( 12 décembre, 2011 )

HISTOIRE DE HEINING LES BOUZONVILLE (57)


 

            La commune de Heining les Bouzonville est constituée de trois entités : Heining, Leiding et Schreckling. Ces trois villages faisaient partie de la paroisse de Leidingen qui est actuellement séparé de Leiding par une rue frontalière.

Les armoiries communales sont les armes de Jeanne d’Arc, patronne de l’église construite en 1938, lorsque le régime hitlérien décida d’interdire aux paroissiens français de fréquenter l’église de Leidingen qui avait toujours été la leur comme le cimetière et même pendant des lustres l’école. Les armes de Heining ont remplacé les fleurs de lys de Jeanne d’Arc par les lions de Bérus dont dépendait le village.

Dés le Xe siècle, on citait Heining sous la forme de Hunniga , mais le site a été habité depuis la nuit des temps puisqu’on a trouvé sur le ban communal beaucoup d’outils préhistoriques (paléolithique) ou gallo-romains et que deux tumuli ont été localisés.

Heining fut donné par Judith de Lorraine à l’abbaye St Maximin de Trèves mais dés 1234,  l’abbaye Ste Croix en fit l’acquisition et s’implanta durablement sous la haute justice de la châtellenie lorraine de Bérus ce qui ne manqua pas de provoquer des heurts de compétence entre Bouzonville et Bérus.

Heining malgré les décisions épiscopales refusa toujours d’être annexe de Guerstling pour des raisons de proximité et aussi d’intérêts financiers puisque les 3/10 de l’église de Leidingen lui appartenaient. Ce ne fut qu’en 1937 que Heining fut érigé e paroisse autonome. La chapelle a été construite en 1946. L’imbrication paroissiale avait occasionné la possession par Leidingen et Ihn de forêts et de terres  sur le territoire de Heining. Les tensions de la période de l’entre deux guerres se traduisit sur le plan local pour définir les droits des Allemands en France tant pour l’exploitation que pour les droits de chasse.

C’est cette période de frictions internationales qui obligea les Français à construire, à Leiding, en 1938, une église pour la commune de Heining. L’Etat et le département prirent en charge le plus gros de la dépense de l’église et du presbytère ; une cloche fut même offerte par le gouvernement Daladier.

Le village de Schreckling se trouve aux confins du ban communal ce qui encouragea ses habitants à se rapprocher de Voelfling pour l’école et de Château-Rouge ou Viling pour le service paroissial.

La chapelle St Vincent a été érigée en 1732 par les meuniers du lieu comme en fait foi l’inscription figurant sur le linteau de la porte d’entrée. La légende locale voudrait que Stanislas Leczinski aurait participé au financement de la chapelle. Le calvaire en face de l’entrée est probablement un calvaire d’épidémie mais il est plus probable qu’il ait été de la même origine que la chapelle si on en croit les quelques mots déchiffrables sur le socle.

L’histoire de la commune de Heining doit une grande partie de son histoire récente à sa position frontalière depuis 1815.

 

La SHAN (Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied) a publié la monographie communale N°30 sur la commune de Heining (67 pages A4) vendue au prix de 18€. Commande accompagnée d’un chèque à l’ordre de la SHAN à adresser à MORHAIN André 38 rue Mangin 57000 METZ

 

 

 

( 15 novembre, 2011 )

HISTOIRE DE HAM SOUS VARSBERG

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HISTOIRE DE HAM SOUS VARSBERG

 

 

 

            La commune de Ham sous Varsberg a une histoire très ancienne et bien que la forêt du Warndt couvre l’ensemble de son territoire, des traces d’implantation préhistorique ont été mises à jour. La première mention du village est datée de 1181 sous la forme de HAMS qui pourrait venir de l’ancien allemand Heim (une terre basse). Le village et la cour de Ham ont depuis des temps immémoriaux dépendu du château de Varsberg, construit en 1262 par le duc de Lorraine pour consolider son pouvoir en face du château de l’évêque de Metz à Varsberg sur le Geisberg. Au XVIIe siècle, apparurent les barons de Varsberg dont la lignée se perpétue encore de nos jours en Autriche. Au milieu du XIXe siècle, un baron de Warsberg était le chambellan de l’impératrice Sissi.

En 1433, les deux châteaux dits de Varsberg furent détruits parce qu’ils  étaient devenus le repaire de chevaliers-brigands (Raubritter) et seul le château ducal fut reconstruit. Il fut a nouveau très endommagé pendantla Révolution : il ne restait qu’une des quatre tours et une autre, démolie à moitié.

La paroisse est également très ancienne puisqu’on citait déjà un curé de Ham en 1360. L’église était une église grange, consacrée déjà en 1720 à St Lambert. Elle fut entièrement reconstruite en 1878 et le clocher date 1908. Elle possède un orgue qui fut initialement l’œuvre du facteur Verschneider puis de nombreuses modifications firent évoluer l’instrument. Le village présente aussi une chapelle  érigée en 1663.

Parmi les curés, il convient de rappeler François CAVELIUS, curé juste aprèsla Révolution, qui, avec sa sœur, donna à la commune et à la fabrique le bâtiment qui sert encore de presbytère et une annexe pour en faire une école de filles.

Autre personnalité parmi les curés, l’abbé Valentin JAGER qui mourut au village en 1849. Il était originaire de Guerting et sa famille envisagea de l’inhumer dans ce village ; les paroissiens de Ham allèrent en cortège récupérer le corps du curé pour l’inhumer dans leur cimetière comme preuve d’affection.

