( 4 juin, 2020 )

HISTOIRE DE SCHWERDORFF (57)

Résumé de l’histoire de

SCHWERDORFF, Otzviller, Cottendorff, Grafloch et Bourg-Esch 

Village du bout de la France avec ses deux châteaux et ses quatre annexes. 

            Le village est cité pour la première fois en 956 sous le nom de Sveredorf qui pour H. Hiegel dériverait du nom d’un homme d’origine germanique avec le suffixe –dorf. Les armoiries communales modernes sont celles de la famille d’Esch.

            Une voie romaine secondaire quittait la voie reliant Metz à Trèves à la hauteur de Riciacum (Ritzing ?) et rejoignait Filstroff en passant prés de Schwerdorff. Cette voie desservait une série de forts défendant les frontières de l’Empire Romain, ligne Maginot avant l’heure. Des restes de ces forts ont été identifiés sur le ban ainsi que deux villas gallo-romaines.

            La seigneurie de Schwerdorff faisait partie du temporel de l’évêché de Metz jusqu’en 1609 pour passer ensuite sous l’autorité du duc de Lorraine. Successivement le fief passe à différentes familles : Cronenberg jusqu’en 1621, de Haen jusqu’en 1776 et enfin le marquis de Dampont, qui sera guillotiné avec son épouse en 1794 ; il dira en montant à l’échafaud qu’il ne regrettait la vie que pour le bien qui ne leur était plus donné de faire.

            La paroisse était constituée en plus de la commune actuelle des localités sarroises de Fürweiler, Oberesch, Mittelesch et Gerlfangen.

            De 1865 à 1886, le grand chantier fut la reconstruction de l’église tout en continuant à l’utiliser ; une première tranche de travaux s’attaque au chœur et au transept puis par la suite on réalisa la nef et le clocher. Elle est particulière à cause des boiseries qui couvrent l’ensemble de la nef et du chœur avec les épitaphes des seigneurs de Haen. L’église a aussi la particularité d’avoir une crypte qui s’ouvre sur la cour du presbytère. La paroisse qui fut le berceau de nombreux prêtres et religieuses ne présente pas moins de seize calvaires en différents endroits du ban.

            Le traité de Vienne en 1815 ampute Schwerdorff de ses annexes qui deviennent prussiennes jusqu’en 1829. En 1708, il y avait 72 habitants et on atteignit un maximum en 1836  avec prés de 800 habitants alors qu’en 1982, il n’en restait que 350. Le château de Schwerdorff vendu à la Révolution devint d’abord le presbytère  puis l’école.

            Le château de Bourg Esch  est occupé dés le XIe siècle par la famille éponyme. Il passe ensuite par mariage à la famille de Kerpen puis aux Cronenberg, revient alors à la famille de Kerpen. En 1616, Charles de Berncastel achète le château qui sera revendu en 1671 aux de Haen qui la transmettront par héritage aux de Villers en 1755. Ce château a la particularité d’avoir hébergé en 1705 pendant la guerre de succession d’Espagne le duc de Malborough à la tête des troupes anglaises et héros de la chansonnette Malbrouck s’en va en guerre. La tradition dit aussi que c’est aux environs du château de Bourg-Esch qu’une troupe royaliste attendait Louis XVI lorsqu’il fut intercepté à Varennes. L’aspect actuel des bâtiments date de 1775 et 1778, en forme de U couvert de toits à la Mansart, ils ont trois niveaux. Il y a dans ce château une chapelle castrale dont toutes les parois sont peintes.

La vie de la paroisse de Schwerdorff ne fut pas un long fleuve tranquille du fait de ses annexes qui étaient parfois de l’autre coté de la frontière. Dés 1882, le village d’Oberesch est rattaché au diocèse de Trèves mais les habitants qui ont une tombe familiale à Schwerdorff continuent à y faire enterrer leurs morts jusqu’à ce que le conseil municipal interdise cette pratique en 1883. Fürweiler restera rattaché à Schwerdorff même après 1918 pour des raisons pratiques mais en 1910, le curé Nicolay avait entrepris de prononcer les textes latins à l’allemande alors qu’à la chorale, ceux de Fürweiler prononcent les U en OU et ceux de Schwerdorff persistent à prononcer U ce qui provoque des cris au café après la messe disant Maintenant vous êtes tout à fait prussiens, vous devez chanter comme nous le voulons, nous avons vaincu. C’est en 1920 que Fürweiller sera rattaché à la paroisse de Grosshemmersdorf. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN) Hôtel Communautaire 29A rue de Sarrelouis 57220-BOULAY a publié un fascicule de 74 pages A4 sur l’histoire de Schwerdorff et de ses annexes. Prix de cession 18 € + 6€ de frais d’envoi. Chèque libellé à l’ordre de la SHAN. 

