( 4 juin, 2009 )

HISTOIRE DE HOLLING (57)

Résumé de l’histoire de 

HOLLING 

Histoire d’un village tiraillé entre les grandes abbayes locales 

Les armoiries modernes de la commune de Holling ne traduisent qu’imparfaitement l’histoire du village ; elles se résument à une tête de cerf, rappelant St Hubert patron de la paroisse, portant entre ses bois la croix ancrée de la seigneurie de Boulay dont dépendait Holling.

             Le nom de Holling fait sa première apparition dans des écrits de 1196 sous la forme de Hulingen qui sera transcrit au cours des temps en Olim en 1656 et  en Holling dès 1600. H. Hiegel pense qu’il s’agit d’une localité créée sous le contrôle d’un chef germanique nommé Hollo. Le village ne s’est installé que tardivement à son emplacement actuel, les premiers colonisateurs de la région ayant d’abord établi leurs implantation sur les plateaux voisins.

            Depuis le début de nos connaissances, il est établi que la propriété foncière était partagée entre les abbayes de Mettlach (110 hectares), de Freistroff (58 ha), de Bouzonville (elle partageait les droits sur des biens d’autres seigneurs) et l’abbaye de Mouzon bien implantée à Brettnach, et les seigneuries de Freistroff et Château-Rouge alors que le droit de vouerie revenait aux seigneurs de Dalem. La haute justice était partagée entre les seigneurs de Freistroff et Château-Rouge pour 18 maisons, la dame de Bérus pour 8 maisons et l’ensemble du ban et les comtes de Nassau-Sarrebrück pour Holling-Haut, Titting et le ban Saint Pierre de l’abbaye de Mettlach. Mais les ducs de Lorraine s’efforçaient progressivement de ramener sous leur coupe l’ensemble de la haute justice dans le cadre de l’office de Bérus.           

            La population du village progressa de six foyers fiscaux en 1547 (soit 27 habitants environ) pour atteindre entre 100 et 130 habitants avant la guerre de Trente Ans (début du XVIIe) et retomba à une trentaine à la fin de cette guerre. A la Révolution, on estime la population à 420 habitants.

            La communauté de Holling avait quelques annexes comme le village de Titting situé entre la route départementale et la Nied en face qu chemin des morts conduisant à l’église de Valmunster. Il y avait là une dizaine de maisons maximum qui dépendaient de la paroisse de Bettange. Une autre annexe se nommait Pfenningen et était située aux portes de Téterchen de l’autre côté de l’actuelle ligne de chemin de fer. Il faut noter aussi le moulin de Holling ou moulin des Vannes qui se trouve en réalité sur le ban de Freistroff.

            L’histoire paroissiale est également intéressante puisque Holling avec Eblange et Rémelfang constituait la paroisse de Valmunster. La lutte fut longue pour obtenir un vicaire résident et si l’église paroissiale a été construite en 1764 ce n’est que lors du concordat de 1802 que Holling devint paroisse indépendante.

            Comme nous l’avons dit plus haut, si la plus grande partie de la haute justice appartenait au duc de Lorraine qui l’exerçait par l’intermédiaire  de l’office de Bérus, cette haute justice sur la partie dépendant de Mettlach était inféodée aux comtes de Nassau-Sarrebrück.  A la fin du XVIe siècle, le comte de Sarrebrück, Jean IV eut un fils, Philipe, avec une servante et il le légitima avant de mourir. Etant devenu tabellion impérial  et demeurant à Nancy, Philippe céda ses prétentions sur Holling au seigneur de Henning mais en 1596, il se ravisa, revenant sur sa décision et entreprenant une longue procédure contre les héritiers légitimes. Le comte de Nassau-Sarrebrück accorda à Philipe une rente annuelle et héréditaire sur l’office de Holling contre une renonciation de Philippe sur ses prétentions mais il devint administrateur de la haute justice de la mairie de Holling. En 1602, le comte de Nassau-Sarrebrück vendit Holling  aux Créhange qui la cédèrent rapidement aux seigneurs de Freistroff. 

            Pendant les malheurs de la guerre de Trente Ans, le tabellion Philippe, de connivence avec le duc de Lorraine Charles IV, reniant ses engagements et ses serments, assigna le comte de Nassau-Sarrebrück en justice lui réclamant à nouveau ses droits sur Holling et la justice ducale lui donna raison dans ses prétentions. Du coup, les Warsberg réclamèrent aux Créhange le remboursement du prix et des dommages et intérêts, les Créhange se retournèrent contre les Nassau-Sarrebrück. Les démêlés judiciaires se poursuivirent jusqu’en 1660. Le retour de Charles IV en ses états favorisa l’implantation des descendants de Philippe le tabellion à Holling et Jacques de Paviot, époux de la petite fille du tabellion obtint la jouissance tranquille du fief et y construisit la maison seigneuriale qui est actuellement la maison de la famille Louis juste après les serres de l’entreprise Goby. Cette famille conserva Holling, Rémelfang et Eblange jusqu’à la Révolution. 

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de la Nied (SHAN ) Château St Sixte 57320-FREISTROFF a édité une monographie de plus de 100 pages écrite par M. Alfred LOUIS et disponible contre 18€ plus frais de port (6,90 €).  Chèque a libeller à l’ordre de la SHAN. 

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