 

La commune de Ham a eu plusieurs écoles tant pour les filles que les garçons dans divers lieux à travers le village. Elle est pourvue actuellement d’une école maternelle, d’écoles primaires et d’un collège.

La population de Ham  était d’environ 80 personnes en 1585 mais en 1664, il ne reste que 14 familles (environ 60 personnes) mais en 1707, ils étaient 172. Au XIX et XXe siècle, la population passe progressivement de 467 en 1802 à prés de 3.000 en 2008.

Bien que le terrain du ban de Ham soit sableux ou marécageux, donc pauvre, la principale activité historique a été l’agriculture. Il y eut bien un peu d’exploitation de tourbières mais le vrai développement résulta de l’activité houillère voisine à Creutzwald. Le ban était très cultivé jusqu’à la concurrence de la mine et par la suite on reboisa une bonne partie du ban.

Bien qu’il y ait un moulin à Ham, les habitants étaient tenus sous l’Ancien Régime d’utiliser le moulin banal de Diesen.

En 1939, la population fut évacuée à la déclaration de guerre vers Lussac-les-Châteaux et Sillars en région Poitou-Charentes. Les mineurs de leur coté partirent pour Noyelles-Godeaux dans le Nord. La libération par l’armée américaine eut lieu le 27 novembre 1944 mais les Allemands avaient fait sauter le pont dela Bistenen partant, détruisant du même coup toutes les vitres dont celles de l’église.

Il semble que la société des Houillères en installant la cité Maroc sur le territoire de Creutzwald, à la fin de l’Annexion, empiéta sans vergogne sur le ban de Ham. Cette cité appelée Canada fut longtemps un corps étranger pour le village qui développa une hostilité envers ce quartier peuplé en majorité d’étrangers. Aprèsla Seconde GuerreMondiale, une nouvelle vague d’émigrés s’installa dans des baraques de chaque coté de la route de Creutzwald. Progressivement ce différent s’atténua, d’autant plus que le tissu urbain reliait les deux parties pour qu’elles ne fassent plus qu’une agglomération. Il reste pourtant une particularité puisque la ville de Ham doit être une des rares localités qui ait en son ban une rue à son nom.

 

La SHAN a réalisé une monographie communale de Ham sous Varsberg de 96 pages qui est disponible sur commande à la SHAN Château St Sixte 57320 Freistroff  (20€ + 6,90€ de frais d’envoi par chèque à l’ordre de la SHAN)  

( 6 octobre, 2011 )

RESUME DE L’HISTOIRE DE GUERTING

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RESUME DE L’HISTOIRE DE LA COMMUNE DE GUERTING

La première mention écrite de Guerting remonte à 1186 sous la forme de Gerdingen, nom qui ne dérive pas de
Garten mais du nom d’un germain pouvant s’appeler Gerto. De nombreuses trouvailles gallo-romaines mettent en évidence l’occupation des lieux dès cette époque aux confins de la forêt du Warndt.

Guerting était une seigneurie lorraine laissée en fief au comte de Sarrebruck. Le comte de Sarrebruck étant mort sans héritier Guerting redevint lorrain et fut rattaché au nouveau château de Varsberg dès 1303. En 1580, le pied terrier de Boulay rapportait que l’ensemble des droits sur Guerting était au seigneur de Schwarzenberg, seigneur de Varsberg. En 1733, les habitants de Guerting dépendaient toujours de Varsberg et ils furent condamnés aux corvées pour réparer le château. Mais depuis le XVe siècle, les seigneurs de Warsberg étaient partis vivre à Freistroff laissant l’administration à un bailli.

Au niveau de la paroisse diverses abbayes avaient des droits à Guerting mais c’était les bénédictins de Bouzonville qui avaient le plus d’importance. Comme faisant partie initialement de la seigneurie de Falck, la paroisse de Guerting resta liée à celle de Falck avec la particularité d’être une annexe mais d’héberger le curé qui trouvait là un presbytère confortable, qui percevait plus de dîmes qu’à Falck et qui remplissant souvent la fonction de secrétaire du seigneur était plus proche du château. Cela se passa bien jusqu’au XVIIIe, date d’un long conflit pour l’entretien de l’église paroissiale qui se trouvait à Falck. Après la guerre de Trente Ans, la chapelle était en ruine mais fut rapidement restaurée pour éviter d’être obligé d’aller à la messe à Falck. Après diverses remises en état, l’église actuelle date de 1843 et le premier orgue fut installé en 1898. Comme dit plus haut les curés de Falck habitaient Guerting  jusqu’après la révolution lorsque Guerting devint paroisse. Le cimetière posa un gros problème lorsqu’il fallut y enterrer le garde forestier qui était protestant. Le curé et toute la population s’opposa à cette inhumation et la justice s’en mêla et condamna sévèrement les récalcitrants dont le maire.

La fin de la guerre de Trente ans laissait Guerting avec trois habitants en 1661, des émigrés vinrent repeupler le village alors qu’en 1619, il y avait plus de 20 familles. En 1802, on comptait 284 habitants alors que la population actuelle approche le millier. Les guerres successives firent des victimes dans le village en particulier 13 au cours de la première guerre mondiale et  16 au cours de la seconde sans compter les déportés.

L’école n’est visible qu’à partir du XVIIIe siècle, avant personne ne savait signer mais en 1755, on constate que sur 45 pétionnaires, 16 signent. Pourtant en 1752, il n’y avait pas encore d’école et par la suite la maison d’école était très inadaptée, appuyée contre la colline au 101 de la rue Principale. Après de multiples menaces de fermeture de l’école  une nouvelle école
s’établit  en face de l’actuelle mairie en 1921 jusqu’à la construction du nouveau groupe scolaire en 1954.