( 4 juin, 2020 )

HISTOIRE DE BRETTNACH (57)

Résumé de l’histoire de 

BRETTNACH LA GALLO-ROMAINE 


HISTOIRE DE BRETTNACH (57) dans Monographies communales Brettnach-Rue-de-la-Fontaine-Maison-de-la-Dîme-2007-300x199
La maison de la dîme

            Bien avant qu’en 971, on écrive le nom de Bretenaco, le site avait eu une longue vie dont les traces ont été mises à jour par plusieurs trouvailles gallo-romaines. Il semble bien qu’à cette période il y avait une grande villa principale avec plusieurs exploitations agricoles et artisanales. Mais avant encore, le lieu fut occupé comme le prouve la hachette de pierre grise datée du néolithique (-5 à 10.000 avant J.C.) et les tumuli celtiques trouvés vers Velving.

Il est possible que cette implantation gallo-romaine ait donnée le nom de la localité, un propriétaire de la villa pouvant s’être nommé Britus ou Britonius.

            La période historique nous montre que Brettnach appartenant avant le Xe siècle à la maison de Lorraine puis partagé entre les deux branches d’Ardenne et d’Alsace qui cédèrent leurs droits respectivement à l’abbaye de Mouzon dans les Ardennes pour un tiers et à l’abbaye de Bouzonville pour les deux autres tiers. Cela se traduit dans les armoiries communales modernes qui se composent des croix de Bouzonville et des roses du prieuré de Rozerieulles. L’abbaye de Mouzon, éloignée, céda ses droits à son prieuré de Rozerieulles puis en 1703 au séminaire Ste Anne de Metz. Cette propriété exclusivement ecclésiastique a dispensé Brettnach d’avoir des seigneurs laïcs mais les religieux durent avoir recours aux services de seigneurs voués. La vouerie de l’abbaye de Bouzonville restait entre les mains du duc de Lorraine qui concéda ce droit au seigneur de Dalem.  Cette fonction était remplie pour le prieuré de Rozerieulles par le seigneur de Siersberg. La haute justice avait été déléguée par le duc de Lorraine aux seigneurs de Bérus. Si l’on excepte les deux maisons religieuses déjà citées, on trouve parmi les propriétaires extérieurs les chartreux de Rettel, les sœurs de Téterchen.

            La paroisse de Brettnach était unie à l’abbaye de Bouzonville dés 1210 mais en 1610, on parlait d’une petite maison qui avait été la maison curiale ce qui laisse supposer que la paroisse avait été supprimée et la communauté était rattachée à Vaudreching et ce ne fut qu’en 1751 que Brettnach retrouva son statut de paroisse indépendante. Une nouvelle église dédiée à St Pancrace comme la précédente fut érigée en 1779 pour être agrandie en 1828. Elle renferme de grandes orgues, installées par Dalstein-Haerpfer en 1874, avec un buffet néo-gothique.

            La communauté de Brettnach vécut difficilement la guerre de Trente Ans. Il y eut d’abord un combat en 1635 entre les Français et les Autrichiens entre Tromborn, Brettnach et Téterchen. Mais cela n’était qu’un épisode puisque on sait qu’en 1642, il restait 2 journaliers à Brettnach en octobre et un seul en décembre.

            La population de Brettnach était de 14 foyers en 1557 soit environ 90 habitants, en 1708 le curé déclarait 147 âmes dont 11 laboureurs. Après la révolution les recensements révèlent un maximum de 545 habitants en 1851 et un minimum de 353 en 1975.

            Dans les activités de Brettnach, à part l’agriculture, on peut noter  l’extraction du fer  dés 1756 et jusqu’en 1876 ; il y avait aussi des mines de plâtre. Citons aussi des activités textiles liées à la culture du chanvre et du lin mais, si en 1900 il restait 14 métiers à tisser, la plupart étaient en chômage. Une spécialité de Brettnach était les rouliers. Les attelages à chevaux partaient vers la Sarre, conduisaient le charbon vers Nancy et Metz et poussaient parfois les livraisons jusqu’à Strasbourg.

            Avant d’en terminer, rappelons pour l’histoire que la commune de Brettnach  fusionna avec celle de Bouzonville de 1974 à 1982.

UNE EPIDEMIE 

            L’annuaire de la Moselle pour l’an XII (1803-1804) nous rappelle qu’à l’époque la population comptait 348 habitants pour 78 maisons. Les épidémies étaient prises en charge par la République et cette année là, le citoyen Marchand fils fut envoyé à Brettnach pour une épidémie de fièvre catarrhale nerveuse et vermineuse qui avait déjà faire mourir 25 personnes. Suite à cette intervention du corps de santé, seuls 4 des 60 malades moururent.   

