( 1 juin, 2011 )

HISTOIRE DE REMELFANG

Mairie ecole 2011Mairie ecole 2011

RESUME DE L’HISTOIRE DE REMELFANG

Le blason de la commune résume en partie l’histoire du village : la croix ancrée rappelant la châtellenie de Boulay et les trois pièces d’or, St Nicolas, patron de la paroisse. C’est en 1235 que Rémelfang apparaît dans les documents écrits mais son origine est plus ancienne puisque le ban fit partie des premières dotations de l’abbaye de Mettlach avec Valmunster et les environs ; ce sont probablement les serfs de cette abbaye qui établirent les premières fermes à cet endroit.

La haute justice avait été laissée par le duc de Lorraine au comte de Nassau-Saarbruck ; ils se firent évincer suite à un long contentieux pendant la guerre de Trente Ans et avec la complicité sans doute coupable du duc Charles IV par la famille de Paviot qui s’implanta donc ici ainsi qu’à Holling. Rémelfang était le siège d’une prévôté ducale et de la seigneurie des Paviot sur Holling et Rémelfang. Les seigneurs hauts justiciers choisirent alors la chapelle du lieu pour s’y faire inhumer. A ce titre, il y avait aussi sur la colline de la Vierge, le gibet seigneurial. Comme à Holling, les seigneurs de Freistroff y avaient des biens. Les derniers seigneurs de Rémelfang furent les comtes de Lignèville puis de Landreville à la suite de divers mariages et héritages.

Rémelfang faisait partie depuis la fondation du village de la paroisse de Valmunster. Elle entreprit de s’émanciper de cette tutelle en s’associant à sa voisine de Holling qui avait les mêmes objectifs. Le contentieux fut très long car l’abbé de Mettlach refusait de lâcher cette source de revenus. On alla jusqu’à porter l’affaire à Rome. Au XVIIIe, les deux villages obtinrent un vicaire résident et en 1802, lors du Concordat, elles devinrent paroisses avec église mère à Holling. Rémelfang ne devint paroisse indépendante qu’en 1857. Il y avait depuis longtemps une chapelle puisqu’on y enterrait les seigneurs de Paviot mais elle fut reconstruite en 1768 puis à nouveau en 1865. La paroisse bénéficiait également d’un presbytère qui accueillait le curé de Holling. Il dut être reconstruit en 1859.

La commune avait été initialement rattachée au canton de Boulay comme Holling ; pour des raisons d’éloignement, elle obtint en 1834 d’être versée dans celui de Bouzonville. La mairie-école date de 1899. Village essentiellement agricole, Rémelfang a aussi profité de ses carrières de gypse dont les galeries servirent de refuge aux habitants lors des bombardements de la Libération. La population était d’environ 100 personnes en 1585 puis de 120 en 1707 après la guerre de Trente Ans ; les recensements montrent qu’il y avait en 1735, 128 communiants et 54 non communiants. L’enregistrement des juifs après la Révolution montre qu’il y avait dix juifs à Rémelfang en 1808. Par la suite la population a varié de 252 habitants en 1817 à 151 en 2010.

Enfin après la Seconde guerre mondiale, une grande statue de Notre Dame de la Réconciliation fut érigée et est encore chaque année l’occasion d’un pèlerinage franco-allemand.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied a réalisé une plaquette de 50 pages sur cette histoire.Prix 15€ (plus 4€ frais d’envoi) par chèque à la SHAN Château St Sixte 57320 Freistroff

( 1 février, 2011 )

HISTOIRE DE HARGARTEN AUX MINES (57)

Moulin banal de Hargarten

Ancien moulin banal de Hargarten 

 

HARGARTEN AUX MINES

L’histoire écrite de Hargarten aux Mines commence en 1179 sous le nom de Hargada ou Hergada. En 1295, on parlait de Hargarten les Faux c’est-à-dire les chênes qui devaient être nombreux dans la région puisqu’ils avaient déjà donné leur nom à l’abbaye de St Martin de Glandières. Si tous les spécialistes s’accordent sur le suffixe garten, les uns rapprochent Har de Flachs signifiant le lin, d’autres voient dans Har, le verbe harken (râteler) et d’autres encore une déformation de Herren (les seigneurs). Avant le village, il y avait la forêt du Warndt qui recouvrait toute la région ; pourtant des trouvailles archéologiques montrent que le site était déjà occupé par des hommes préhistoriques et ensuite qu’un diverticule de la voie romaine traversait le secteur avec un castrum romain près du Katzenrech.

Le duché de Lorraine partagea le Warndt entre les seigneurs de Varsberg, de Boulay et diverses entités religieuses. Le pied terrier de la seigneurie de Boulay de 1580 définit que la propriété était partagée par moitié entre le duc de Lorraine et Faust de Dalem mais que le moulin banal n’appartenait qu’au duc. Celui-ci engagea pour garantir un emprunt sa moitié de Hargarten aux seigneurs de Dalem.

La guerre de Trente Ans (1618-1648) détruisit totalement le village qui fut reconstruit plus tard plus au Nord. Au XVIIIe siècle, la famille d’Haraucourt, seigneur de Dalem, n’ayant pas d’héritier mâle fit sortir une de ses filles du couvent pour qu’elle épouse le marquis de Bissy, un militaire qui lorsqu’il tomba en disgrâce vendit Hargarten à la famille de Choiseul-Beaupré. A la Révolution la propriétaire était Mme la comtesse de Betz, veuve de Choiseul.

C’était le marquis de Faulquemont et Dalem qui nommait le curé ce qui explique qu’il fut souvent originaire de Faulquemont. Les grosses dîmes étaient partagées par tiers pour le seigneur, pour l’abbé de Villers-Bettnach et pour le curé. L’église de Hargarten existait déjà en 1327 et il est probable que la statue de la Vierge assise portant l’Enfant Jésus est contemporaine de cette église. Elle est placée sous l’invocation de St Michel. La paroisse était souvent la mère église de Dalem. Elle ne fut reconstruite qu’en 1747.