Guerting est installé dans la forêt de la Houve dont les habitants dépendaient pour leur bois, pour leur pâturage et leur protection des bandes d’écorcheurs. La commune était usagère en indivision avec les autres communes limitrophes mais en 1859, l’administration décida de contingenter ce droit et Guerting se vit limiter à 48 hectares. Mais elle avait aussi une forêt communale de 18 hectares.

Guerting a toujours donné une grande importance à ses cafés qui étaient parfois aussi des commerces alimentaires. A la fin du XIXe siècle, deux clans s’opposèrent : le maire, l’instituteur, le curé et leurs soutiens qui se virent appelés les justes
tandis que les autres devenaient les pêcheurs. La zizanie perdura longtemps et chaque camp avait ses bases dans des cafés distincts.

L’essor du village fut lié à l’installation à proximité des mines de charbon à partir de 1856, les petits paysans devinrent mineurs-paysans pour 90%  des hommes en âge de travailler après la seconde guerre mondiale. En plus de l’apport économique cela permit aux habitants d’avoir du temps libre  permettant la création de nombreuses associations qui animent le village.

La commune de Guerting en plus du village est dotée de deux écarts qui sont les fermes de St Nicolas et de St
Jules..

Prix de vente de la monographie de 115 pages : 20€ (+6,90€ pour frais d’envoi)

( 1 juin, 2011 )

HISTOIRE DE REMELFANG

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RESUME DE L’HISTOIRE DE REMELFANG

Le blason de la commune résume en partie l’histoire du village : la croix ancrée rappelant la châtellenie de Boulay et les trois pièces d’or, St Nicolas, patron de la paroisse. C’est en 1235 que Rémelfang apparaît dans les documents écrits mais son origine est plus ancienne puisque le ban fit partie des premières dotations de l’abbaye de Mettlach avec Valmunster et les environs ; ce sont probablement les serfs de cette abbaye qui établirent les premières fermes à cet endroit.

La haute justice avait été laissée par le duc de Lorraine au comte de Nassau-Saarbruck ; ils se firent évincer suite à un long contentieux pendant la guerre de Trente Ans et avec la complicité sans doute coupable du duc Charles IV par la famille de Paviot qui s’implanta donc ici ainsi qu’à Holling. Rémelfang était le siège d’une prévôté ducale et de la seigneurie des Paviot sur Holling et Rémelfang. Les seigneurs hauts justiciers choisirent alors la chapelle du lieu pour s’y faire inhumer. A ce titre, il y avait aussi sur la colline de la Vierge, le gibet seigneurial. Comme à Holling, les seigneurs de Freistroff y avaient des biens. Les derniers seigneurs de Rémelfang furent les comtes de Lignèville puis de Landreville à la suite de divers mariages et héritages.

Rémelfang faisait partie depuis la fondation du village de la paroisse de Valmunster. Elle entreprit de s’émanciper de cette tutelle en s’associant à sa voisine de Holling qui avait les mêmes objectifs. Le contentieux fut très long car l’abbé de Mettlach refusait de lâcher cette source de revenus. On alla jusqu’à porter l’affaire à Rome. Au XVIIIe, les deux villages obtinrent un vicaire résident et en 1802, lors du Concordat, elles devinrent paroisses avec église mère à Holling. Rémelfang ne devint paroisse indépendante qu’en 1857. Il y avait depuis longtemps une chapelle puisqu’on y enterrait les seigneurs de Paviot mais elle fut reconstruite en 1768 puis à nouveau en 1865. La paroisse bénéficiait également d’un presbytère qui accueillait le curé de Holling. Il dut être reconstruit en 1859.

La commune avait été initialement rattachée au canton de Boulay comme Holling ; pour des raisons d’éloignement, elle obtint en 1834 d’être versée dans celui de Bouzonville. La mairie-école date de 1899. Village essentiellement agricole, Rémelfang a aussi profité de ses carrières de gypse dont les galeries servirent de refuge aux habitants lors des bombardements de la Libération. La population était d’environ 100 personnes en 1585 puis de 120 en 1707 après la guerre de Trente Ans ; les recensements montrent qu’il y avait en 1735, 128 communiants et 54 non communiants. L’enregistrement des juifs après la Révolution montre qu’il y avait dix juifs à Rémelfang en 1808. Par la suite la population a varié de 252 habitants en 1817 à 151 en 2010.

Enfin après la Seconde guerre mondiale, une grande statue de Notre Dame de la Réconciliation fut érigée et est encore chaque année l’occasion d’un pèlerinage franco-allemand.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied a réalisé une plaquette de 50 pages sur cette histoire.Prix 15€ (plus 4€ frais d’envoi) par chèque à la SHAN Château St Sixte 57320 Freistroff

( 1 février, 2011 )

HISTOIRE DE HARGARTEN AUX MINES (57)

Moulin banal de Hargarten

Ancien moulin banal de Hargarten 

 

HARGARTEN AUX MINES

L’histoire écrite de Hargarten aux Mines commence en 1179 sous le nom de Hargada ou Hergada. En 1295, on parlait de Hargarten les Faux c’est-à-dire les chênes qui devaient être nombreux dans la région puisqu’ils avaient déjà donné leur nom à l’abbaye de St Martin de Glandières. Si tous les spécialistes s’accordent sur le suffixe garten, les uns rapprochent Har de Flachs signifiant le lin, d’autres voient dans Har, le verbe harken (râteler) et d’autres encore une déformation de Herren (les seigneurs). Avant le village, il y avait la forêt du Warndt qui recouvrait toute la région ; pourtant des trouvailles archéologiques montrent que le site était déjà occupé par des hommes préhistoriques et ensuite qu’un diverticule de la voie romaine traversait le secteur avec un castrum romain près du Katzenrech.