               
La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (S.H.A.N.)  a réalisé un fascicule de 93 pages sur l’histoire de Brettnach (Prix de cession 18 € + 6€ de frais d’envoi) . 

Commande avec chèque libellé à l’ordre de la SHAN : Hôtel Communautaire 29A rue de Sarrelouis 57220-BOULAY 

( 3 juin, 2020 )

Histoire de GUINKIRCHEN

Calvaire Burtin

 Calvaire Burtin déplacé et entièrement rénové par la municipalité en 2011

Résumé de l’Histoire de GUINKIRCHEN  et FLASGARTEN         

                       

Le village de Guinkirchen a été une possession partagée entre les bénédictins de Longeville lès Saint Avold et la châtellenie de Boulay ce qui se retrouve dans les armoiries communales composées d’une église avec un alérion lorrain et deux glands pour St Martin de Glandières. Le nom de Guinkirchen apparaît en 1148 sous la forme de Genkiriche ou Gankirche. Hiegel H. y voit un nom germanique qui pourrait être Ganna avec le suffixe kirche mais pour d’autres l’origine serait romaine dérivant du quinque cursus, cinquième étape d’une route Milan-Trèves entre Wiebelskirchen  (Varize) et Menskirch.

Pour étayer l’ancienneté de la création de la localité, on citera les trouvailles d’un autel romain et de pièces de monnaies de cette époque trouvées en 1888 mais introuvables depuis. Progressivement, à partir de 1199, les bénédictins de Longeville s’implantèrent à Guinkirchen puis au XIVe siècle,  les seigneurs de Boulay augmentèrent leur emprise sur le ban. Guinkirchen par la suite passa souvent entre diverses mains  lors d’engagement pour garantir des dettes ou des emprunts. Elle devint lorraine lors du rachat de Boulay. Le pied terrier de Boulay rappelle que le duc de Lorraine était le seigneur foncier pour les deux tiers et possédait en propre deux gagnages et deux breuils. Au XVIIe siècle, Guinkirchen redevint une garantie lors des difficultés financières du duc de Lorraine, puis de sa sœur Henriette qui finit par vendre avec possibilité de rachat les villages de Guinkirchen, Helstroff et Macker aux Schwarzenberg, seigneurs de Varize. La propriété de Guinkirchen resta alors liée à la seigneurie de Varize jusqu’à la Révolution.

La paroisse était déjà citée en 1199, dépendant pour le patronage du chapitre de Dieulouard et suite à un échange, elle passa au temporel de l’abbaye St Martin de Glandières. L’église était dédiée à St Maurice et la paroisse se composait de Mégange, Rurange, Flasgarten, Roupeldange et Bengen. L’abbé de St Martin percevait l’ensemble des dîmes mais en reversait un tiers au curé. Roupeldange obtiendra son autonomie au XVIIIe siècle après une longue procédure. Parmi les curés notons Jean Louis Dannecker qui exerça une grande influence sur le village à la veille de la Révolution puisqu’il réunissait au presbytère l’assemblée communale et qu’on lui en attribua même la présidence ; il était pour la révolution sociale mais refusa de prononcer le serment « diabolique » de fidélité à la Constitution. En 1792, des habitants des environs vinrent le chasser alors qu’il terminait sa messe, proposant même de le pendre ; effrayé, il émigra aussitôt.

Guinkirchen a probablement eu une église gothique dont il reste une porte murée à la base de la tour vers l’église. L’église actuelle a été construite en 1779. Le clocher daterait du XIe siècle et il a été rehaussé  en 1847. L’église bénéficia d’un premier orgue Sauvage au milieu du XIXe et un nouvel orgue Dalstein-Haerpfer fut installé en 1906. Le village de Guinkirchen a la particularité d’être orné de nombreux calvaires dont deux, en plus de celui de Flasgarten, sont monumentaux et constitués de plusieurs statues.

La commune de Guinkirchen comptait en 1585 environ 200 personnes mais au début du XVIIIe siècle, ce chiffre n’avait pas été rattrapé après les troubles de la guerre de Trente Ans. Par la suite la population qui était de 281 habitants en 1802 grimpa jusqu’à 453 en 1875 pour retomber à 139 en 1999. Une première école a été localisée sur le chemin de Flasgarten, en face de l’église, puis une autre école fut installée au centre du village avant d’être remplacée par la mairie école moderne sur la route de Mégange.