En 1846, on décida une nouvelle reconstruction de l’église et en 1856 du clocher. En 1922, le toit menaçait de tomber et la charpente dut être refaite. Les orgues Dalstein-Haerpfer furent installées en 1888.

Les registres paroissiaux permettant de suivre la démographie ne débutent qu’en 1689, encore sont-ils incomplets. En 1610, on comptait 60 habitants et en 1707, 192, ce qui prouve une recolonisation rapide après la guerre de Trente Ans. Au cours du XIXe et XXe siècle, la population oscilla entre 800 et 1200 habitants. Ce furent d’abord les mines de plomb qui attirèrent de la population, puis le chemin de fer et par la suite l’exploitation des houillères de Creutzwald voisines.

Le maître d’école est signalé depuis 1707 mais nous n’avons que peu de traces de la maison d’école avant 1817, le régent faisant l’école le plus souvent chez lui. Une nouvelle école fut construite en 1848 et en 1853, l’ancienne école réhabilitée fut destinée aux filles et fut confiée à une sœur de Peltre. En 1954, une école moderne fut construite et en 1959, il y avait quatre classes plus une maternelle et des logements pour les enseignants.

En 1860, le ban couvrait 560 hectares dont 313 étaient cultivés, 80 étaient en prairie, 127 en forêts. Mais en dehors de l’agriculture, une spécialité de Hargarten était ses mines de plomb et de cuivre. Elles furent exploitées au milieu du XVIIIe, d’abord par M. Saur qui était soutenu financièrement par le curé Koune qui subit de lourdes pertes lors de la déconfiture de l’entrepreneur. Ce sont ces mines de plomb qui donnèrent à Hargarten son suffixe -aux Mines.

Trois moulins ont existé à Hargarten : le moulin d’en haut ou Obertsmühl, le moulin du Soleil ou Sonnenmühl et le Hellenmühl qui était proche de Hargarten mais sur le ban de Falck. On peut citer aussi dans la liste des activités une tuilerie qui en 1812 produisait 90.000 tuiles par an, la brasserie Fendler et l’huilerie Auer.

La chance de Hargarten pour se développer fut le chemin de fer. Construit en 1877, la communauté souhaita voir la gare se situer entre les deux tunnels mais bien qu’elle porta le nom de Hargarten celle-ci fut installée après le second tunnel vers Falck. Ce tunnel trouva une utilité particulière à la libération de la seconde guerre mondiale en abritant beaucoup de familles lors de l’avancée américaine.

Dans la cadre des Mardis de l’Histoire , la Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  a publiée une nouvelle édition de la monographie communale sur Hargarten (90 pages Prix de vente 20 euros frais d’envoi 6,9€) Chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 Freistroff.

 

 

( 3 décembre, 2010 )

L’ECOLE DE SCHWERDORFF par Christiane et Remy Divo

 

L’ECOLE DE SCHWERDORFF

Trois siècles d’histoire

Christiane et Rémy DIVO

Les auteurs de cette étude, Christiane et Rémy DIVO, ont déjà présenté en 1994-95 trois brochures sur la paroisse de Schwerdorff que la SHAN a résumées en 2006 sous le titre « Schwerdorff, commune du bout de la France » en y intégrant des recherches de MM. BENOIT et MORHAIN.

Ce nouveau fascicule de 150 pages, agrémenté de photos, retrace la carrière parfois mouvementée des 107 enseignants ayant exercé dans le village depuis 1707. A cette époque, les maîtres étaient engagés à la fois par le curé et la communauté dont ils étaient totalement dépendants. Ils étaient considérés comme des manouvriers corvéables à merci.

La Révolution de 1789 désorganise complètement l’enseignement et il semble bien qu’aucun maître n’ait à nouveau exercé dans le village avant 1800.

Entre 1833 et 1870, les lois Guizot, Falloux, Duruy améliorent sensiblement l’enseignement et la condition des enseignants. Chaque commune est tenue de fournir un local pour recevoir les enfants. A Schwerdorff, l’instituteur enseignait dès avant la Révolution dans la « maison  Nillès » ou « Gadenhaus », démolie en 1941 par les Allemands. A partir de 1839, l’école est installée dans le château de Schwerdorff jusqu’en 1956, date de la construction de la nouvelle école.

En 1871, après l’annexion au IIe Reich, l’enseignement primaire devient obligatoire, ce qui n’est pas encore le cas en France. Les instituteurs doivent prêter serment à l’Empereur. Lors du retour à la France en 1918, tous les enseignants d’origine allemande sont expulsés et souvent remplacés par des maîtres venus « de l’intérieur » pour franciser la région. Les mosellans germanophones sont obligés de « s’exiler », des mois durant, dans les autres départements pour se familiariser avec la langue française.

Pendant l’annexion allemande de 1940 à 1945, les enfants du village, rentrés de la Vienne, apprennent l’hymne allemand et la « Spitzschrift » alors que ceux restés à Oyré entonnent « Maréchal, nous voilà ». De juillet 1944 à novembre 1945, tous les enfants du village profitent de très longues vacances dues à l’absence de maître.

Depuis cette date, 42 enseignants se sont succédé dans le village ; les auteurs les ont pratiquement tous contactés, à défaut leur famille. Tous leur ont fait part des problèmes rencontrés : leurs relations avec le maire et le curé, l’école géminée, le francique, la laïcité … Ils ont aussi dû s’adapter à de nombreuses réformes : suppression du certificat, création des collèges, regroupements intercommunaux, formation en UIFM, …

Le travail se termine par une rapide présentation de la carrière des 25 enseignants nés dans le village depuis 1741.

Les auteurs ont essayé de faire revivre les enseignants dans leur époque, confrontés aux problèmes spécifiques de notre région ballottée entre deux cultures. A chaque changement de régime, ces fonctionnaires sont souvent contraints de renier leurs convictions intimes ou leur culture propre pour adopter celle des vainqueurs. Certains ont subi des humiliations, connu l’exil, la prison, la radiation.