Le duché de Lorraine partagea le Warndt entre les seigneurs de Varsberg, de Boulay et diverses entités religieuses. Le pied terrier de la seigneurie de Boulay de 1580 définit que la propriété était partagée par moitié entre le duc de Lorraine et Faust de Dalem mais que le moulin banal n’appartenait qu’au duc. Celui-ci engagea pour garantir un emprunt sa moitié de Hargarten aux seigneurs de Dalem.

La guerre de Trente Ans (1618-1648) détruisit totalement le village qui fut reconstruit plus tard plus au Nord. Au XVIIIe siècle, la famille d’Haraucourt, seigneur de Dalem, n’ayant pas d’héritier mâle fit sortir une de ses filles du couvent pour qu’elle épouse le marquis de Bissy, un militaire qui lorsqu’il tomba en disgrâce vendit Hargarten à la famille de Choiseul-Beaupré. A la Révolution la propriétaire était Mme la comtesse de Betz, veuve de Choiseul.

C’était le marquis de Faulquemont et Dalem qui nommait le curé ce qui explique qu’il fut souvent originaire de Faulquemont. Les grosses dîmes étaient partagées par tiers pour le seigneur, pour l’abbé de Villers-Bettnach et pour le curé. L’église de Hargarten existait déjà en 1327 et il est probable que la statue de la Vierge assise portant l’Enfant Jésus est contemporaine de cette église. Elle est placée sous l’invocation de St Michel. La paroisse était souvent la mère église de Dalem. Elle ne fut reconstruite qu’en 1747.

En 1846, on décida une nouvelle reconstruction de l’église et en 1856 du clocher. En 1922, le toit menaçait de tomber et la charpente dut être refaite. Les orgues Dalstein-Haerpfer furent installées en 1888.

Les registres paroissiaux permettant de suivre la démographie ne débutent qu’en 1689, encore sont-ils incomplets. En 1610, on comptait 60 habitants et en 1707, 192, ce qui prouve une recolonisation rapide après la guerre de Trente Ans. Au cours du XIXe et XXe siècle, la population oscilla entre 800 et 1200 habitants. Ce furent d’abord les mines de plomb qui attirèrent de la population, puis le chemin de fer et par la suite l’exploitation des houillères de Creutzwald voisines.

Le maître d’école est signalé depuis 1707 mais nous n’avons que peu de traces de la maison d’école avant 1817, le régent faisant l’école le plus souvent chez lui. Une nouvelle école fut construite en 1848 et en 1853, l’ancienne école réhabilitée fut destinée aux filles et fut confiée à une sœur de Peltre. En 1954, une école moderne fut construite et en 1959, il y avait quatre classes plus une maternelle et des logements pour les enseignants.

En 1860, le ban couvrait 560 hectares dont 313 étaient cultivés, 80 étaient en prairie, 127 en forêts. Mais en dehors de l’agriculture, une spécialité de Hargarten était ses mines de plomb et de cuivre. Elles furent exploitées au milieu du XVIIIe, d’abord par M. Saur qui était soutenu financièrement par le curé Koune qui subit de lourdes pertes lors de la déconfiture de l’entrepreneur. Ce sont ces mines de plomb qui donnèrent à Hargarten son suffixe -aux Mines.

Trois moulins ont existé à Hargarten : le moulin d’en haut ou Obertsmühl, le moulin du Soleil ou Sonnenmühl et le Hellenmühl qui était proche de Hargarten mais sur le ban de Falck. On peut citer aussi dans la liste des activités une tuilerie qui en 1812 produisait 90.000 tuiles par an, la brasserie Fendler et l’huilerie Auer.

La chance de Hargarten pour se développer fut le chemin de fer. Construit en 1877, la communauté souhaita voir la gare se situer entre les deux tunnels mais bien qu’elle porta le nom de Hargarten celle-ci fut installée après le second tunnel vers Falck. Ce tunnel trouva une utilité particulière à la libération de la seconde guerre mondiale en abritant beaucoup de familles lors de l’avancée américaine.

Dans la cadre des Mardis de l’Histoire , la Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  a publiée une nouvelle édition de la monographie communale sur Hargarten (90 pages Prix de vente 20 euros frais d’envoi 6,9€) Chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 Freistroff.

 

 

( 3 décembre, 2010 )

L’ECOLE DE SCHWERDORFF par Christiane et Remy Divo

 

L’ECOLE DE SCHWERDORFF

Trois siècles d’histoire

Christiane et Rémy DIVO

Les auteurs de cette étude, Christiane et Rémy DIVO, ont déjà présenté en 1994-95 trois brochures sur la paroisse de Schwerdorff que la SHAN a résumées en 2006 sous le titre « Schwerdorff, commune du bout de la France » en y intégrant des recherches de MM. BENOIT et MORHAIN.

Ce nouveau fascicule de 150 pages, agrémenté de photos, retrace la carrière parfois mouvementée des 107 enseignants ayant exercé dans le village depuis 1707. A cette époque, les maîtres étaient engagés à la fois par le curé et la communauté dont ils étaient totalement dépendants. Ils étaient considérés comme des manouvriers corvéables à merci.