Le moulin de Flasgarten qui n’est actuellement plus qu’une ruine a eu son importance jadis parce qu’il se trouvait sur un pont qui reliait Metz au pays de Nied.  Son nom pourrait venir de l’assemblage des noms germaniques Flasch (le lin) et Garten (le jardin) bien que la culture du lin dans le secteur ne soit pas confirmée. Il y avait alentour un village plus ancien que Guinkirchen dont la disparition remonte à la guerre de Trente Ans. La seigneurie dépendait de Boulay mais son importance résidait aussi dans son statut de « marche d’estaux » qui permettait, alors que l’ONU n’était pas encore inventée, aux seigneurs voisins de se rencontrer en terrain neutre pour d’éventuelles négociations. On cite le village de Flasgarten dans le terrier de Boulay en 1580 et le moulin existait déjà en 1229 et en 1580 les habitants de Guinkirchen devaient y porter leurs grains à moudre. Actuellement le moulin de Flasgarten mérite encore un détour en raison de son magnifique calvaire, érigé par la veuve d’un meunier en 1757.


La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de
la Nied  Hôtel Communautaire 29A rue de Sarrelouis 57220-BOULAY a édité un fascicule de 68 pages A4 sur l’histoire de Guinkirchen et Flasgarten. Prix de cession 18 € (+frais de port 5,40 €) . Chèque libellé au nom de la SHAN 

( 1 juin, 2020 )

HISTOIRE DE REMELFANG

Mairie ecole 2011Mairie ecole 2011

RESUME DE L’HISTOIRE DE REMELFANG

Le blason de la commune résume en partie l’histoire du village : la croix ancrée rappelant la châtellenie de Boulay et les trois pièces d’or, St Nicolas, patron de la paroisse. C’est en 1235 que Rémelfang apparaît dans les documents écrits mais son origine est plus ancienne puisque le ban fit partie des premières dotations de l’abbaye de Mettlach avec Valmunster et les environs ; ce sont probablement les serfs de cette abbaye qui établirent les premières fermes à cet endroit.

La haute justice avait été laissée par le duc de Lorraine au comte de Nassau-Saarbruck ; ils se firent évincer suite à un long contentieux pendant la guerre de Trente Ans et avec la complicité sans doute coupable du duc Charles IV par la famille de Paviot qui s’implanta donc ici ainsi qu’à Holling. Rémelfang était le siège d’une prévôté ducale et de la seigneurie des Paviot sur Holling et Rémelfang. Les seigneurs hauts justiciers choisirent alors la chapelle du lieu pour s’y faire inhumer. A ce titre, il y avait aussi sur la colline de la Vierge, le gibet seigneurial. Comme à Holling, les seigneurs de Freistroff y avaient des biens. Les derniers seigneurs de Rémelfang furent les comtes de Lignèville puis de Landreville à la suite de divers mariages et héritages.

Rémelfang faisait partie depuis la fondation du village de la paroisse de Valmunster. Elle entreprit de s’émanciper de cette tutelle en s’associant à sa voisine de Holling qui avait les mêmes objectifs. Le contentieux fut très long car l’abbé de Mettlach refusait de lâcher cette source de revenus. On alla jusqu’à porter l’affaire à Rome. Au XVIIIe, les deux villages obtinrent un vicaire résident et en 1802, lors du Concordat, elles devinrent paroisses avec église mère à Holling. Rémelfang ne devint paroisse indépendante qu’en 1857. Il y avait depuis longtemps une chapelle puisqu’on y enterrait les seigneurs de Paviot mais elle fut reconstruite en 1768 puis à nouveau en 1865. La paroisse bénéficiait également d’un presbytère qui accueillait le curé de Holling. Il dut être reconstruit en 1859.

La commune avait été initialement rattachée au canton de Boulay comme Holling ; pour des raisons d’éloignement, elle obtint en 1834 d’être versée dans celui de Bouzonville. La mairie-école date de 1899. Village essentiellement agricole, Rémelfang a aussi profité de ses carrières de gypse dont les galeries servirent de refuge aux habitants lors des bombardements de la Libération. La population était d’environ 100 personnes en 1585 puis de 120 en 1707 après la guerre de Trente Ans ; les recensements montrent qu’il y avait en 1735, 128 communiants et 54 non communiants. L’enregistrement des juifs après la Révolution montre qu’il y avait dix juifs à Rémelfang en 1808. Par la suite la population a varié de 252 habitants en 1817 à 151 en 2010.

Enfin après la Seconde guerre mondiale, une grande statue de Notre Dame de la Réconciliation fut érigée et est encore chaque année l’occasion d’un pèlerinage franco-allemand.

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied Hôtel Communautaire 29A rue de Sarrelouis 57220-BOULAY met à la disposition des amateurs cette plaquette de 50 pages A4 au prix de 15€ (plus 5€ frais d’envoi) par chèque à l’ordre de la SHAN.

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