La brochure de 145 pages a été présentée par les auteurs avec le support de la Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied, le samedi 8 janvier 2011 à 15 heures dans la salle communale de Schwerdorff. Prix: 20 € en souscription jusqu’au 1er mars 2011.

( 30 octobre, 2010 )

HISTOIRE DE HOLLING

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Vierge à l’enfant en bois du XVIIIe

HOLLING

Sous l’Ancien Régime et un peu plus tard

On pense que les peuplades antiques colonisèrent en priorité les hauteurs et que Holling dans la vallée ne fut occupée qu’à la période franque.

L’histoire de Holling a été un long combat pour devenir autonome. La première mention écrite du village date de 1196 sous la forme Hulingen. Holling faisait partie du duché de Lorraine et le duc avait délégué la haute justice aux seigneurs de Freistroff et Château-Rouge, à la dame de Bérus et aux comtes de Nassau-Sarrebruck. La seigneurie foncière était très divisée : il y avait le ban St Pierre dépendant de l’abbaye de Mettlach qui exerçait ses droits à travers Valmunster, le ban Notre Dame sous la juridiction de l’abbaye de Freistroff, le ban de Ste Croix lié à l’abbaye de Bouzonville qui avait choisi un voué pour défendre ses biens en la personne du seigneur de Dalem qui de ce fait avait aussi une partie du territoire. A cela s’ajoutaient des propriétaires indépendants comme l’abbaye de Mouzon qui avait été dotée en 971 d’une partie de Brettnach qui débordait un peu sur Holling. Ces droits étaient exercés par le prieuré de Rozérieulles et furent transmis ensuite au séminaire Ste Anne de Metz. La communauté de Holling avait aussi une partie du territoire.

Si on se rappelle qu’à cette époque, le maire ne représentait pas les habitants mais son seigneur et qu’il y avait à Holling au moins quatre maires défendant des intérêts divergents on se rend compte de la complexité de la vie communale.

Dans ce contexte difficile, la haute justice de l’abbaye de Mettlach était inféodée aux comtes de Nassau-Sarrebruck par les ducs de Lorraine. Le comte Jean IV avait trois fils dont un bâtard. Avant sa mort, il attribua à ses deux fils respectivement la seigneurie de Holling et celle de Bénestroff et légitima le troisième qui poursuivait des études à Pont à Mousson. Lorsque ses deux frères moururent, il réclama en particulier Holling. Après une longue épopée juridique, Jacques Paviot, gendre du bâtard de Nassau, soutenu par le duc de Lorraine, obtint la haute justice sur Holling et Rémelfang. Il fit construire à Holling une maison seigneuriale qui existe encore.

Les derniers seigneurs de Holling furent les comtes de Ligniville puis de Landreville.

Après avoir obtenu une autonomie civile grâce aux prétentions du fils naturel de Nassau, Holling voulut devenir indépendant sur le plan religieux. En effet, Holling faisait partie de la paroisse de Valmunster avec Eblange, Rémelfang et Velving. Cette libération passa par plusieurs étapes, Holling commença par se voir accorder un vicaire pour desservir Holling et Rémelfang, par la suite ce vicaire devint résident et enfin Holling devint paroisse indépendante mais seulement après la Révolution.

Avant de pouvoir être paroisse, les habitants durent construire une église en 1762 pour 2810 livres.

La situation géographique de Holling dans une plaine inondable le rendait dépendant du chemin qui est devenu la départementale et qui permettait seul aux habitants d’être reliés à l’extérieur. Elle fut l’objet de leurs préoccupations et en 1832, Bouvier du Molart écrivait que les notabilités du département se désintéressaient du secteur parce qu’il n’était pas représenté au Conseil Général bien qu’il soit un des plus productifs.

L’étude de la toponymie des lieux dits montre une solide tradition francique puisqu’aucun nom n’est de consonance française ; la population post-révolutionnaire oscilla entre 480 habitants pour 1836 et 210 en 1954. La remontée est actuellement amorcée. L’érudition généalogique de M. Alfred Louis a permis une étude approfondie des patronymes, des métiers, des surnoms depuis le XVIe siècle.

Les idées de la Révolution furent accueillies avec intérêt à Holling jusqu’à ce qu’elle s’attaque à son vicaire qu’elle avait eu tant de mal à obtenir. La mort du roi fut mal ressentie et lorsque la levée en masse lui demanda d’envoyer quatre volontaires, personne ne se présenta ; il fallut tirer au sort. Par la suite, les réquisitions en argent, en vivres et en transports rencontrèrent une mauvaise volonté manifeste.

Le Second Empire fut une période de prospérité, la première guerre mondiale se passa assez loin mais lui permit de regagner le giron de la France tout en gardant la mentalité méfiante envers l’avenir d’une localité proche de la frontière.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN)  a édité une nouvelle version de la monographie communale de Holling mis en vente (106 pages 20 € +/- 6,4€ de frais d’envoi par chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 FREISTROFF).

 

( 13 août, 2010 )

HISTOIRE DE MEGANGE (57)

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MEGANGE RURANGE

La commune de Mégange avec son annexe Rurange a une histoire assez particulière puisque ces deux villages forment une même commune suite à un mariage forcé décidé le roi de France en 1833. Cette cohabitation sous le même toit, si elle est paisible actuellement, a été mal supportée en ses débuts. En effet, seul le conseil municipal est commun aux deux localités qui ont un ban séparé, des forêts particulières et sont de paroisses différentes.

L’histoire de Mégange est liée à celle de Guinkirchen qui a toujours été sa paroisse et longtemps sa commune. Les armoiries de Mégange qui servent pour l’ensemble de la commune sont celles de la famille de Mengen qui a probablement eu son berceau dans ce village. On cite Mégange dés 1131 comme une dépendance de la seigneurie de Vry. Puis Jean II de Mengen fut nommé prévôt de Guinkirchen ou de Guirlange en 1270 et la famille fit des dons à l’abbaye de Villers-Bettnach.