La Révolution de 1789 désorganise complètement l’enseignement et il semble bien qu’aucun maître n’ait à nouveau exercé dans le village avant 1800.

Entre 1833 et 1870, les lois Guizot, Falloux, Duruy améliorent sensiblement l’enseignement et la condition des enseignants. Chaque commune est tenue de fournir un local pour recevoir les enfants. A Schwerdorff, l’instituteur enseignait dès avant la Révolution dans la « maison  Nillès » ou « Gadenhaus », démolie en 1941 par les Allemands. A partir de 1839, l’école est installée dans le château de Schwerdorff jusqu’en 1956, date de la construction de la nouvelle école.

En 1871, après l’annexion au IIe Reich, l’enseignement primaire devient obligatoire, ce qui n’est pas encore le cas en France. Les instituteurs doivent prêter serment à l’Empereur. Lors du retour à la France en 1918, tous les enseignants d’origine allemande sont expulsés et souvent remplacés par des maîtres venus « de l’intérieur » pour franciser la région. Les mosellans germanophones sont obligés de « s’exiler », des mois durant, dans les autres départements pour se familiariser avec la langue française.

Pendant l’annexion allemande de 1940 à 1945, les enfants du village, rentrés de la Vienne, apprennent l’hymne allemand et la « Spitzschrift » alors que ceux restés à Oyré entonnent « Maréchal, nous voilà ». De juillet 1944 à novembre 1945, tous les enfants du village profitent de très longues vacances dues à l’absence de maître.

Depuis cette date, 42 enseignants se sont succédé dans le village ; les auteurs les ont pratiquement tous contactés, à défaut leur famille. Tous leur ont fait part des problèmes rencontrés : leurs relations avec le maire et le curé, l’école géminée, le francique, la laïcité … Ils ont aussi dû s’adapter à de nombreuses réformes : suppression du certificat, création des collèges, regroupements intercommunaux, formation en UIFM, …

Le travail se termine par une rapide présentation de la carrière des 25 enseignants nés dans le village depuis 1741.

Les auteurs ont essayé de faire revivre les enseignants dans leur époque, confrontés aux problèmes spécifiques de notre région ballottée entre deux cultures. A chaque changement de régime, ces fonctionnaires sont souvent contraints de renier leurs convictions intimes ou leur culture propre pour adopter celle des vainqueurs. Certains ont subi des humiliations, connu l’exil, la prison, la radiation.

La brochure de 145 pages a été présentée par les auteurs avec le support de la Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied, le samedi 8 janvier 2011 à 15 heures dans la salle communale de Schwerdorff. Prix: 20 € en souscription jusqu’au 1er mars 2011.

( 30 octobre, 2010 )

HISTOIRE DE HOLLING

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Vierge à l’enfant en bois du XVIIIe

HOLLING

Sous l’Ancien Régime et un peu plus tard

On pense que les peuplades antiques colonisèrent en priorité les hauteurs et que Holling dans la vallée ne fut occupée qu’à la période franque.

L’histoire de Holling a été un long combat pour devenir autonome. La première mention écrite du village date de 1196 sous la forme Hulingen. Holling faisait partie du duché de Lorraine et le duc avait délégué la haute justice aux seigneurs de Freistroff et Château-Rouge, à la dame de Bérus et aux comtes de Nassau-Sarrebruck. La seigneurie foncière était très divisée : il y avait le ban St Pierre dépendant de l’abbaye de Mettlach qui exerçait ses droits à travers Valmunster, le ban Notre Dame sous la juridiction de l’abbaye de Freistroff, le ban de Ste Croix lié à l’abbaye de Bouzonville qui avait choisi un voué pour défendre ses biens en la personne du seigneur de Dalem qui de ce fait avait aussi une partie du territoire. A cela s’ajoutaient des propriétaires indépendants comme l’abbaye de Mouzon qui avait été dotée en 971 d’une partie de Brettnach qui débordait un peu sur Holling. Ces droits étaient exercés par le prieuré de Rozérieulles et furent transmis ensuite au séminaire Ste Anne de Metz. La communauté de Holling avait aussi une partie du territoire.

Si on se rappelle qu’à cette époque, le maire ne représentait pas les habitants mais son seigneur et qu’il y avait à Holling au moins quatre maires défendant des intérêts divergents on se rend compte de la complexité de la vie communale.

Dans ce contexte difficile, la haute justice de l’abbaye de Mettlach était inféodée aux comtes de Nassau-Sarrebruck par les ducs de Lorraine. Le comte Jean IV avait trois fils dont un bâtard. Avant sa mort, il attribua à ses deux fils respectivement la seigneurie de Holling et celle de Bénestroff et légitima le troisième qui poursuivait des études à Pont à Mousson. Lorsque ses deux frères moururent, il réclama en particulier Holling. Après une longue épopée juridique, Jacques Paviot, gendre du bâtard de Nassau, soutenu par le duc de Lorraine, obtint la haute justice sur Holling et Rémelfang. Il fit construire à Holling une maison seigneuriale qui existe encore.

Les derniers seigneurs de Holling furent les comtes de Ligniville puis de Landreville.

Après avoir obtenu une autonomie civile grâce aux prétentions du fils naturel de Nassau, Holling voulut devenir indépendant sur le plan religieux. En effet, Holling faisait partie de la paroisse de Valmunster avec Eblange, Rémelfang et Velving. Cette libération passa par plusieurs étapes, Holling commença par se voir accorder un vicaire pour desservir Holling et Rémelfang, par la suite ce vicaire devint résident et enfin Holling devint paroisse indépendante mais seulement après la Révolution.

