de frais d’envoi) . 

Commande avec chèque libellé à l’ordre de la SHAN : Château St Sixte 57320-FREISTROFF 

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