Par la suite Mégange servit souvent à ses seigneurs de caution lors d’emprunt qu’ils faisaient et ainsi le village changea souvent de seigneur. Mégange faisait partie des villages à flageolets c’est-à-dire qui devaient une redevance en flageolets au couvent de Fraulautern. On sait aussi qu’en 1580, il y avait 16 maisons dont 5 étaient en commun aux abbés de Bouzonville et de Villers-Bettnach alors que les onze autres faisant partie de la mairie de Guinkirchen et de la seigneurie de Boulay et cette partie suivit le sort de Guinkirchen jusqu’à la révolution.

Mégange a toujours été une annexe de la paroisse de Guinkirchen et elle participait aux frais d’entretien de l’église de ce lieu ; elle fit pourtant des efforts constants pour disposer d’une chapelle particulière : il y avait eut d’abord une chapelle privée à l’extérieur du village qui fut rasée et reconstruite dans le village vers 1860. L’autorisation épiscopale avait acceptée la construction d’un oratoire mais alors la vente du quart de réserve de la forêt communale fut acceptée ; devant les caisses communales remplies, les responsables virent beaucoup plus grand et lorsqu’il fallut justifier le paiement par le budget communal commencèrent les problèmes administratifs.

De 1833 à 1870, les comptes rendus du conseil municipal étaient parsemés de plainte relative à l’union des deux villages prétextant que pourtant dans le secteur de plus petites villes qu’eux étaient indépendants. On écrivait même : « Nous sommes les seuls idiots incapables d’avoir les éléments d’une bonne administration (communale) ». Si au début, les maires demeurèrent à Mégange, une contestation s’éleva lorsqu’ils furent habitants de Rurange et que les habitants de Mégange durent se déplacer à Rurange. La population de la commune atteignit 340 personnes en 1851 pour retomber à 89 en 1975. Elle dépasse aujourd’hui les 150. Il est intéressant de noter qu’au XVIIIe et XIX e siècle, il y avait à Mégange de la vigne (7 hectares en 1820) et des vignerons.

Si la paroisse était à Guinkirchen, au XIXe, l’école était à Mégange et il y eut même à certaines époques deux instituteurs, un à Mégange et l’autre à Rurange.

L’épisode de la libération de 1944 fut particulier à Mégange puisque les soldats allemands qui devaient défendre la route montant de Burtoncourt vinrent chercher refuge dans l’abri où les habitants s’étaient protégés. La municipalité les remit désarmés aux troupes américaines.

L’histoire de Rurange commence en 1060 sous le nom de Rohenge et il fait partie du pays messin et de la seigneurie de Vry comme Mégange. Par la suite, il passe entre les mains de seigneur de Clervant et Courcelles-Chaussy à tendance protestante ce qui le différencie de Mégange et le rattache plutôt à Burtoncourt. A la Révolution, Rurange appartenait à la famille Le Duchat.

Le village a été autonome jusqu’en 1790 et devint annexe de Guinkirchen de 1813 à 1833, date de la création de la commune indépendante de Mégange avec Rurange comme annexe. Le village de Rurange avait en1742 quatre ménages juifs. Il a toujours souhaité avoir une école particulière mais c’est heurté à des difficultés financières qui ont empêché dans ce domaine une situation stable tant pour la maison d’école que pour les instituteurs. Un des problèmes de Rurange a été de trouver un débouché vers l’extérieur en défendant avec persistance la mise en état de la route de Burtoncourt à Gomelange ; pour des raisons d’économie, les habitants acceptèrent de se greffer sur la route de Bockange à Gomelange. Le village avait deux moulins celui de Rurange et celui de Gravatte vers Gomelange. Mégange n’avait qu’une petite forêt alors que les ressources forestières de Rurange étaient bien plus importantes.

La paroisse pour Rurange est depuis très longtemps Burtoncourt et sous l’Ancien Régime, les enfants allaient à l’école à Burtoncourt. Ceux qui n’avaient pas d’instruction parlaient le dialecte et se plaignaient de ne pouvoir comprendre les sermons du curé de Burtoncourt francophone.

Comme on le voit, la réunion des deux villages en une seule commune n’allait pas de soi mais le roi l’a faite.

La  Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  difuse une monographie de 50 pages sur l’histoire de Mégange et de Rurange  au prix de 18€ +5,4€ de frais d’envoi (chèque à l’ordre de SHAN).

 

 

( 13 août, 2010 )

HISTOIRE DE BOUCHEPORN (57)

Retable du XVIe Boucheporn

 

HISTOIRE DE BOUCHEPORN (Résumé)

Si l’autoroute A4 évite de justesse le village de Boucheporn, la voie romaine de Metz à Mayence le traversait bel et bien et lui a laissé un passé archéologique important. Il est probable que sans cette voie de passage, les ateliers de poteries n’auraient jamais eu le développement quasi industriel qu’ils eurent à l’époque gallo-romaine. Boucheporn exporta jusqu’en Angleterre des productions de potiers venant souvent du centre de la France. Lors de la construction de l’église, on mit à jour une mosaïque romaine et une statue de Minerve démontrant l’importance de l’étape.

La paroisse traduisit longtemps le statut de centre qu’avait Boucheporn en étant l’église mère des villages environnants dont Bisten en Lorraine, Zimming, Porcelette, Narbéfontaine, Niedervisse en partie et Obervisse. La dédicace de l’église à Saint Rémi est une preuve supplémentaire de l’ancienneté de la paroisse qui était déjà citée au VIIIe siècle. Progressivement ces paroisses obtinrent leur émancipation. La paroisse dépendait jusqu’en 1257 de l’abbaye Saint Martin de Glandières, puis de Hombourg-l’Evêque avant de passer en 1600 dans le temporel de l’abbaye de St Nabor.

