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( 1 février, 2011 )

HISTOIRE DE HARGARTEN AUX MINES (57)

Moulin banal de Hargarten

Ancien moulin banal de Hargarten 

 

HARGARTEN AUX MINES

L’histoire écrite de Hargarten aux Mines commence en 1179 sous le nom de Hargada ou Hergada. En 1295, on parlait de Hargarten les Faux c’est-à-dire les chênes qui devaient être nombreux dans la région puisqu’ils avaient déjà donné leur nom à l’abbaye de St Martin de Glandières. Si tous les spécialistes s’accordent sur le suffixe garten, les uns rapprochent Har de Flachs signifiant le lin, d’autres voient dans Har, le verbe harken (râteler) et d’autres encore une déformation de Herren (les seigneurs). Avant le village, il y avait la forêt du Warndt qui recouvrait toute la région ; pourtant des trouvailles archéologiques montrent que le site était déjà occupé par des hommes préhistoriques et ensuite qu’un diverticule de la voie romaine traversait le secteur avec un castrum romain près du Katzenrech.

Le duché de Lorraine partagea le Warndt entre les seigneurs de Varsberg, de Boulay et diverses entités religieuses. Le pied terrier de la seigneurie de Boulay de 1580 définit que la propriété était partagée par moitié entre le duc de Lorraine et Faust de Dalem mais que le moulin banal n’appartenait qu’au duc. Celui-ci engagea pour garantir un emprunt sa moitié de Hargarten aux seigneurs de Dalem.

La guerre de Trente Ans (1618-1648) détruisit totalement le village qui fut reconstruit plus tard plus au Nord. Au XVIIIe siècle, la famille d’Haraucourt, seigneur de Dalem, n’ayant pas d’héritier mâle fit sortir une de ses filles du couvent pour qu’elle épouse le marquis de Bissy, un militaire qui lorsqu’il tomba en disgrâce vendit Hargarten à la famille de Choiseul-Beaupré. A la Révolution la propriétaire était Mme la comtesse de Betz, veuve de Choiseul.

C’était le marquis de Faulquemont et Dalem qui nommait le curé ce qui explique qu’il fut souvent originaire de Faulquemont. Les grosses dîmes étaient partagées par tiers pour le seigneur, pour l’abbé de Villers-Bettnach et pour le curé. L’église de Hargarten existait déjà en 1327 et il est probable que la statue de la Vierge assise portant l’Enfant Jésus est contemporaine de cette église. Elle est placée sous l’invocation de St Michel. La paroisse était souvent la mère église de Dalem. Elle ne fut reconstruite qu’en 1747.

En 1846, on décida une nouvelle reconstruction de l’église et en 1856 du clocher. En 1922, le toit menaçait de tomber et la charpente dut être refaite. Les orgues Dalstein-Haerpfer furent installées en 1888.

Les registres paroissiaux permettant de suivre la démographie ne débutent qu’en 1689, encore sont-ils incomplets. En 1610, on comptait 60 habitants et en 1707, 192, ce qui prouve une recolonisation rapide après la guerre de Trente Ans. Au cours du XIXe et XXe siècle, la population oscilla entre 800 et 1200 habitants. Ce furent d’abord les mines de plomb qui attirèrent de la population, puis le chemin de fer et par la suite l’exploitation des houillères de Creutzwald voisines.

Le maître d’école est signalé depuis 1707 mais nous n’avons que peu de traces de la maison d’école avant 1817, le régent faisant l’école le plus souvent chez lui. Une nouvelle école fut construite en 1848 et en 1853, l’ancienne école réhabilitée fut destinée aux filles et fut confiée à une sœur de Peltre. En 1954, une école moderne fut construite et en 1959, il y avait quatre classes plus une maternelle et des logements pour les enseignants.

En 1860, le ban couvrait 560 hectares dont 313 étaient cultivés, 80 étaient en prairie, 127 en forêts. Mais en dehors de l’agriculture, une spécialité de Hargarten était ses mines de plomb et de cuivre. Elles furent exploitées au milieu du XVIIIe, d’abord par M. Saur qui était soutenu financièrement par le curé Koune qui subit de lourdes pertes lors de la déconfiture de l’entrepreneur. Ce sont ces mines de plomb qui donnèrent à Hargarten son suffixe -aux Mines.

Trois moulins ont existé à Hargarten : le moulin d’en haut ou Obertsmühl, le moulin du Soleil ou Sonnenmühl et le Hellenmühl qui était proche de Hargarten mais sur le ban de Falck. On peut citer aussi dans la liste des activités une tuilerie qui en 1812 produisait 90.000 tuiles par an, la brasserie Fendler et l’huilerie Auer.

La chance de Hargarten pour se développer fut le chemin de fer. Construit en 1877, la communauté souhaita voir la gare se situer entre les deux tunnels mais bien qu’elle porta le nom de Hargarten celle-ci fut installée après le second tunnel vers Falck. Ce tunnel trouva une utilité particulière à la libération de la seconde guerre mondiale en abritant beaucoup de familles lors de l’avancée américaine.

Dans la cadre des Mardis de l’Histoire , la Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied  a publiée une nouvelle édition de la monographie communale sur Hargarten (90 pages Prix de vente 20 euros frais d’envoi 6,9€) Chèque à l’ordre de la SHAN Château St Sixte 57320 Freistroff.

 

 

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