Avant de pouvoir être paroisse, les habitants durent construire une église en 1762 pour 2810 livres.

La situation géographique de Holling dans une plaine inondable le rendait dépendant du chemin qui est devenu la départementale et qui permettait seul aux habitants d’être reliés à l’extérieur. Elle fut l’objet de leurs préoccupations et en 1832, Bouvier du Molart écrivait que les notabilités du département se désintéressaient du secteur parce qu’il n’était pas représenté au Conseil Général bien qu’il soit un des plus productifs.

L’étude de la toponymie des lieux dits montre une solide tradition francique puisqu’aucun nom n’est de consonance française ; la population post-révolutionnaire oscilla entre 480 habitants pour 1836 et 210 en 1954. La remontée est actuellement amorcée. L’érudition généalogique de M. Alfred Louis a permis une étude approfondie des patronymes, des métiers, des surnoms depuis le XVIe siècle.

Les idées de la Révolution furent accueillies avec intérêt à Holling jusqu’à ce qu’elle s’attaque à son vicaire qu’elle avait eu tant de mal à obtenir. La mort du roi fut mal ressentie et lorsque la levée en masse lui demanda d’envoyer quatre volontaires, personne ne se présenta ; il fallut tirer au sort. Par la suite, les réquisitions en argent, en vivres et en transports rencontrèrent une mauvaise volonté manifeste.

Le Second Empire fut une période de prospérité, la première guerre mondiale se passa assez loin mais lui permit de regagner le giron de la France tout en gardant la mentalité méfiante envers l’avenir d’une localité proche de la frontière.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN)  a édité une nouvelle version de la monographie communale de Holling mis en vente (106 pages 20 € +/- 6,4€ de frais d’envoi par chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 FREISTROFF).

 

( 13 août, 2010 )

HISTOIRE DE MEGANGE (57)

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MEGANGE RURANGE

La commune de Mégange avec son annexe Rurange a une histoire assez particulière puisque ces deux villages forment une même commune suite à un mariage forcé décidé le roi de France en 1833. Cette cohabitation sous le même toit, si elle est paisible actuellement, a été mal supportée en ses débuts. En effet, seul le conseil municipal est commun aux deux localités qui ont un ban séparé, des forêts particulières et sont de paroisses différentes.

L’histoire de Mégange est liée à celle de Guinkirchen qui a toujours été sa paroisse et longtemps sa commune. Les armoiries de Mégange qui servent pour l’ensemble de la commune sont celles de la famille de Mengen qui a probablement eu son berceau dans ce village. On cite Mégange dés 1131 comme une dépendance de la seigneurie de Vry. Puis Jean II de Mengen fut nommé prévôt de Guinkirchen ou de Guirlange en 1270 et la famille fit des dons à l’abbaye de Villers-Bettnach.

Par la suite Mégange servit souvent à ses seigneurs de caution lors d’emprunt qu’ils faisaient et ainsi le village changea souvent de seigneur. Mégange faisait partie des villages à flageolets c’est-à-dire qui devaient une redevance en flageolets au couvent de Fraulautern. On sait aussi qu’en 1580, il y avait 16 maisons dont 5 étaient en commun aux abbés de Bouzonville et de Villers-Bettnach alors que les onze autres faisant partie de la mairie de Guinkirchen et de la seigneurie de Boulay et cette partie suivit le sort de Guinkirchen jusqu’à la révolution.

Mégange a toujours été une annexe de la paroisse de Guinkirchen et elle participait aux frais d’entretien de l’église de ce lieu ; elle fit pourtant des efforts constants pour disposer d’une chapelle particulière : il y avait eut d’abord une chapelle privée à l’extérieur du village qui fut rasée et reconstruite dans le village vers 1860. L’autorisation épiscopale avait acceptée la construction d’un oratoire mais alors la vente du quart de réserve de la forêt communale fut acceptée ; devant les caisses communales remplies, les responsables virent beaucoup plus grand et lorsqu’il fallut justifier le paiement par le budget communal commencèrent les problèmes administratifs.

De 1833 à 1870, les comptes rendus du conseil municipal étaient parsemés de plainte relative à l’union des deux villages prétextant que pourtant dans le secteur de plus petites villes qu’eux étaient indépendants. On écrivait même : « Nous sommes les seuls idiots incapables d’avoir les éléments d’une bonne administration (communale) ». Si au début, les maires demeurèrent à Mégange, une contestation s’éleva lorsqu’ils furent habitants de Rurange et que les habitants de Mégange durent se déplacer à Rurange. La population de la commune atteignit 340 personnes en 1851 pour retomber à 89 en 1975. Elle dépasse aujourd’hui les 150. Il est intéressant de noter qu’au XVIIIe et XIX e siècle, il y avait à Mégange de la vigne (7 hectares en 1820) et des vignerons.

Si la paroisse était à Guinkirchen, au XIXe, l’école était à Mégange et il y eut même à certaines époques deux instituteurs, un à Mégange et l’autre à Rurange.

L’épisode de la libération de 1944 fut particulier à Mégange puisque les soldats allemands qui devaient défendre la route montant de Burtoncourt vinrent chercher refuge dans l’abri où les habitants s’étaient protégés. La municipalité les remit désarmés aux troupes américaines.