L’église actuelle a été construite en 1770 aux frais des différentes composantes de la paroisse. Elle renferme actuellement encore un retable en pierre particulièrement intéressant et datant du XVIe qui représente le Christ et les 12 Apôtres et qui est probablement un souvenir de l’ancienne église. A coté de l’église, la façade de l’ancien ossuaire de 1846 a été conservée ainsi qu’une croix du choléra imposante bien qu’amputée. Le ban de Boucheporn présente encore un nombre important de calvaires du plus humble au plus conséquent.

L’histoire civile de Boucheporn n’est pas lorraine mais messine ou plutôt elle est liée à l’évêché de Metz qui reçut ce village avec le Warndt des mains de l’empereur Othon III en 999. Le village fut concédé à l’abbaye St Martin de Glandières qui céda le patronage à la collégiale de Hombourg lors de sa création tout en gardant la moitié des dîmes contre l’abbaye de St Nabor qui s’implanta progressivement.

L’histoire de Boucheporn fut marquée par les guerres. La guerre de Trente Ans ravagea le village au point qu’il fut reconstruit un peu à l’écart de son emplacement d’origine et il fallut attendre 1664 pour voir une recolonisation du village. Si la guerre de 1870 ne vit que le passage des troupes, la Première guerre mondiale fit neuf victimes au village et la Seconde guerre mondiale plaça Boucheporn au cœur de la Ligne Maginot entre les ouvrages du Mottenberg et du Kerfent. La population fut évacuée en 1939 à Gouex dans la Vienne. La démographie passa de 280 habitants en 1802 à 524 en 1982. Les enseignants étaient présents dés le XVIIe et l’école a été reconstruite après un incendie en 1908.

Le ban communal de Boucheporn donne naissance à deux rivières : la Rosselle et la Bisten. On peut citer aussi une particularité du village liée aux portes des maisons et des granges montrant une période de prospérité pendant l’Annexion.

A l’occasion de la soirée sur l’histoire de Boucheporn du mardi 18 janvier 2011, une monographie a été éditée par la SHAN : 64 pages A4 avec photos couleurs. Prix de vente 18€ plus 5,4€ pour frais d’envoi à régler par chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 FREISTROFF.

( 3 janvier, 2010 )

Histoire d’EBERSVILLER FERANGE ISING LABRUCK (57)

HISTOIRE D’EBERSVILLER

FERANGE ISING LABRUCK

 

La commune d’Ebersviller est constituée du village d’Ebersviller, de l’ensemble Férange, Ising, Labruck et de l’ancien moulin de la Kreschmuhle. On citait déjà le village en 960 sous le nom d’Everonisvilla signifiant la localité d’Eber ou d’Eburo et non Eber le sanglier comme supposé par les héraldistes modernes qui ont choisi le blason communal.

Ebersviller a surtout été possession de différentes abbayes comme celles de Villers-Bettnach, Rettel ou Bouzonville et même celle de St Pierre de Metz qui échangea ses biens à Ebersviller avec des biens à Arriance au bénéfice de Faust de Stromberg.

Progressivement les choses se sont compliquées : des bourgeois messins devenant propriétaires, le duc de Lorraine étant haut justicier et confiant un fief à la famille von Blumenau au XIVe siècle. La famille d’Eltz de Freistroff s’implanta alors petit à petit directement ou par l’intermédiaire de la seigneurie de Château-Rouge au cours du XVIIe et en 1660, le baron de Koenigsfeld, autre seigneur de Freistroff, avait aussi des biens à Ebersviller. En 1708, la haute justice était lorraine, le foncier était partagé entre les barons d’Eltz, de Metternich et de Zandt alors que les dîmes étaient aux chartreux de Rettel.

La paroisse existait déjà en 1221 et le droit de collation était attribué à l’abbaye de Wadgassen. A la Révolution, le curé Klein refusa le serment constitutionnel et émigra ; il fut remplacé par le curé Henry, fervent républicain, qui signait ses actes de naissance « officier public » et devint maire d’Ebersviller en 1793 ; accusé par la suite de conspiration, il fut condamné à mort et guillotiné à Paris. Il faut retenir aussi le curé Dominique DURANT (1851-1875) qui eut la lourde tâche d’assurer le suivi du projet de construction d’une nouvelle l’église sous trois maires successifs dont au moins deux étaient opposés à cette construction ainsi qu’à celle d’une école pour les filles.

L’église actuelle date de 1879 et remplaça une construction de 1736. Le projet rencontra beaucoup de difficultés pour être mis en place et par la suite la réalisation se révéla désastreuse à cause de multiples malfaçons entraînant des actions judiciaires contre l’entrepreneur et contre l’architecte. Ce fut le nouveau curé, l’abbé Kremer, qui avec un nouveau maire mena à bien l’ambitieux défi. Les grandes orgues datent de 1896 et sont l’œuvre de la manufacture Dalstein-Haerpfer de Boulay ; c’est un instrument exceptionnel de 25 jeux.

Au XIXe, le ban couvrait 1407 hectares dont 622 de terres labourables, 634 de forêts et 3,4 de vignes. Comme dans beaucoup de communes, un remembrement des terres fut effectué après la guerre de Trente Ans en 1691. Les forêts couvraient donc presque la moitié de la superficie communale ; on notera aussi la présence d’un vignoble notoire. Depuis la Révolution, la population d’Ebersviller évolue entre 1145 habitants et 472 en 1968. La reconstitution de familles du cercle généalogique a mis en évidence une activité importante dans la commune, entre 1750 et 1850, avec les enfants mis en nourrice par des particuliers ou par l’hôpital St Nicolas de Metz, ce fut presqu’une industrie.

Vu l’importance du village, on dut se pencher, au XIXe siècle, sur la séparation des sexes à l’école et comme pour l’église cette question donna lieu à une joute épique entre le maire, opposé à la dépense, et le curé défendant la morale et soutenu par l’Inspection académique.

Il faut aussi rappeler l’impact de la ligne Maginot sur la commune d’Ebersviller avec diverses implantations comme l’entrée du Michelberg, l’abri Bilmette, les casemates du Hubnerbusch, la casemate d’Ising et l’abri du bois de Férange sans oublier le camp installé à Férange.

 

Férange est connu depuis 1137 sous le nom de Viringen. Au XIIe siècle, l’abbaye de Bouzonville avait des possessions et la seigneurie de Boulay en 1580 déclarait que le duc de Lorraine y était le seul souverain grâce à la seigneurie de Sierck et qu’il partageait le foncier avec les seigneurs de Château-Rouge, de Bisbach et de Dullange en tant qu’héritiers des seigneurs de Volmerange. Il semble qu’anciennement Férange était partagé entre les abbayes de Rettel et de Mettlach dont la part revint ensuite à Boulay. En 1707, la population de Férange était de 83 personnes mais avec 46 enfants ce qui met en évidence cette période de relance après la guerre de Trente Ans et ses suites. Il y avait une école à Férange au moins depuis la Révolution et un moulin était déjà cité en 1317.

Ising était aussi une localité autonome connue depuis 1580, la seigneurie de Boulay déclarant alors que Sierck (le duc de Lorraine) y avait toutes les justices mais en 1707, le foncier était partagé entre le baron d’Eltz et M. Dostang alors que les dîmes allaient aux chartreux et à M. Koeller. En 1707, Ising comptait 52 habitants avec Labruck.

Le moulin de Kreschmuhle dont le nom signifie moulin à son, est cité à partir de 1808 et il fonctionna jusqu’à la seconde guerre mondiale comme moulin à farine pour devenir après une exploitation agricole, ravagée en 1984 par un incendie.

 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN Château St Sixte 57320-Freistroff)  a édité un fascicule sur Ebersviller, Férange, Ising et Labruck de 70 pages et vendu 18 euros (+ 5,4€ pour frais d’envoi).

Chèque libellé à l’ordre de la SHAN

 

( 30 septembre, 2009 )

HISTOIRE DE CONDE-NORTHEN, PONTIGNY & LOUTREMANGE

HISTOIRE DE CONDE-NORTHEN, PONTIGNY et LOUTREMANGE (Résumé)

            Si les communautés de Condé et de Northen ont eu partie liée au cours de l’histoire depuis des temps immémoriaux, Pontigny ne faisait que paroisse commune avec Condé et Loutremange a été communauté indépendante jusqu’à son association en 1979 avec la commune de Condé-Northen.

            Le site a été occupé depuis des temps très anciens puisqu’on y a retrouvé un bracelet à tampons du IIIe siècle avant J.C. et que le pont sur la Nied donnait passage à un importante voie romaine. On sait aussi que, entre Loutremange et Helstroff, il y avait une grande villa gallo-romaine.

            Condé doit sans doute son nom au confluent des deux Nied (du latin condate). On sait que dés le Xe siècle, Condé était lorraine mais l’influence messine devint importante dés le XVe siècle. Cela entraîna parfois des quiprHISTOIRE DE CONDE-NORTHEN, PONTIGNY & LOUTREMANGE dans Monographies communales clip_image002oquos étonnants, les soldats lorrains pillant Condé comme partie du pays messin. On sait qu’en 787, l’abbaye de St Avold confia la protection de sa propriété à Condé au comte Folmar de Metz.  L’abbaye de St Martin devant Metz détenait le patronage dés le XIIe et au XIIIe siècle, les seigneurs de Volmerange lui cédèrent leurs possessions à Condé et à Northen. En 1588, l’abbaye de St Martin périclita et ses biens furent dévolus à la Primatiale de Nancy. Peu après survint la catastrophe de la guerre de Trente Ans qui détruisit totalement le village qui entourait le cimetière dans lequel s’élevait l’église.

            La paroisse placée sous l’invocation de St Germain a été signalée dés 787 et l’église mère qui s’y trouvait desservait Condé, Northen, Pontigny et Volmerange qui devint autonome en 1750. La première église fut sans doute une construction des Templiers c’est-à-dire au XIIe ou XIIIe siècle. Bien que le village ait été détruit à la guerre de Trente Ans l’église fut probablement réparée mais son état et ses dimensions entraînèrent son interdit  au XVIIIe. Ce ne fut qu’au milieu du XIXe siècle que l’église actuelle fut construite retrouvant une place au milieu du village. Il subsiste des éléments de l’ancienne église comme l’armoire eucharistique, les fonts baptismaux et quelques pierres sculptées.

            La commune disposait d’un presbytère qui est actuellement la mairie alors qu’un nouveau presbytère fut acheté en 1959.

            Le moulin de Northen  appartenait à la Primatiale de Nancy et était banal pour Condé et Northen. Son installation avait la particularité de pouvoir continuer à travailler même pendant les périodes d’inondation contrairement aux autres moulins de la région. Il fonctionna jusqu’en 1922. Il y avait aussi à Condé une tannerie, une distillerie et une carrière de pierre. Le vignoble de Condé était important : 16 hectares en 1607 et en 1820 et 20 en 1844. La gare de Condé fut opérationnelle de 1876 à 1969.

            PONTIGNY vient de Pont à Nied, passage de la voie romaine sur la rivière. Le village fit d’abord partie de Raville qui le céda à l’abbaye de St Martin de Glandières. Elle vendit Pontigny au XIIIe siècle au sire de Neufchastel. Pourtant la famille Niedbruck existait depuis le XIe siècle et elle fut anoblie par Charles Quint. En 1583, la seigneurie passa à la famille de Custine qui la conserva jusqu’à la Révolution. Une maison forte s’élevait au Nord du pont pour le défendre et pour percevoir les péages. Pontigny faisait partie de la paroisse de Condé mais avait une chapelle castrale dédiée à St Sébastien entourée d’un cimetière. On trouve trace à Pontigny d’une tuilerie et d’une huilerie.