L’histoire de Rurange commence en 1060 sous le nom de Rohenge et il fait partie du pays messin et de la seigneurie de Vry comme Mégange. Par la suite, il passe entre les mains de seigneur de Clervant et Courcelles-Chaussy à tendance protestante ce qui le différencie de Mégange et le rattache plutôt à Burtoncourt. A la Révolution, Rurange appartenait à la famille Le Duchat.

Le village a été autonome jusqu’en 1790 et devint annexe de Guinkirchen de 1813 à 1833, date de la création de la commune indépendante de Mégange avec Rurange comme annexe. Le village de Rurange avait en1742 quatre ménages juifs. Il a toujours souhaité avoir une école particulière mais c’est heurté à des difficultés financières qui ont empêché dans ce domaine une situation stable tant pour la maison d’école que pour les instituteurs. Un des problèmes de Rurange a été de trouver un débouché vers l’extérieur en défendant avec persistance la mise en état de la route de Burtoncourt à Gomelange ; pour des raisons d’économie, les habitants acceptèrent de se greffer sur la route de Bockange à Gomelange. Le village avait deux moulins celui de Rurange et celui de Gravatte vers Gomelange. Mégange n’avait qu’une petite forêt alors que les ressources forestières de Rurange étaient bien plus importantes.

La paroisse pour Rurange est depuis très longtemps Burtoncourt et sous l’Ancien Régime, les enfants allaient à l’école à Burtoncourt. Ceux qui n’avaient pas d’instruction parlaient le dialecte et se plaignaient de ne pouvoir comprendre les sermons du curé de Burtoncourt francophone.

Comme on le voit, la réunion des deux villages en une seule commune n’allait pas de soi mais le roi l’a faite.

La  Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  difuse une monographie de 50 pages sur l’histoire de Mégange et de Rurange  au prix de 18€ +5,4€ de frais d’envoi (chèque à l’ordre de SHAN).

 

 

( 13 août, 2010 )

HISTOIRE DE BOUCHEPORN (57)

Retable du XVIe Boucheporn

 

HISTOIRE DE BOUCHEPORN (Résumé)

Si l’autoroute A4 évite de justesse le village de Boucheporn, la voie romaine de Metz à Mayence le traversait bel et bien et lui a laissé un passé archéologique important. Il est probable que sans cette voie de passage, les ateliers de poteries n’auraient jamais eu le développement quasi industriel qu’ils eurent à l’époque gallo-romaine. Boucheporn exporta jusqu’en Angleterre des productions de potiers venant souvent du centre de la France. Lors de la construction de l’église, on mit à jour une mosaïque romaine et une statue de Minerve démontrant l’importance de l’étape.

La paroisse traduisit longtemps le statut de centre qu’avait Boucheporn en étant l’église mère des villages environnants dont Bisten en Lorraine, Zimming, Porcelette, Narbéfontaine, Niedervisse en partie et Obervisse. La dédicace de l’église à Saint Rémi est une preuve supplémentaire de l’ancienneté de la paroisse qui était déjà citée au VIIIe siècle. Progressivement ces paroisses obtinrent leur émancipation. La paroisse dépendait jusqu’en 1257 de l’abbaye Saint Martin de Glandières, puis de Hombourg-l’Evêque avant de passer en 1600 dans le temporel de l’abbaye de St Nabor.

L’église actuelle a été construite en 1770 aux frais des différentes composantes de la paroisse. Elle renferme actuellement encore un retable en pierre particulièrement intéressant et datant du XVIe qui représente le Christ et les 12 Apôtres et qui est probablement un souvenir de l’ancienne église. A coté de l’église, la façade de l’ancien ossuaire de 1846 a été conservée ainsi qu’une croix du choléra imposante bien qu’amputée. Le ban de Boucheporn présente encore un nombre important de calvaires du plus humble au plus conséquent.

L’histoire civile de Boucheporn n’est pas lorraine mais messine ou plutôt elle est liée à l’évêché de Metz qui reçut ce village avec le Warndt des mains de l’empereur Othon III en 999. Le village fut concédé à l’abbaye St Martin de Glandières qui céda le patronage à la collégiale de Hombourg lors de sa création tout en gardant la moitié des dîmes contre l’abbaye de St Nabor qui s’implanta progressivement.

L’histoire de Boucheporn fut marquée par les guerres. La guerre de Trente Ans ravagea le village au point qu’il fut reconstruit un peu à l’écart de son emplacement d’origine et il fallut attendre 1664 pour voir une recolonisation du village. Si la guerre de 1870 ne vit que le passage des troupes, la Première guerre mondiale fit neuf victimes au village et la Seconde guerre mondiale plaça Boucheporn au cœur de la Ligne Maginot entre les ouvrages du Mottenberg et du Kerfent. La population fut évacuée en 1939 à Gouex dans la Vienne. La démographie passa de 280 habitants en 1802 à 524 en 1982. Les enseignants étaient présents dés le XVIIe et l’école a été reconstruite après un incendie en 1908.

Le ban communal de Boucheporn donne naissance à deux rivières : la Rosselle et la Bisten. On peut citer aussi une particularité du village liée aux portes des maisons et des granges montrant une période de prospérité pendant l’Annexion.

A l’occasion de la soirée sur l’histoire de Boucheporn du mardi 18 janvier 2011, une monographie a été éditée par la SHAN : 64 pages A4 avec photos couleurs. Prix de vente 18€ plus 5,4€ pour frais d’envoi à régler par chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 FREISTROFF.