            LOUTREMANGE était un fief lorrain qui fut d’abord propriété de l’abbaye Ste Glossinde de Metz puis de celle de St Vincent au Xe siècle. Par la suite, le sort de Loutremange fut lié à celui de Varize le fief comprenant Varize, Loutremange et Les Etangs mais St Vincent y avait toujours ses possessions.

La chapelle de Loutremange est dédiée à St Nicolas ; elle se trouvait précédemment au milieu du village le long du ruisseau. Elle fut reconstruite à sa place actuelle en 1764. Les recensements nous montrent qu’en 1836, il y avait 187 habitants à Loutremange pour seulement 36 en 1982. La commune de Loutremange décida la fusion association avec la commune de Condé qui fut effective le 1 juin 1979.

 

L’arbre de la liberté de Northen

            Lors de la Révolution de 1848, Northen décida de planter un arbre de la liberté contre l’avis de Condé. Une fois planté, les habitants voulurent qu’il soit béni mais le curé avait refusé de participer à cette manifestation. Une procession se mit en route depuis Northen avec l’agent de police et son tambour, un musicien et 3 jeunes hommes armés de haches. Arrivés devant la cure, l’agent de police battit du tambour et pénétra dans la cure où il trouva un curé tout disposé à venir bénir l’arbre de la liberté. La procession repartit donc avec le curé au son du violon et le curé s’exécuta ouvrant des festivités arrosées qui se terminèrent tard dans la nuit.

 

 

Condé-Northen-Rue-Principale-Actuelle-Grange-de-Condé-Coll.H.Schoun dans Monographies communales

    
La Grange de Condé autrefois
           
La  Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN Château St Sixte 57320-FREISTROFF) tient à la disposition des amateurs une monographie de 110 pages réalisant une synthèse des recherches de M. Henri SCHOUN sur Condé-Northen, Pontigny et Loutremange. Prix de cession 20 €  (plus frais d’envoi 7€) à régler par chèque à l’ordre de la SHAN

( 8 septembre, 2009 )

HISTOIRE de DENTING (57)

DENTING

Histoire d’un village rebelle

 

            Le village de Denting a la particularité d’avoir l’histoire d’une enclave dans le duché de Lorraine dépendant du comté de Créhange et donc de l’empereur romain germanique. Le cas était identique pour Momerstroff et la partie Sud de Niedervisse.

            A l’origine, la localité se situe autour de l’église de Welling qui fut sans doute une des premières paroisses du secteur, peut-être même antérieure à Varize et à Boulay. Progressivement les habitations s’installèrent dans la vallée du Kaltbach et l’église resta seule sur le plateau avec quelques maisons, si bien que lorsqu’il fallut rétablir l’église paroissiale qui avait beaucoup souffert du temps et des guerres, les habitants réclamèrent que leur chapelle soit érigée en église mère ce qui fut fait en 1717.

Les seigneurs de Denting avaient été tout d’abord de la famille de Fénétrange ; les droits passérent ensuite entre les mains de Jean de Varsberg qui, étant mort sans héritier en 1284, transmit ses biens à ses neveux dont l’ancêtre de la lignée de Créhange et celui des Dagstuhl qui gardèrent la seigneurie en partage jusqu’à la Révolution : deux tiers pour les Créhange et un tiers pour les Dagsthuhl. Par la suite, les mariages apportèrent les biens du comté de Créhange à la famille du comte de Wied-Runkel tandis que la part de Denting des Dagstuhl passait à la famille Sotern. La commission d’héraldique moderne a choisi de faire figurer dans le blason de la commune de Denting une partie Créhange et une partie Sotern.

Au XVIIIe siècle, l’ensemble des villages du comté de Créhange refusa de participer au tirage au sort pour la conscription avant que le comte ne justifie les ordres et les impôts réclamés. Le village de Denting fut particulièrement en pointe de la contestation et le conflit dura jusqu’à la Révolution avec occupation armée des villages rebelles sans obtenir qu’ils se rendent mais ils avaient la possibilité de mettre leurs personnes et leurs biens à l’abri en passant en Lorraine. Le comte essaya vainement de vendre son comté à la France pour sortir de sa situation enclavée territorialement. Il fallut attendre la Révolution pour que Denting devienne français. Denting prônait alors l’amitié avec les Français tout en réclamant la conservation de ses particularismes. Il n’y eut jamais de réponse à ses requêtes et la commune fut noyée dans la république. Pourtant les habitants défendirent âprement leurs droits de pratiquer la religion catholique d’abord en jouant sur l’extraterritorialité puis après l’annexion en résistant ouvertement aux lois antireligieuses protégeant un prêtre originaire du village, l’abbé Laglasse, en allant jusqu’au coup de feu lorsque cela était nécessaire.

L’église actuelle a été reconstruite en 1791 et avait été financée par les décimateurs le comte de Créhange et l’abbesse de Fraulautern qui s’étaient faits beaucoup prier pour en arriver là. La reconstruction fut totale mais  on conserva le clocher cylindrique de l’ancienne église jusqu’en 1890.

La commune de Denting abritait une communauté juive  d’environ 50 personnes. Ils avaient un cimetière à la sortie vers Coume mais la synagogue était celle de Niedervisse. Après la Révolution, les juifs quittèrent Denting pour la ville et le dernier partit en 1875 pour Boulay.

Un chapitre particulier de l’histoire de Denting est lié à la Seconde Guerre Mondiale. Le ban communal était traversé par l’assise de la ligne Maginot  qui se concrétisa sur le terrain par l’ouvrage  A 28, composé de 3 blocs de combat vers Ottonville. De l’autre coté du ban, vers Niedervisse, fut implanté, au Ban Saint Jean, un camp militaire. Après l’armistice, il abrita d’abord des prisonniers de guerre français puis en 1942, il fut transformé en camp de concentration pour les prisonniers soviétiques et en particulier ukrainiens. Les mauvais traitements et le manque de nourriture firent beaucoup de victimes mais leur nombre reste encore à préciser.

 La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (Chateau St Sixte 57320 FREISTROFF) dispose d’un fascicule de 75 pages sur l’hsitoire de Denting et de ses annexes au prix de 18€ (+ port)


 

 

( 7 juin, 2009 )

HISTOIRE DE BERVILLER (57)

HISTOIRE DE BERVILLER (57) dans Petites monographies Berviller-Moulin-à-huile-de-HerrgottsKatherine.porte-2006-225x300Résumé de l’histoire de 

BERVILLER 

La première mention écrite de Berviller date de 1293 sous la forme de Berwure qui pourrait avoir comme origine un nom germanique comme Bero avec le suffixe villa transformé en -weiler par la suite. La commune s’est choisie des armoiries  portant  deux roses d’argent et une étoile de même, pour rappeler la famille d’Ahr qui possédait la seigneurie et y a ajouté la bêche de St Fiacre, patron de la paroisse. Au plus loin que nous puissions remonter, Berviller fit partie des fiefs du duché de Lorraine d’abord dans l’office de Bérus et par la suite dans la prévôté de Bouzonville. La propriété foncière était au seigneur de Metternich de Château-Rouge en 1611 et en 1681, cette seigneurie foncière était aux barons de Hausen et d’Ahr. Enfin lors de la Révolution, Nicolas de Lasalle, seigneur de Merten, se revendiquait aussi seigneur de Berviller.

Les droits sur la paroisse étaient initialement liés au couvent cistercien de Freistroff mais passèrent à partir de 1582 aux familles d’Ahr et d’Hausen qui percevaient l’ensemble des dîmes et des revenus  qu’elles partageaient avec le curé qui était nommé par elles. On sait qu’en 1686, donc à la suite de la guerre de Trente Ans, l’église était petite et en mauvais état, on disait même qu’elle avait été brûlée vers 1650 alors que le presbytère avait totalement disparu. L’église fut reconstruite en 1751 et elle fut à nouveau restaurée au XIXe siècle. Le clocher contient une petite cloche qui date de 1779, la Wedaglock qui a échappé à toutes les réquisitions. Le village présente aussi une petite chapelle votive datant de 1894 sur la route de Ste Oranne. Son origine est liée à un accident,  en effet Jean Kaas mourut malgré son transport à l’hôpital et les invocations à St Blaise : la veuve fit construire cette chapelle et la dédia à St Blaise. La paroisse de Berviller était souvent desservie par un curé voisin de Rémering ou de Merten.

La communauté de Berviller est déjà connue avant la guerre de Trente Ans et en 1547, on sait qu’il n’y avait que 5 personnes imposables alors qu’en 1602, ils étaient 13. Après la guerre de Trente Ans, lors de la reconstitution du pied terrier, ancêtre du cadastre, on comptait 42 propriétaires habitant le village et parmi les étrangers on relève des religieux comme ceux de Bouzonville ou l’église de Merten et divers seigneurs, les barons d’Eltz ou de Metternich, le marquis d’Harraucourt et les seigneurs de Varsberg. Les divers recensements modernes nous montrent que la population depuis 1802 partant de 428 personnes diminua régulièrement jusqu’en 1936 puis la croissance reprit pour atteindre actuellement plus de 450 personnes.

Parmi les activités des habitants, il est intéressant de citer une exploitation de minerai de fer, citée à partir de la Révolution. Il s’agissait d’exploitation à ciel ouvert par de petits puits permettant d’extraire du fer en dragées dont on récoltait environ 1.000 quintaux par an et qui était destiné à la fonte de moulage. Plus tard, une mine en galerie fut exploitée sous les communes de Berviller, Tromborn et Rémering ; une dizaine de galeries employaient 20 à 24 mineurs. Il y eut aussi à Berviller un tuilier et deux cloutiers. La commune comptait aussi deux moulins : le plus ancien celui de Felschling était le moulin banal pour les habitants de Berviller et fut reconstruit après la guerre de Trente Ans et dépendait de la seigneurie d’Ahr et d’Hausen. Le moulin Neuf ou Weissbachmühle ne date que du début du XIXe siècle et fut construit par Antoine Schidler. En 1812, la statistique industrielle de la Moselle parlait de trois moulins à Berviller mais il est probable qu’on comptait aussi un moulin à huile.

Les habitants de Berviller étaient affublés par leurs voisins du sobriquet de Essig Loch (les trous à vinaigre), la tradition avance deux hypothèses comme explication : la première disant que la petite vigne du Hanfreutz ne produisait qu’une piquette devenant vite vinaigre alors que d’autres avancent qu’à Berviller on faisait du vinaigre de poires qui étaient vendu aux villages environnants. 


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN)  Château St Sixte 57320 FREISTROFF a réalisé un fascicule sur l’histoire de Berviller de 32 pages A4. Prix de cession 8€ + frais de port 4 €. Chèque à l’ordre de la SHAN.  

Berviller et les Guldner 

            La famille Guldner qui a produit de nombreux sculpteurs depuis le XVIIe siècle, tire ses racines du village de Berviller. Au XVIIIe siècle, cinq frères travaillèrent en particulier pour l’abbaye prémontrée de Wadgassen et formèrent une école que l’on désigna alors sous le terme de Baroque de Bérus. Les endroits où peuvent encore se voir leurs œuvres sont surtout Bérus, Sarreguemines (église St Nicolas), Grosbliederstroff (église et chapelle) ainsi que Kemplich et Waldwisse. Mais non seulement ces Guldner furent cinq à travailler ensemble dans un atelier commun mais parmi leurs descendants on ne compte pas moins de 29 sculpteurs et la tradition se perpétue encore, des membres de cette famille exercent le métier de marbriers à Forbach. La famille a organisé sa première réunion de famille à Bérus le 27 mai dernier et à cette occasion, la SHAN a mis en souscription un fascicule d’inventaire des œuvres retrouvées avec de nombreuses photos. (20€ + 5,40€ de frais d’envoi) .

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