( 3 janvier, 2010 )

Histoire d’EBERSVILLER FERANGE ISING LABRUCK (57)

HISTOIRE D’EBERSVILLER

FERANGE ISING LABRUCK

 

La commune d’Ebersviller est constituée du village d’Ebersviller, de l’ensemble Férange, Ising, Labruck et de l’ancien moulin de la Kreschmuhle. On citait déjà le village en 960 sous le nom d’Everonisvilla signifiant la localité d’Eber ou d’Eburo et non Eber le sanglier comme supposé par les héraldistes modernes qui ont choisi le blason communal.

Ebersviller a surtout été possession de différentes abbayes comme celles de Villers-Bettnach, Rettel ou Bouzonville et même celle de St Pierre de Metz qui échangea ses biens à Ebersviller avec des biens à Arriance au bénéfice de Faust de Stromberg.

Progressivement les choses se sont compliquées : des bourgeois messins devenant propriétaires, le duc de Lorraine étant haut justicier et confiant un fief à la famille von Blumenau au XIVe siècle. La famille d’Eltz de Freistroff s’implanta alors petit à petit directement ou par l’intermédiaire de la seigneurie de Château-Rouge au cours du XVIIe et en 1660, le baron de Koenigsfeld, autre seigneur de Freistroff, avait aussi des biens à Ebersviller. En 1708, la haute justice était lorraine, le foncier était partagé entre les barons d’Eltz, de Metternich et de Zandt alors que les dîmes étaient aux chartreux de Rettel.

La paroisse existait déjà en 1221 et le droit de collation était attribué à l’abbaye de Wadgassen. A la Révolution, le curé Klein refusa le serment constitutionnel et émigra ; il fut remplacé par le curé Henry, fervent républicain, qui signait ses actes de naissance « officier public » et devint maire d’Ebersviller en 1793 ; accusé par la suite de conspiration, il fut condamné à mort et guillotiné à Paris. Il faut retenir aussi le curé Dominique DURANT (1851-1875) qui eut la lourde tâche d’assurer le suivi du projet de construction d’une nouvelle l’église sous trois maires successifs dont au moins deux étaient opposés à cette construction ainsi qu’à celle d’une école pour les filles.

L’église actuelle date de 1879 et remplaça une construction de 1736. Le projet rencontra beaucoup de difficultés pour être mis en place et par la suite la réalisation se révéla désastreuse à cause de multiples malfaçons entraînant des actions judiciaires contre l’entrepreneur et contre l’architecte. Ce fut le nouveau curé, l’abbé Kremer, qui avec un nouveau maire mena à bien l’ambitieux défi. Les grandes orgues datent de 1896 et sont l’œuvre de la manufacture Dalstein-Haerpfer de Boulay ; c’est un instrument exceptionnel de 25 jeux.

Au XIXe, le ban couvrait 1407 hectares dont 622 de terres labourables, 634 de forêts et 3,4 de vignes. Comme dans beaucoup de communes, un remembrement des terres fut effectué après la guerre de Trente Ans en 1691. Les forêts couvraient donc presque la moitié de la superficie communale ; on notera aussi la présence d’un vignoble notoire. Depuis la Révolution, la population d’Ebersviller évolue entre 1145 habitants et 472 en 1968. La reconstitution de familles du cercle généalogique a mis en évidence une activité importante dans la commune, entre 1750 et 1850, avec les enfants mis en nourrice par des particuliers ou par l’hôpital St Nicolas de Metz, ce fut presqu’une industrie.

Vu l’importance du village, on dut se pencher, au XIXe siècle, sur la séparation des sexes à l’école et comme pour l’église cette question donna lieu à une joute épique entre le maire, opposé à la dépense, et le curé défendant la morale et soutenu par l’Inspection académique.

Il faut aussi rappeler l’impact de la ligne Maginot sur la commune d’Ebersviller avec diverses implantations comme l’entrée du Michelberg, l’abri Bilmette, les casemates du Hubnerbusch, la casemate d’Ising et l’abri du bois de Férange sans oublier le camp installé à Férange.

 

Férange est connu depuis 1137 sous le nom de Viringen. Au XIIe siècle, l’abbaye de Bouzonville avait des possessions et la seigneurie de Boulay en 1580 déclarait que le duc de Lorraine y était le seul souverain grâce à la seigneurie de Sierck et qu’il partageait le foncier avec les seigneurs de Château-Rouge, de Bisbach et de Dullange en tant qu’héritiers des seigneurs de Volmerange. Il semble qu’anciennement Férange était partagé entre les abbayes de Rettel et de Mettlach dont la part revint ensuite à Boulay. En 1707, la population de Férange était de 83 personnes mais avec 46 enfants ce qui met en évidence cette période de relance après la guerre de Trente Ans et ses suites. Il y avait une école à Férange au moins depuis la Révolution et un moulin était déjà cité en 1317.

Ising était aussi une localité autonome connue depuis 1580, la seigneurie de Boulay déclarant alors que Sierck (le duc de Lorraine) y avait toutes les justices mais en 1707, le foncier était partagé entre le baron d’Eltz et M. Dostang alors que les dîmes allaient aux chartreux et à M. Koeller. En 1707, Ising comptait 52 habitants avec Labruck.

Le moulin de Kreschmuhle dont le nom signifie moulin à son, est cité à partir de 1808 et il fonctionna jusqu’à la seconde guerre mondiale comme moulin à farine pour devenir après une exploitation agricole, ravagée en 1984 par un incendie.

 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN Château St Sixte 57320-Freistroff)  a édité un fascicule sur Ebersviller, Férange, Ising et Labruck de 70 pages et vendu 18 euros (+ 5,4€ pour frais d’envoi).

Chèque libellé à l’ordre de la SHAN

 

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